Le chou est notre ami pour la vie

Le remède sulfureux contre le cancer.

Chère amie, cher ami,

Le chou, bien que sulfureux, est étonnamment consensuel !

En effet, c’est parce qu’il contient du soufre que c’est un aliment santé extraordinaire.

C’est aussi pour cela qu’il fait l’unanimité (ou presque) chez les thérapeutes depuis les débuts de la médecine. Les Grecs depuis Hippocrate en disent du bien, les Romains aussi, les druides l’utilisaient, plus tard les moines aussi. Il est présent dans le capitulaire de Charlemagne (1), conseillé par Hildegarde de Bingen, recommandé par les herboristes à travers les siècles et désormais fortement suggéré par votre médecin phytothérapeute.

Le chou a bonne presse. Et son succès est planétaire : on le cultive sur tous les continents. En Europe, les populations pré-celtiques le connaissaient déjà. Elles cueillaient le chou sauvage que l’on retrouve sur les côtes normandes et du nord de la France.

Les différentes variétés de chou cultivées en Europe proviennent de croisements avec le chou sauvage. Cela donne :

– Les choux pommés blanc et rouge,

– Les choux frisés,

– Les choux de Bruxelles,

– Les choux fleurs et brocoli (choux à inflorescence),

– Les choux à racines enflées : choux navets à chair blanche, rutabaga à chair jaune,

– Les choux-raves.

Le chou dispose de nombreuses vertus médicinales et peut être utilisé de différentes manières :

– Il est utile au système digestif et urinaire,

– Il favorise l’équilibre acido-basique,

– C’est un extraordinaire cataplasme.

Si les vertus du chou vous intéressent, vous les retrouverez décrites en détail de manière exhaustive dans le livre de Krysia Majchrzak, dédié à ce sujet (2).

Ici, je ne vous parlerai que des vertus anticancer du chou. C’est déjà un vaste sujet.

De manière générale, le chou est bon contre les cancers par ses apports en anti-oxydants.

Il est utile pour les cancers du foie et du côlon parce que c’est un détoxifiant, et il est conseillé pour les cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate) car il joue sur les oestrogènes. Voyons cela dans le détail.

L’apport du soufre

Le soufre du chou contient des glucosinolates. C’est une molécule aux propriétés anticancéreuses qui se libère lorsque le chou est haché, coupé ou simplement mâché !

C’est pour cela qu’on le dit utile pour prévenir les cancers du côlon et du foie (2).

Par ailleurs, le soufre alimentaire permet la synthèse, c’est-à-dire la production de deux acides aminés essentiels : la cystéine et la méthionine.

Les acides aminés sont des composés organiques : ce sont des molécules structurées autour du carbone. Ils constituent les protéines.

La méthionine n’est pas produite par l’organisme. Elle est apportée par l’alimentation. C’est un élément multifonctions :

– Elle aide différentes protéines à se former et facilite la dissolution des graisses (3) ; cela permet par exemple d’éviter des dépôts de graisse dans le foie ;

  • Elle est également utile à la formation des cartilages et donc recommandée pour les personnes qui souffrent d’arthrose.

Elle permet par ailleurs l’apport d’un dérivé : la mystérieuse vitamine U ou “S-méthylméthionine” qui aurait un rôle protecteur mais que l’on ne connaît pas encore très bien !

La cystéine est produite par le corps mais pas toujours en quantité suffisante. C’est alors qu’apparaissent les maladies métaboliques : diabète, arthrose et selon certains médecins, cancers. En effet les dysfonctionnements du métabolisme créent l’inflammation qui est, bien souvent, le point de départ de nombreuses maladies. Elle protège également nos gènes.

Le soufre est donc une aide précieuse au bon fonctionnement du corps.

Dans le chou, il est hautement assimilable. Ainsi, manger du chou tous les jours, comme le faisaient les anciens en hiver, permet :

– D’améliorer la respiration cellulaire,

– D’agir sur la peau,

– De détoxiquer l’organisme,

– De réguler les sécrétions,

– Et même de réduire ou de prévenir les tumeurs.

Le chou est utile à la détoxication. En effet, méthionine et la cystéine aident détoxiquer l’organisme.

Comment cela fonctionne-t-il ?  Il y a dans le foie des enzymes, c’est-à-dire des protéines catalytiques. C’est un mot savant pour dire “chef d’orchestre”. En effet, ce sont les enzymes qui lancent les réactions chimiques dans le corps. C’est pour cela que l’on entend si souvent parler d’elles et qu’elles sont si importantes.

Ces enzymes utilisent la méthionine et la cystéine pour capter, puis neutraliser les toxines qui sont ensuite éliminées par la bile et l’urine. Le chou purifie ainsi le foie. Si donc vous recevez ce soir des amis chez vous dont vous craignez qu’ils ne boivent trop, donnez-leur du chou. Vous protégerez leur foie !

Vitamine C et oxydation

Le chou est également une source intéressante de vitamine C. Et comme vous le savez sûrement, la vitamine C est essentielle au fonctionnement de notre organisme.

Lorsque nous respirons, nous avalons de l’oxygène. Nous en avons besoin. Mais il y a un prix à payer : l’oxygène crée dans notre corps des radicaux libres. Ce phénomène est appelé “stress oxydatif” (4).

C’est un peu comme pour le moteur à explosion d’une voiture. Pour avoir de l’énergie, nous devons brûler des sucres (glucose) et des graisses (acides gras). Cette combustion se passe dans les mitochondries, véritable “moteur” de nos cellules. Plus nos cellules ont besoin d’énergie, plus elles auront de “moteurs”. L’oxygène est le carburant qui permet la combustion. Et comme pour les voitures, il y a un rejet. Les mitochondries rejettent des “espèces réactives de l’oxygène”, c’est-à-dire des radicaux libres.

Ce sont en réalité des molécules déséquilibrées. Il leur manque un électron. Elles sont instables par nature et se promènent dans le corps à la recherche d’un électron, qu’elles finiront par chiper à une autre molécule.

Dans ce jeu de passe-passe destructeur qui crée le vieillissement et les maladies, la vitamine C à un effet régulateur. C’est une molécule qui dispose d’un supplément d’électron. Elle permet de calmer le stress oxydatif.

Le stress oxydatif n’est pas lié qu’à la respiration. Tout ce qui crée de l’inflammation provoque la production de radicaux libres. Ce sont les infections (bactérienne, virale ou parasitaires), les chocs et traumatismes physiques ou psychologiques, le stress prolongé…

Stress prolongé et inflammation

Sur ce sujet précis, une étude intéressante a été publiée en 2012 par une équipe de chercheurs de l’Université de Pittsburgh menée par un psychologue, Sheldon Cohen.

Ces travaux affirment qu’il existe un lien direct entre le stress prolongé et l’inflammation (5, 6). Le stress provoque une réaction en chaîne. Il joue d’abord sur les hormones (variation du niveau de cortisol) qui ne contrôlent plus les cellules immunitaires. Ces dernières maintiennent alors l’inflammation même si elle n’est plus nécessaire.

Les chercheurs ont d’abord évalué le niveau de stress du groupe d’individu étudié, puis ont exposé ces personnes à des virus provoquant le rhume (rhinovirus). Plus les individus étaient stressés, plus l’inflammation durait, plus ils étaient enrhumés.

Les antioxydants appelés au secours !

Pour calmer les radicaux libres, il faut leur donner des électrons. C’est le rôle des antioxydants. Le chou contient les antioxydants suivants :

– La vitamine C,

– La vitamine E,

– Des flavonoïdes, qui sont des éléments végétaux (des métabolites),

– Des bêta-carotènes, élément précurseur de la vitamine A.

Le classement ORAC (7) qui donne une liste des aliments les plus riches en antioxydants nous permet de savoir que si l’on recherche ces précieuses vitamines, il faut privilégier le chou frisé, le chou de Bruxelles et le brocoli.

Des minéraux et des vitamines pour fortifier les défenses de l’organisme

Mais le chou est généreux. Il apporte aussi des minéraux qui aide l’organisme à bien fonctionner : zinc, fer, cuivre, manganèse sont au rendez-vous !

Les teneurs, naturellement, dépendent de la qualité du sol dans lequel le chou dans votre assiette a poussé, ou de la saison. Chez les anciens, le chou d’hiver est bon à utiliser comme remède et moins celui d’été (2).

Le chou apporte aussi des vitamines B (B1, B2, B5, B6, B9), des vitamines K et des vitamines U.

Le rôle de la chlorophylle

La chlorophylle présente dans le chou apporte le magnésium. Elle aussi joue un rôle sur les mitochondries et provoque la mort des cellules cancéreuses en les oxygénant. Ce n’est pas une surprise du reste, car la chlorophylle des plantes est ce qui permet la photosynthèse, c’est-à-dire l’utilisation par ces dernières de la lumière du soleil comme source d’énergie.

Ce phénomène apparu il y a 3,7 milliards d’années a permis de passer des premières bactéries anaérobies, autrement dit sans oxygène, à des bactéries aérobies (utilisant de l’oxygène).

Les premières bactéries étaient très simples et se nourrissaient de CO2. L’arrivée de la photosynthèse a déclenché un processus irréversible dans l’évolution qui a permis le développement d’organes vivants complexes.

L’arsenic

Enfin le chou contient de l’arsenic. Si vous aimez votre belle-mère, donnez-lui du chou !

Car présent en toute petite dose, l’arsenic du chou, associé au soufre est bénéfique. Il permet de protéger les cellules immunitaires et vous garantit de mieux vieillir.

Belle-maman, en reprendrez-vous ?

Et pour terminer, la choucroute !

Le chou est doté de mille qualités, nous l’avons vu. Lorsqu’il est fermenté pour donner la choucroute, il conserve la plupart de ces qualités et en acquiert d’autres. En effet, au cours du processus de fermentation apparaissent de nombreuses bactéries utiles à votre flore intestinale.

Les anciens consommaient du chou fermenté presque tous les jours en hiver car ils n’avaient pas d’autres moyens de le conserver. C’était un mal pour un bien. Votre belle-mère le sait !

Naturellement vôtre,

Augustin de Livois

1. Capitulaire de Charlemagne : c’est un décret de l’empereur germanique qui recommande une liste de plantes à cultiver dans les abbayes et les villages de l’empire. L’objectif est à la fois d’éviter les famines et de permettre aux populations (et les armées de passage) de disposer des remèdes de base du quotidien.

2. Le Chou et sa Feuille, Krysia Majchrzak, Testez éditions, 2016.

3. La méthionine

4. Le stress oxydant

5. Chronic stress, glucocorticoid receptor resistance, inflammation, and disease risk

6. Stress wreaks havoc on the mind and body.

7. Stress oxydatif : connaissez-vous l’indice ORAC ?



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