Surpopulation mondiale ou avidité généralisée ?

Faut-il refuser d’avoir des enfants pour sauver la planète ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Ça commence avec une curieuse rencontre :

Dans le métro ce matin,
une jeune fille, jean troué, bras tatoués,

Air…venin.

… regard froid sur le monde, sur ses contemporains.

No future…mais soudain…

Notre jeune fille, jean troué, bras tatoués, sort prudemment son petit portefeuille…

Pour ranger, bien serré,
son ticket validé.

Moralité : rien ne sert de se cacher,
Sous ses grands airs, en vérité,
…on est toujours qui on est.

Malgré son déguisement, on reste qui on est.

Voilà une idée qui me paraît correspondre aux nouveaux catastrophistes de l’écologie, qui sous couvert de défense de la nature, en sont à vouloir interdire tout et le contraire de tout.

Certes, ils se sont déguisés en vert. Et personne ne conteste l’intérêt essentiel de défendre et valoriser la Nature, notre bien commun.

Car détruire une forêt, saccager un paysage rural équilibré, défigurer un site, polluer un fleuve, l’air d’une ville ou d’une vallée, épuiser les sols, anéantir des espèces animales et végétales, n’est-ce pas là un crime majeur, presque « un assassinat de l’homme futur par nature interposé ? »

Si, bien sûr.

Mais derrière le déguisement…que trouve-t-on ?

Ils refusent d’avoir des enfants pour sauver le monde

La préservation de la Nature est devenue LE nouvel universalisme, et comme d’autres avant lui ont montré le pire visage de l’humanité, il ne faudrait pas s’étonner de voir aussi de tristes débordements, conduits en son nom.

Récemment, par exemple, l’écologiste Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement, suggérait de réduire la croissance démographique dans les pays développés ; Il faut, disait-il « renverser notre politique d’incitation à la natalité, en inversant la logique des allocations familiales » :

« Plus vous avez d’enfants, plus vos allocations diminuent, jusqu’à disparaître à partir de la troisième naissance ».

La chanteuse Miley Cyrus [1], qui à moins de 30 ans a déjà vendu plusieurs centaines de millions de disques, embrayait en affirmant qu’elle « refusait d’être maman » :

« On hérite d’une planète dans une belle m*rde et je refuse de la transmettre à mon enfant. »

« Jusqu’à ce que je sente que mon enfant puisse vivre sur une planète avec encore des poissons dans l’eau, je ne mettrai pas au monde une nouvelle personne ».

…Sans même mentionner l’indélicatesse réservée à ceux qui peinent à avoir des enfants, vous voyez la logique : la sauvegarde de la nature et de la Terre doivent passer avant celle de l’homme.

Pour ma part, je pense que c’est exactement l’inverse : car le respect de la nature, c’est d’abord le respect de l’homme.

Et voici pourquoi.

On ne sait pas prévoir la météo à 5 jours…mais il faudrait suivre les prévisions les plus apocalyptiques à 20 Ans !

D’abord, il faut souligner que les prédictions apocalyptiques sur lesquelles sont basées ce type de raisonnement se sont toujours révélées fausses [2] :

En 1865 par exemple, on prévoyait une pénurie de charbon au Royaume-Uni, qui n’est pas arrivée.

Pareil quand l’administration américaine s’est inquiétée d’une pénurie de pétrole susceptible de survenir au début du XXème siècle

En 1968, le professeur de l’université de Stanford Paul Ehrlich, a publié un livre, « La bombe de la population » où il assimilait la « prolifération humaine » à un « cancer » :

« Trop de voitures, trop d’usines, trop de détergents, trop de pesticides…, trop d’oxyde de carbone. La cause en est toujours la même : trop de monde sur la Terre ». 

Le chercheur prévoyait que des centaines de millions de personnes allaient mourir de faim dans les années 70, dont 65 millions aux Etats-Unis, et qu’il était probable « que l’Angleterre n’existe plus d’ici à l’an 2000 »…

Sûr de son fait, Ehrlich avertit encore que « la fin arriverait dans les 15 prochaines années ».

Entendant par cela « un effondrement total de la capacité de la planète à subvenir aux besoins de l’humanité ».

Verdict : l’humanité n’a aujourd’hui jamais été aussi proche de l’objectif d’éradiquer la sous-alimentation. Celle-ci frappait un humain sur deux au lendemain de la seconde guerre mondiale et ne concernait plus que 10,9% de l’humanité en 2017.

Le problème n’est PAS le manque de ressources

Dans le fond, le problème ce n’est pas le manque de ressources, c’est l’avidité. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose….

Comme le disait Gandhi, « il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité ».

« Or, c’est le système actuel qui depuis des décennies développe cultive scientifiquement l’avidité de l’humanité, pour faire avec son marketing de chacun de nous des consommateurs encore plus compulsifs achetant avec de l’argent que nous n’avons pas des choses dont nous n’avons pas besoin et qui nécessitent une gabegie de ressources naturelles pour être produites et arriver jusqu’à nous. »

Bien sûr, certains considèreront toujours un être humain comme une bouche à nourrir et un consommateur de ressources.

Et pourtant…

Un nouvel être humain qui vient au monde est aussi un cerveau supplémentaire potentiellement tourné vers la créativité et l’innovation.

Et c’est d’ailleurs en cela que nous entrons en pleine convergence avec l’environnement.

Car la Nature elle-même n’est que vie, mouvement, adaptation. Toujours elle rejette l’immobilisme pour se jeter en avant. C’est là la seule direction possible.

Leçon de choses pour « déclinologues » de plateaux TV

Je voudrais prendre pour exemple une histoire qui m’a profondément marquée, dans le livre L’intelligence des plantes, de Maurice Maeterlinck : celle d’une plante, dont la racine enserrait complètement une chaussure.

La graine était certainement tombée sur le sol juste au-dessus de la chaussure enfoncée dans l’humus, puis avait germé et s’était développée normalement jusqu’à ce que sa racine se heurte à la semelle.

Voilà la plante coincée. Route barrée !

Car il n’y avait aucun autre trou dans la chaussure que les orifices des clous dissous par la rouille. Des trous bien trop petits pour que la racine puisse s’y glisser.

Croyez-vous que la plante a abandonné pour autant ? Non !

Elle s’est divisée en fines radicelles, dont chacune s’est glissée par l’un des petits orifices pour se rejoindre et se réunir à la sortie des trous, reformant la racine d’avant l’obstacle !

Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte de ce que ça veut dire, mais moi j’appelle ça du talent, de l’intelligence, de l’à-propos. Une compréhension de la situation, de sa complexité, et une réaction efficace avec un seul objectif : toujours aller de l’avant vers la vie.

Je n’ai jamais vu une détermination aussi invraisemblable que chez…cette plante !

Voici un autre exemple, encore plus fascinant. L’histoire de la vallisneria, une plante qui vit dans une sorte de demi-sommeil au fond de l’eau.

En réalité, son existence entière n’a qu’un seul et unique objectif : préparer l’accouplement :

« Lorsqu’arrive l’instant tant attendu, la fleur (femelle) déroule lentement la longue spirale de son pédoncule, et vient s’épanouir à la surface de l’étang. »

« D’une souche voisine, les fleurs mâles la repèrent, et à leur tour s’élèvent vers celle qu’ils convoitent. »

« Mais voilà que cette cour étonnante est maintenant…stoppée nette ! »

Arrivées à mi-chemin, les fleurs mâles se rendent compte de la terrible situation : leur tige est trop courte ! Oui, trop courte !! Jamais l’union des étamines et du pistil [3] ne pourra se concrétiser…

Imaginez une seconde le supplice : l’objet du désir est là, juste sous vos « yeux », il vous attend, il vous obsède, mais pour une histoire de quelques centimètres….c’est impossible !

Alors, la plante va-t-elle accepter cette cruauté implacable du destin ? Non.

C’est à ce moment précis qu’intervient le génie sans limite de la Nature.

Les mâles ont renfermé en eux une bulle d’air et soudain, dans un effort totalement incroyable, ils s’arrachent à leur pédoncule pour que leurs pétales viennent crever la surface des eaux.

Ensuite, ce qui se passe est totalement sidérant :

« Blessés à mort mais radieux et libres, ils flottent un moment aux côtés de leurs insoucieuses fiancées ; l’union s’accomplit, après quoi les sacrifiés s’en vont périr à la dérive, tandis que l’épouse déjà mère clôt sa corolle où vit leur dernier souffle, enroule sa spirale et redescend dans les profondeurs pour y mûrir le fruit du baiser héroïque ». [4]

Ainsi comprend-on que des principes qu’on croyait purement humains, la solidarité, la coopération, l’entraide, le sacrifice même, la Nature les connaît déjà et les pratique depuis toujours.

Elle ne renonce jamais à la vie.

Je crois que ces exemples sont une réponse ferme aux « déclinologues », aux prévisionnistes de l’Apocalypse, aux annonceurs de catastrophe, à qui on peut dire avec certitude qu’ils se trompent.

La chose qui est à peu près certaine est que l’avenir ne se passera pas comme ils le disent.

Et que rien, dans les brillantes analyses qu’ils nous livrent, n’a la moindre chance de contribuer, ne serait-ce qu’un tout petit peu, ni à nous rendre ni meilleur, ni plus heureux.

Maintenant quelle conclusion à tirer de tout cela pour soi-même ?

Je crois qu’on peut la chercher chez un « vieil ami » :

Luigi Cornaro, un gentilhomme vénitien du 16e siècle, à qui ses médecins annoncèrent lorsqu’il avait 40 ans qu’il allait mourir…et qui décida de reprendre sa vie en main. De devenir un nouvel homme.

Son arme ? La tempérance.

Tempérance alimentaire, d’abord :

« Je faisais en sorte de ne jamais me sentir complètement rassasié et de me lever toujours de la table avec la sensation de pouvoir encore manger et boire. Pour maîtriser sa santé, l’homme doit maîtriser son appétit. »

« Ayant vaincu l’intempérance de cette manière, j’adoptais complètement une vie modérée et réglée, c’est pour cela qu’en moins d’un an j’ai été libéré de tous mes problèmes de santé qui, auparavant, semblaient incurables »

Tempérance corporelle, ensuite

« Il est vrai qu’en plus de ces règles alimentaires que j’ai scrupuleusement respectées, j’ai également évité autant que possible les excès de chaleur et de froid, la grande fatigue, la perturbation de mes habituelles heures de repos et les endroits manquant d’air. »

Et bien sûr, tempérance spirituelle :

« De même, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour éviter d’avoir des sentiments qui sont difficiles à vaincre tels que la mélancolie, la haine, ces émotions violentes qui semblent avoir grande influence sur notre corps. »

Luigi Cornaro est mort en 1466, à l’âge de 102 ans. Il fût son propre médecin, et la recherche de l’équilibre, son unique médicament.

Et je crois qu’aujourd’hui comme hier, la nature réclame surtout ce nouvel homme, un constructeur et non un producteur, un utilisateur éclairé, non un consommateur avide.

Un homme habité de tempérance plutôt qu’un apprenti tyran, même déguisé en vert…

Santé !

Gabriel Combris

Si vous souhaitez voir les sources, cliquez ici.



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