Échec dans la « datation » utilisant la radioactivité

Une récente coulée de lave en Nouvelle-Zélande aurait des millions d’années d’après sa « datation ».

by Andrew Snelling 
Traduit par Raymond et Noëlle Stutz

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Figure 1.L’emplacement de Mt Ngauruhoe au centre de l’île du Nord, Nouvelle-Zélande. (Cliquez sur l’image pour zoomer).

Se dressant à peu près au centre de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande, le Mont Ngauruhoe est le volcan le plus récent et l’un des plus actifs en Nouvelle-Zélande (figures 1 et 2). Il n’est pas autant médiatisé que son plus grand voisin le Mont Ruapehu, qui a eu de brèves éruptions à plusieurs reprises au cours des cinq dernières années.

Cependant, le Mont Ngauruhoe est un cône imposant, presque parfait qui s’élève à plus de 1000 mètres (3300 pieds) au-dessus du paysage environnant, à une altitude de 2.291 m (7.500 pieds) au-dessus du niveau de la mer1(figure 3). Ses pentes raides (33°) sont issues des éruptions d’un cratère central de 400 m de large (1300 pieds) : ce sont elles qui ont formées les flancs externes du cône.

Le Mont Ngauruhoe est connu pour avoir été actif pendant au moins 2500 ans, avec plus de 70 périodes éruptives depuis 1839, lorsque les colons européens ont enregistré une première éruption de vapeur.2 Mais les Maoris ont témoigné avoir assisté à de nombreuses éruptions de la montagne auparavant. La première éruption de lave vue par les Européens a eu lieu en 1870.3 Puis il y a eu des éruptions régulières de cendres distantes de quelques années jusqu’à une éruption explosive majeure en avril-mai 1948, suivie par une coulée de lave sur les pentes nord-ouest en février 1949.2,3 Le volume de lave était estimé à environ 575.000 mètres-cubes (20 millions de pieds cubes).

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Photo par Craig Potton Figure 2. Vue aérienne, orientée vers le sud, au lever du soleil, des volcans : Mont Ngauruhoe (au premier plan) et Mont Ruapehu (à l’arrière-plan)

L’éruption, qui a duré du 13 mai 1954 au 10 mars 1955, a commencé par une éjection explosive de cendres et de blocs.2,3 Puis près de 8 millions de mètres-cubes (280 millions de pieds cubes) de lave ont coulé du cratère dans une série de 17 flux distincts en 1954 aux dates suivantes :

  • Le 4 et le 30 juin,
  • Les 8, 9, 10, 11, 13, 14, 23, 28, 29 et 30 juillet,
  • Le 15 (?) et le 18 août,
  • Les 16, 18 et 26 septembre.

Ces flux sont encore discernables de nos jours sur les pentes ouest et nord-ouest du Ngauruhoe (Figure 4). L’écoulement du 18 Août a plus de 18 m (55 pieds) d’épaisseur et était encore chaud près d’un an après son refroidissement. Des explosions de cendres ont achevé cette longue période d’éruptions.

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Photo by Andrew Snelling Figure 3. Le Mont Ngauruhoe tel qu’il est visible en regardant vers le Nord depuis le Mont Ruapehu tout proche. Photo par Andrew Snelling.

Ensuite, Ngauruhoe rejeta de la vapeur – presque sans interruption – avec de nombreuses petites éruptions2 de cendres (Figure 5). Des éruptions hautement explosives – semblables à des coups de canon – ont eu lieu en Janvier et Mars 1974. Elles ont rejeté de grandes quantités de cendres dans l’atmosphère, sous forme de colonne, ainsi que des avalanches qui descendirent le long des flancs du cône. Des blocs pesant jusqu’à 1000 tonnes ont été propulsés jusqu’à 100 m (330 pieds). Cependant, les explosions les plus violentes ont eu lieu le 19 Février 1975 accompagnées par ce que les témoins oculaires ont décrit comme des vagues de chocs atmosphériques.4 Des blocks mesurant jusqu’à 30 m (100 pieds) ont été catapultés jusqu’à 3 km (près de 2 miles). Le panache de l’éruption mesurait 11 à 13 km (7-8 miles) de haut.

Des avalanches de cendres et de rochers ont été violemment projetés aux pieds des flancs du Ngauruhoe à environ 60 km/h (35 miles).2 On estime qu’au moins 3,4 millions de mètres-cubes (120 millions de pieds cubes) de cendres et de blocs ont été éjectés en 7 heures.4 Aucune autre éruption n’a eu lieu depuis.

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Photo par Andrew Snelling Figure 4. Vue de la vallée de Mangatepopo au pied du Mont Ngauruhoe, montrant les coulées de lave récentes, de couleur foncée, sur son flanc nord-ouest.

Datation des roches

La datation par radioactivité dépend en général de trois grandes hypothèses :

  1. Quand les roches se forment (durcissent), il ne devrait y avoir que des isotopes radioactifs parents dans la roche et aucun isotope fils (dérivé par la désintégration radioactive d’un autre élément).5
  2. Après durcissement, la roche doit rester un système fermé, ce qui veut dire qu’aucun isotope parent ou fils ne doit être ajouté ou retiré de la roche par des influences extérieures telles que – par exemple – des nappes phréatiques, et :
  3. Le taux de décroissance radioactive doit rester constant.

Si l’une de ces hypothèses fait défaut, alors la technique de datation échoue et toutes les « dates » sont fausses.

La datation par le potassium-argon (K-Ar) est souvent utilisée pour les roches volcaniques (et par extension, les fossiles à proximité). En utilisant cette méthode, on suppose qu’il n’y avait pas d’isotope fils d’argon radiogénique (40Ar*) dans les roches quand elles se forment.6 Pour les roches volcaniques qui proviennent du refroidissement de laves en fusion, cela semble être une hypothèse raisonnable. Parce que l’argon est un gaz, il devrait s’échapper dans l’atmosphère en raison de la chaleur intense des laves. Bien sûr, aucun géologue n’a jamais été présent pour vérifier cette hypothèse en observant des laves anciennes quand elles se sont refroidies, mais nous pouvons étudier les coulées de laves modernes.

Les « dates » obtenues par la méthode potassium-argon

Photo par Jim Healy
Photo par Jim Healy Figure 5. Petite éruption de cendres du Mont Ngauruhoe. Figure 6. Encart : andésite de la coulée du 30 Juin 1954 du Mont Ngauruhoe, vue avec un grossissement x60 sous un microscope géologique. Les différents minéraux ont des couleurs différentes. Tous sont noyés dans une matrice à grains fins.

Onze échantillons ont été prélevés dans cinq coulées de lave récentes au cours de travaux sur site en Janvier 1996 : nous en avons chaque fois pris deux provenant des flux du 11 février 1949, du 4 juin 1954, du 14 juillet 1954 et du dépôt d’avalanches du 19 Février 1975, et trois du 30 Juin 1954 (7) (figure 6). Les laves récentes, plus sombres, étaient clairement visibles et chacune facilement identifiées (à l’aide de cartes) sur les pentes nord-ouest par rapport aux parties plus anciennes du cône, de couleur claire (figures 4 et 7). Tous les flux sont typiquement constitués de blocs pêle-mêle et de lave solidifiée, formant des surfaces rugueuses, déchiquetées, comme des briques fondues ensemble (Figure 8).

Les échantillons ont été envoyés successivement par lots à « Geochron Laboratories » à Cambridge, Boston (USA), pour une datation par la méthode potassium-argon (K-Ar). D’abord un premier groupe d’échantillons de chaque flux, puis un deuxième groupe d’échantillons de chaque flux après réception des résultats de la première série, enfin, un exemplaire du troisième échantillon issu de la coulée du 30 Juin 1954.7 Afin de tester la cohérence des résultats, un deuxième exemplaire des deux échantillons de lave du 30 Juin 1954 a aussi été envoyé pour analyse.

« Geochron » est un laboratoire commercial respecté. Son directeur est titulaire d’un doctorat en datation K-Ar. Aucune précision sur l’emplacement des roches ni sur leur âge n’ont été fournies au laboratoire. Cependant, les échantillons ont été décrits comme étant probablement jeunes, contenant très peu d’argon, afin d’être sûr qu’ils bénéficient des soins appropriés pendant le travail d’analyse.

Figure 7. Carte du flanc nord-ouest du Mt Ngauruhoe montrant les coulées de lave de 1949 et 1954, ainsi que les dépôts de l'avalanche de 1975.3,4 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Figure 7. Carte du flanc nord-ouest du Mt Ngauruhoe montrant les coulées de lave de 1949 et 1954, ainsi que les dépôts de l’avalanche de 1975.3,4 (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Les « dates » obtenues à partir de l’analyse K-Ar sont données dans le Tableau 1.7 La gamme des « âges » varie entre 0,27 et 3,5 (± 0,2) millions d’années pour les roches de laves qui ont été observées et qui ont refroidi entre 25 et 50 ans. L’ « âge » de l’un des échantillons de chaque coulée a été déterminé à 0,27 ou 0,29 millions d’années, alors que tous les autres échantillons ont été « datés » de millions d’années. Les échantillons d’« âge » faible ont tous été traités par le laboratoire dans le même lot, ce qui soulève un problème de systématique du laboratoire. Ainsi, le directeur du laboratoire a bien voulu revérifier son équipement et refaire plusieurs analyses des échantillons donnant des résultats similaires. Cela a exclu une erreur systématique du laboratoire et a confirmé que les faibles résultats étaient les bons. En outre, des mesures répétées sur des échantillons déjà analysés (A # 2 et B # 2 dans le tableau 1) n’ont pas redonné les mêmes résultats, mais cela n’est pas surprenant étant donné les incertitudes analytiques avec des niveaux d’argon aussi bas. Il est clair que la teneur en argon est très variable au sein de ces roches. Certains géo chronologistes diraient 0,27 millions d’années est en fait la « date » correcte, mais comment pourraient-ils savoir que ce n’est pas 3,5 millions d’années qui est en fait le bon « âge » ne sachant pas que les coulées de lave étaient récentes?!

Parce que ces roches sont connues pour être âgées de moins de 50 ans, il ressort des données analytiques que ces « âges » datés par K-Ar, sont dus à l’« excès » d’argon hérité de la zone de source de magma profond de la terre.7 Ainsi, lorsque les laves se sont refroidies, elles contenaient des concentrations mesurables (non nulles) de 40Ar « normal », qui ne se distingue pas de l’isotope fils radioactif 40Ar * dérivé de la désintégration radioactive du 40K parent. Cela viole l’hypothèse (1) de la datation radioactive, et donc la méthode K-Ar a échoué à ce test. Ce même échec est également connu pour se produire dans de nombreuses autres roches, à la fois dans des roches volcaniques récentes8 et d’anciennes roches de la croûte terrestre.9

Conclusions

Photo par Andrew Snelling
Photo par Andrew Snelling Figure 8. Coulée de lave du 30 Juin 1954, montrant ses blocs refroidis, pêle-mêle et lui donnant cet aspect : une surface déchiquetée, rugueuse, comme des briques fondues ensemble.

Il a été démontré que la méthode de datation par potassium-argon a conduit à l’échec pour les coulées de lave de 1949, 1954 et 1975 du Mont Ngauruhoe en Nouvelle-Zélande, en dépit de la qualité du travail d’analyse du laboratoire K-Ar. Le gaz argon, amené du plus profond de la terre à l’intérieur de la roche en fusion, était déjà présent dans les laves quand elles se sont refroidies. Nous connaissions l’âge réel des roches parce qu’elles ont été observées en train de se former il y a moins de 50 ans. Pourtant, leur datation indique des « âges » de 3,5 millions d’années, ce qui est donc erroné. Comment pouvons-nous alors faire confiance à l’utilisation de cette même méthode « de datation » de roches dont les âges nous sont inconnus ? Si la méthode échoue avec les roches, lorsque celles-ci ont été observées par des témoins neutres, alors pourquoi devrions-nous faire confiance à la datation d’autres roches où il n’y a pas eu de contrôles croisés, historiquement indépendants ?

Cependant, nous savons que Quelqu’un était présent lorsque toutes les roches de la terre se sont formées : le Créateur Lui-même. Il nous a dit quand cela s’est passé, dans Son récit en tant que Témoin oculaire, dans le premier livre de la Bible, la Genèse : nous savons donc quel est l’âge de toutes les roches. Ô combien il est préférable de placer notre confiance dans le Créateur qui a tout créé et qui sait toutes choses, qui ne Se trompe jamais et ne dit jamais de mensonges, plutôt que dans une méthode de datation radioactive qui, à maintes reprises, a conduit à l’échec en donnant de mauvaises dates pour les roches de la terre.

La méthode de datation K-Ar (potassium-argon)

Les fossiles ne sont presque jamais datés par les méthodes radiométriques, car ils contiennent rarement des éléments radioactifs appropriés. Une façon courante de datation des fossiles (et de roches qui ne contiennent pas d’éléments radioactifs) est de « dater » une roche volcanique associée. Cela se fait couramment en utilisant la méthode K-Ar, et dépend de la vitesse à laquelle le potassium radioactif se désintègre dans le gaz argon.

La méthode K-Ar est basée sur l’hypothèse suivante : l’« horloge » commence son premier « tic » au moment où la roche durcit. Autrement dit, elle suppose qu’il n’y a pas d’argon obtenu par la désintégration radioactive, présent au départ, mais que c’est uniquement après que la lave se soit refroidie et solidifiée que l’argon lié à la désintégration radioactive a commencé à s’accumuler et n’a pas pu s’échapper. Cependant, il est reconnu que si une « date » radiométrique contredit un âge fossile (évolutif) dérivé, la date est rejetée, considérée comme erronée. Voir Lubenow, M.The pigs took it allCreation 17(3):36–38, 1995.

 DATE de la COULEE  ECHANTILLON  CODE du LABORATOIRE DATATION K-Ar (en millions d’années)
11 Février 1949 A R-11714 <0.27
B R-11511 1.0 ± 0.2
4 juin 1954 A R-11715 <0.27
B R-11512 1.5 ± 0.1
30 juin 30, 1954 A #1 R-11718 <0.27
A #2 R-12106 1.3 ± 0.3
B #1 R-12003 3.5 ± 0.2
B #2 R-12107 0.8 ± 0.2
C R-11513 1.2 ± 0.2
14 juillet 1954 A R-11509 1.0 ± 0.2
B R-11716 <0.29
19 Février 1975 A R-11510 1.0 ± 0.2
B R-11717 <0.27
Tableau 1. « Datation » par Potassium-Argon des récentes coulées de lave du Mont Ngauruhoe (Nouvelle-Zélande).7

Note de l’éditeur : cet article de la revue « Creation » par le Dr Snelling est basé sur son document technique, Réf. 7, qui contient beaucoup plus de détails sur les méthodes de recherche. Il y donne bien plus de réponses aux éventuelles critiques que ce qui est possible dans le magazine « Creation ».

Références et notes

  1. Williams, K., « Volcanoes of the South Wind : A Field Guide to the Volcanoes and Landscape of the Tongariro National Park » Tongariro Natural History Society, Turangi, Nouvelle-Zélande, 1994. Retour au texte.
  2.  Nairn, I.A. et Wood, C.P., « Active Volcanoes and Geothermal Systems, Taupo Volcanic Zone », Nouvelle-Zélande Geological Survey Fiche 22 : 5-84, 1987. Retour au texte.
  3. Gregg, D.R., « The Geology of the Tongariro Subdivision», Nouvelle-Zélande Geological Survey Bulletin n.s. 40, 1960. Retour au texte.
  4.  Nairn, IA et Self, S., éruptions explosives et les avalanches pyroclastiques de Ngauruhoe en Février 1975 « Journal of Volcanology and Geothermal Research» 3 : 39-60, 1978. Retour au texte.
  5. Cela est vrai pour la datation par K-Ar : une des méthodes les plus courantes, celle dont il est question ici. La technique dite  » isochrone  » par analyses chimiques des roches étant « datées », tente de contourner cette hypothèse. Un débat sur l’isochrone « datant », ainsi que les problèmes associés de faux (ou pseudo) isochrones, est en dehors du cadre de cet article, voir Austin, SA (ed.), « Grand Canyon : Monument to Catastrophe », Institute for Creation Research, Santee, Californie, pp. 111-131, 1994. Retour au texte.
  6. Dalrymple, G.B., « The Age of the Earth », Stanford University Press, Stanford, Californie, p. 91, 1991. Retour au texte.
  7. Snelling, A.A., « The cause of anomalous potassium-argon ‘ages’ for recent andesite flows at Mt Ngauruhoe, New Zealand, and the implications for potassium-argon ‘dating’ », dans : Walsh, R.E. (Éd.), « Proceedings of the Fourth International Conference on Creationism», Création science Fellowship, Pittsburgh, Pennsylvanie, pp. 503-525, 1998. Retour au texte.
  8. Snelling, AA, « Excess argon’: the ‘Archilles’ heel’ of potassium-argon and argon-argon ‘dating’ of volcanic rocks », Institute for Creation Research, Santee, en Californie, Impact # 307, 1999. Retour au texte.
  9. Snelling, AA, « Potassium-argon and argon-argon dating of crustal rocks and the problem of excess argon», Institute for Creation Research, Santee, en Californie, Impact # 309, 1999. Retour au texte.

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