Nourrisson : la mort par véganisme

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Nina Planck

Quand Crown Shakur est mort de faim, il n’avait que 6 semaines et pesait 1,6 kilos. Ses parents l’ont nourri presque que de lait de soja et de jus de pomme, et ont été récemment condamnés à Atlanta pour meurtre, homicide involontaire et cruauté.

Cette calamité particulière – au moins la troisième condamnation de parents véganes ces derniers quatre ans – pourrait être en grande partie due à l’ignorance. Mais elle devrait inciter une discussion franche sur la nutrition.

J’étais autrefois végane. Mais j’ai conclu, bien avant de tomber enceinte, qu’une grossesse végane était irresponsable. Vous ne pouvez pas créer et nourrir un bébé robuste uniquement avec des aliments d’origine végétale.

Les cuisines locales apportent des indices sur ce que les humains, naturellement omnivores, ont besoin pour survivre, se reproduire, et grandir : les régimes traditionnels végétariens, comme en Inde, comportent toujours des produits laitiers et œufs pour leurs protéines complètes, acides gras essentiels et vitamines. Il n’y a pas de société végane pour une simple raison : un régime végane n’est pas approprié à long terme.

Une carence en protéines est un des dangers du régime végane pour les bébés. Les nutritionnistes parlent de protéines de « première classe » (viande, poisson, œufs et lait) et de « deuxième classe » (plantes), mais aujourd’hui les végétariens trouvent cela dénigrant.

Il n’en reste pas moins que les humains préfèrent les protéines et graisses animales que les céréales et les tubercules, parce qu’elles contiennent tous les acides aminés essentiels à la vie, dans le bon ratio. Ce n’est pas le cas des protéines végétales, qui sont inférieures en quantité et en qualité – même le soja.

Un régime végane peut manquer de vitamine B12, qu’on trouve seulement dans les aliments d’origine animale; des vitamines A et D utilisables, qu’on trouve dans la viande, le poisson, les oeufs et le beurre; et des minéraux nécessaires comme le calcium et le zinc. Quand les bébés sont privés de tous ces nutriments, ils souffrent de retards de croissance, de rachitisme et de lésions nerveuses.

Des parents véganes responsables savent que le lait maternel est idéal. Il contient tous les éléments nécessaires, y compris le cholestérol (que les bébés utilisent pour fabriquer des cellules nerveuses) et d’innombrables facteurs de croissance et immunitaires. Quand l’allaitement au sein n’est pas possible, le lait de soja et les jus de fruits, même en quantités apparemment suffisantes, ne sont pas des substituts sûrs pour une formule de qualité pour les nourrissons.

Pourtant, même un bébé nourri au sein est en danger. Des études montrent que le lait maternel végane manque d’acide docosahexaénoïque, ou DHA, un acide gras oméga-3 qu’on trouve dans les poissons gras. On ne peut surestimer l’importance du DHA, car il est vital pour l’œil et le développement du cerveau.

Un régime végane est tout aussi dangereux pour les bébés sevrés et les jeunes enfants, qui ont besoin de beaucoup de protéines et de calcium. Les véganes se tournent trop souvent vers le soja, qui en réalité inhibe la croissance et réduit l’absorption de protéines et de minéraux. C’est pourquoi les responsables de la santé en Grande-Bretagne, au Canada et dans d’autres pays, appellent à la prudence sur le soja pour les bébés. (Sauf ici – peut-être parce que notre politique agricole est tellement pro-soja.)

Traditionnellement, le régime honorait la tradition : nous mangions ce que mangeaient nos mères et leurs propres mères. Maintenant, un voisin ou un frère peut être un mangeur de viande ou un végétarien, peut fermenter ses aliments ou les manger crus. Cette fragmentation du menu des américains reflète une admirable diversité et tolérance, mais la nourriture est plus importante que la mode. Même si ce n’est pas politiquement correct de le dire, tous les régimes ne se valent pas.

Un adulte qui a été bien nourri dans l’utérus et pendant l’enfance peut choisir un régime végane, mais les bébés se construisent par les protéines, le calcium, le cholestérol et d’huile de poisson. Les enfants qui ne mangent que des légumes n’auront pas les choses précieuses dont ils ont besoin pour vivre et grandir.

Nina Planck est l’auteur de Real Food: What to Eat and Why.

Mise à jour du 8 juin 2007 : Un article posté sur Op-Ed le 21 mai, à propos du véganisme, a mal présenté un aspect des régimes alimentaires végétariens traditionnels. En général, ces régimes sont lacto-végétariens; et ne contiennent pas d’oeufs.

Source : https://fr.sott.net/article/16317-La-mort-par-veganisme

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