Les Nations : une malédiction ?

Essai de théologie biblique des nations

Jean-Marc Berthoud

Introduction

Dans le Journal pour les années 1973-1983 du Père Alexandre Schmemann, théologien orthodoxe russe et Doyen pendant de nombreuses années du Séminaire de St. Vladimir près de New York, nous trouvons des remarques critiques adressées par lui à son compatriote Alexandre Soljenitsyne [1]. Le Père Schmemann s’en prend surtout à l’importance exagérée, selon lui, qu’Alexandre Soljenitsyne aurait accordé au destin de la nation russe dans la vision chrétienne de l’histoire et de la politique qui est la sienne.

« Pour [Soljenitsyne, écrit Schmemann] il n’y a que la Russie. Pour moi, la Russie pourrait disparaître, mourir, et rien de fondamental ne changerait dans ma vision du monde. L’image de ce monde passe. Cet accent de la foi chrétienne lui est entièrement étranger » [2].

Si nous citons ce texte en exergue de notre exposé c’est qu’il est caractéristique d’une certaine attitude chrétienne qui se voudrait avant tout « spirituelle » et qui, par ce fait, se permet de déconsidérer tout ce qui ressort de l’ordre de la création, de l’ordre de la nature. « La figure de ce monde » (I Cor. 7 : 31) et « sa convoitise aussi » passent en effet, et seul « celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (I Jean 2 : 17). Mais l’on peut se demander : cette vérité évangélique veut-elle dire que l’ordre établi par Dieu sur cette terre est sans importance pour le chrétien, voire sans signification pour son Créateur, et que ces misérables réalités terrestres seraient en conséquence privées de tout rapport aux réalités éternelles ? La volonté de Dieu ne doit-elle pas être « faite sur la terre comme au ciel » (Matt. 7 : 10) ?

Il s’agit en fait chez le doyen Schmemann d’une tentation spiritualisante de caractère docète. Le docétisme, rappelons-le, consiste en une négation ou une minimisation de la nature pleinement humaine de Jésus-Christ et, par conséquent, de notre propre humanité. Il s’agit d’un refus de la réalité de la création matérielle. Cette tendance platonisante a longtemps obscurci notre perception chrétienne de la réalité biblique de l’ordre des nations. C’est cette réalité créationnelle des nations que nous allons brièvement chercher à évoquer devant vous ce soir.

Il y a quelques années, j’ai été conduit à examiner ce que pouvait nous enseigner la Bible, tant l’Ancien que le Nouveau Testament, sur les nations. Ce que j’y ai découvert m’a vivement étonné. On peut résumer les résultats de cette recherche comme suit.

1/ Les mots nation ou nations se retrouvent souvent dans la Bible, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament.

2/ Le mot grec ou hébreu pour nation est souvent mal traduit ; on lui substitue, à tort, les termes inadéquats de Gentils ou de païens, termes qui ne rendent pas le sens véritable du mot, lequel implique toujours le concept de nation. Ceci est dû principalement à une tendance d’une partie importante de la pensée chrétienne moderne à ignorer les institutions (les formes substantielles propres à chacune des réalités sociales) dans sa réflexion sur l’ordre créationnel de Dieu.

3/ Chaque fois que l’on trouve le mot Gentils (ou païens) dans les traductions françaises de la Bible, le mot original en grec est ethnos (nation) et en hébreu goyim, termes qui signifient tout simplement nations. Un examen minutieux révèle qu’il n’y a pas d’exception à cette règle. Le mot traduit par « païens » ou « gentils » est toujours dans la Bible, soit goyim soit ethnos, et cela sans la moindre exception [3].

4/ Au jugement dernier, toutes les nations seront rassemblées devant le trône de Dieu. L’expression « toutes les nations » inclut aussi Israël. Il apparaît ici clairement que le jugement général se fera nation par nation. L’humanité ne sera pas jugée en tant que masse indéterminée, mais chaque nation y paraîtra dans sa personnalité propre, comme sous son drapeau national. Le jugement de Dieu se manifestera sur chaque individu séparément, mais il sera rendu dans le cadre spécifique propre à chaque nation.

5/ A travers les élus qui les représentent, tout peuple, tout clan et toute nation de cette terre feront partie de la nouvelle terre et des nouveaux cieux. Ces nations seront elles-mêmes guéries des conséquences du péché au travers des élus adoptés par Dieu du milieu de chacune d’elles. Finalement, nous découvrons que les richesses des nations seront elles aussi recueillies dans la nouvelle terre et les nouveaux cieux.

6/ Enfin, la pensée biblique sur l’ordre créationnel ne connaît rien du concept d’une société universelle mondiale composée d’individus pris comme des entités séparées, n’ayant pas de relations communautaires organiques les uns avec les autres. Un tel ensemble d’individus constituerait une « communauté internationale » amorphe, atomisée et anarchique. Cette vision individualiste et volontariste de la société est un fruit de l’arbre défendu, un rejet de l’ordre créé par Dieu, une régression vers le caractère informe et vide de la création au premier jour. C’est cette idéologie qui sous-tend le mouvement vers l’unification économique, culturelle, religieuse et politique du monde et qui anime les institutions internationales telles la Société des Nations et l’Organisation des Nations Unies [4].

  1. Qu’est donc alors cette théologie biblique des nations ?

Nous lisons au Psaume 86 :

Nul n’est comme toi parmi les dieux, Seigneur, et rien ne ressemble à tes œuvres. Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant ta face, Seigneur, et rendre gloire à ton nom. Car toi, tu es grand et tu opères des miracles ; Toi seul, tu es Dieu. (Psaume 86 : 8-10)

L’Écriture déclare que les nations ne sont pas des institutions humaines apparues de manière fortuite, établies suivant le hasard de l’histoire ou les fantaisies de la volonté changeante des hommes, mais qu’elles font partie de l’ordre créationnel, providentiel et rédempteur de Dieu, tout comme la famille et l’Église. Nous trouvons une affirmation très proche de celle-ci au Psaume 22 :

Toutes les extrémités de la terre se souviendront de l’Éternel et se tourneront vers lui ; Toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face. Car le règne est à l’Éternel, il domine sur les nations. (Psaume 22 : 28-29)

Nous voyons donc que Dieu est le créateur des nations, des clans et des familles dont se compose l’humanité. L’humanité n’est pas simplement une multitude amorphe d’individus juxtaposés arbitrairement les uns à coté des autres, s’unissant et se disloquant au hasard des événements, mais elle est bien plutôt ordonnée par Dieu en nations, clans et familles. La famille vient d’abord ; c’est elle qui est l’institution fondatrice de toutes les sociétés. Puis la famille se développe en clan [5]. Celui-ci grandit par alliances ou par conquêtes pour devenir tribu, et finalement, les alliances de clans et tribus donnent naissance à la nation. Les empires eux, par contre, proviennent de l’assujettissement voire de la destruction des nations par une nation ou un groupe de nations dominantes. Ils peuvent, comme ce fut le cas pour l’Empire romain ou pour les Empires coloniaux du XIXe siècle, être utilisés par Dieu pour favoriser la propagation de l’Évangile.

Cette doctrine est reprise et confirmée par le Nouveau Testament, en particulier par un texte capital de l’apôtre Paul, son célèbre discours aux philosophes épicuriens et stoïciens sur l’aréopage à Athènes :

Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite pas dans des temples faits par la main des hommes ; il n’est pas servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, le souffle et toutes choses. Il a fait que toutes les nations humaines, issues d’un seul (homme) habitent sur toute la face de la terre ; il a déterminé les temps fixés pour eux et les bornes de leur demeure, afin qu’ils cherchent Dieu pour le trouver si possible, en tâtonnant. Or il n’est pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. (Actes 17 : 24-28)

Cet enseignement n’est que l’écho de celui déjà consigné dans l’Ancien Testament. Nous lisons au livre du Deutéronome :

Souviens-toi des jours d’autrefois. Considère les années, de génération en génération, interroge ton père, et il te l’annoncera, tes anciens, et ils te le diront. Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand il sépara les uns des autres les fils d’Adam, il fixa les limites des peuples d’après le nombre des fils d’Israël. (Deutéronome 32 : 7)

Examinons plus en détail certaines des leçons que nous apporte le texte si riche des Actes des Apôtres.

— 1. Dieu a appelé à l’existence tout l’univers par son fiat créatif.

— 2. Dans le contexte de la création de l’univers, Dieu a aussi créé des nations, toute une diversité de nations. Cette multiplicité des nations est le reflet de la diversité interne à Trinité, un seul Dieu, mais trois Personnes.

— 3. Ces nations ont toutes une origine commune. Toutes les nations que la terre a connues et connaîtra jamais sont issues d’un seul sang, d’un seul homme, Adam, d’une seule famille, celle de Noé.

— 4. Et ce n’est pas tout. De la même façon que Dieu tient dans ses mains notre vie, instant après instant – en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être – ; de la même façon qu’il maintient constamment toutes choses, tous les hommes et toutes les sociétés par sa Providence souveraine, – il donne à tous la vie, le souffle et toutes choses – ; de la même façon, Dieu par son irrésistible Providence dirige la naissance, la vie et la mort de toutes les nations de la terre. C’est encore lui qui détermine pour toutes les nations les temps fixés pour eux et les bornes de leur demeure. Ceci signifie que les frontières géographiques et les limites historiques de toutes les nations sont établies, non simplement par les hommes et les caprices apparemment arbitraires de l’histoire humaine, mais par le décret de Dieu.

Dieu donc, fait naître et s’agrandir les nations, et c’est lui qui décide de leur déclin et de leur mort. C’est le Tout-puissant qui établit les frontières de chaque nation et règle l’étendue de son territoire. L’existence même d’une nation et l’emplacement de ses frontières ont un caractère sacré car ils font en quelque sorte partie de l’ordre créationnel lui-même. La naissance et la disparition des nations, leur accroissement et leur déclin, sont ainsi déterminés par Dieu. Mais Dieu se sert de causes secondes, c’est-à-dire des actes concrets des hommes, pour accomplir ses desseins. En fin de compte, ce n’est que par le dévoilement des événements de l’histoire que nous prenons connaissance de l’aboutissement des desseins secrets de Celui qui est et demeure le Seigneur de toutes les nations de la terre. Que les ambitions de certaines nations puissent les pousser à chercher à en détruire d’autres, c’est cependant Dieu seul qui déterminera la réussite ou l’échec de leurs entreprises. Que la lâcheté de certains dirigeants les induise à livrer leur peuple à d’autres pouvoirs, c’est encore Dieu qui décide. Certaines nations disparaissent, d’autres font leur apparition, et c’est toujours Dieu lui-même qui décide du temps imparti à chacune d’elles et qui en tout temps délimite l’étendue de leur territoire. Il s’ensuit que, comme c’est le cas pour la famille, la nation comme institution est une réalité établie par Dieu lui-même. Les nations particulières passent, mais la forme substantielle de la nation demeure toujours. Elle s’incarne au cours de l’histoire dans les différentes nations.

Détruire une nation ou un groupe de nations, ne pas défendre sa propre nation ou la livrer à un autre pouvoir avant le temps fixé par Dieu pour sa disparition, constituent donc des actes de révolte contre le Créateur et Souverain des nations. L’ambition des hommes d’établir un ordre supranational (contre la volonté expresse de Dieu qui veut que les hommes respectent la diversité de nations sur la terre), soit par la construction d’empires négateurs des réalités nationales, soit par l’aliénation irresponsable des droits nationaux souverains, n’est rien d’autre qu’un acte de rébellion contre Dieu, rébellion qui ressemble fort à la construction par Nimrod du premier empire mondial avec sa capitale, Babylone (Genèse 10-11).

Quand et comment les nations sont-elles apparues ?

Les nations trouvent leur origine lointaine dans les événements décrits par le récit biblique de la création de nos premiers parents, Adam et Ève, et au travers d’eux, de l’humanité tout entière. Nous lisons au premier chapitre de la Bible :

Dieu créa l’homme à son image : Il le créa à l’image de Dieu, homme et femme Il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre. (Genèse 1 : 26-28)

Dieu a donc donné à l’homme domination sur la terre entière pour qu’il la soumette et la cultive. Et pour atteindre ce but qui est celui de la « civiliser » Dieu a ordonné à l’homme d’être fécond, de se multiplier, de remplir la terre, afin de la soumettre pleinement à l’ordre divin, en tant que représentant, administrateur royal et assistant du Créateur. Une obéissance fidèle à l’ordre de Dieu de remplir la terre entière et de la soumettre devait à la longue conduire à la constitution de peuples et de nations nombreuses. Mais il fallut attendre la survenance d’un événement capital pour permettre la formation effective des nations : la division par Dieu, à Babel, du langage des hommes.

Le mandat culturel donné aux hommes à la création fut répété après le déluge dans pratiquement les mêmes termes :

Dieu bénit Noé, ainsi que ses fils, et leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la terre. (Genèse 9 : 1)

La mise en pratique de ce commandement divin se trouve à l’origine de l’apparition des nations telles qu’elles sont décrites au chapitre dix du livre de la Genèse [6]. Le mouvement de dispersion devait conduire à la formation des nations. Il débuta ainsi avant le renversement brutal par Dieu des tendances centralisatrices et impériales qui ont animé les constructeurs de la Tour de Babel.

La tentation d’un empire mondial : Babel et la Bête

Écoutons Vladimir Lénine :

« Le but [ou, du moins, l’aboutissement] du socialisme [nous ajoutons, du libéralisme, en fait de toutes les idéologies] n’est pas seulement d’abolir la fragmentation de l’humanité en petits États et de mettre fin à toute distinction entre les nations, pas seulement de rassembler les nations, mais de réaliser leur fusion. »

(Vladimir I. Lenine [7])

Les deux récits bibliques qui relatent d’une part la fondation du premier empire, celui de Nimrod (Genèse 10 : 8-12), et d’autre part la première tentative d’unifier les nations, celle de la tour de Babel (Genèse 11 : 1-9), sont le prototype d’une tentation humaine universelle : celle de vouloir organiser la société indépendamment de Dieu, de l’ordre créationnel et de la loi divine. Voyons d’abord le récit de la fondation du premier empire par Nimrod.

Kouch engendra aussi Nimrod ; c’est lui qui, le premier, fut un vaillant sur la terre. Il fut un vaillant chasseur devant l’Éternel ; c’est pourquoi l’on dit : comme Nimrod, vaillant chasseur devant l’Éternel. Il régna d’abord sur Babel, Erek, Akkad et Kalné, au pays de Chinéar. De ce pays-là sortit Assour ; il bâtit Ninive, la ville de Rehoboth, Kalah et Résen, la grande ville entre Ninive et Kalah. (Genèse 10 : 8-12)

Dieu avait exigé de l’humanité qu’elle soit féconde, qu’elle se multiplie, et qu’elle remplisse la terre. Nimrod, le grand guerrier et bâtisseur de cités et d’empires, fit exactement le contraire. Au lieu d’encourager la reproduction de la race humaine et le peuplement de la terre, il entreprit l’expansion illimitée de son propre clan, le massacre et la destruction de ses voisins et l’expansion de sa puissance, ceci en soumettant un vaste territoire au contrôle de son pouvoir centralisé. A trois reprises, notre texte met l’accent sur la puissance guerrière et sur le pouvoir physique impitoyables de Nimrod. Voilà la racine première de cette tentation qui hante toujours les détenteurs d’un pouvoir qui ne connaît plus de restrictions : parvenir à exercer une puissance politique et militaire illimitée ; constituer, par des actions expansives successives, des empires au caractère universel. Nimrod parvint de manière remarquable à assouvir ces deux ambitions.

Il fonda d’abord l’empire babylonien dans le sud de la Mésopotamie, où se trouvait sa première base. Puis il étendit son pouvoir vers le nord également, où il établit les bases d’un nouvel empire, celui de l’Assyrie avec sa capitale Ninive. Nimrod ne fût pas seulement un héros, un grand guerrier et un vaillant chasseur d’hommes devant l’Éternel, mais il fût aussi le premier grand bâtisseur de villes.

L’épisode de la Tour de Babel n’est rien d’autre que le récit plus détaillé d’un aspect particulièrement important de la construction de l’empire de Nimrod. Pour détruire l’ordre décentralisé créé par Dieu pour les hommes et établir à sa place une autorité unificatrice il lui était indispensable de regrouper les populations en de vastes cités pour mieux les faire travailler et les contrôler. Une telle ambition, un pareil orgueil, ne peut guère durer longtemps, car il s’agit d’une rébellion contre l’autorité souveraine de Dieu et, en particulier, contre le commandement explicite qu’il avait donné aux hommes de se multiplier et de remplir la terre.

Or, toute la terre parlait un même langage avec les mêmes mots. Partis de l’orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Chinéar, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! faisons des briques et cuisons-les au feu. La brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent (encore) : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet (touche) au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas disséminés à la surface de toute la terre. L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. L’Éternel dit : Voilà un seul peuple ! Ils parlent tous un même langage, et voilà ce qu’ils ont entrepris de faire ! Maintenant il n’y aurait plus d’obstacle à ce qu’ils auraient décidé de faire. Allons ! descendons : et là, confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus le langage les uns des autres. L’Éternel les dissémina loin de là sur toute la surface de la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dissémina sur toute la surface de la terre. (Genèse 11 : 1-9)

L’unité de langue [8] et de but avait permis aux hommes de Babel, apparemment sous le commandement de Nimrod, non seulement d’établir le premier empire mondial, ceci aux dépens de la diversification des nations ordonnée par Dieu, mais surtout d’arrêter le mouvement, lui aussi voulu par Dieu et qui avait été amorcé après le déluge, d’expansion et de diffusion des populations sur toute la surface de la terre.

Par contre, la construction d’une tour qui touche au ciel fut une entreprise à caractère religieux. Cette tour devait servir de point central, tant sur le plan idéologique que géographique. Elle devait atteindre un double objectif : atteindre le ciel – c’est-à-dire Dieu – par ses propres moyens ; et se faire un nom, une réputation, une gloire tout humaine.

Après le déluge, Dieu avait promis à Noé de ne plus jamais détruire par les eaux la totalité de la race humaine. Pour confondre l’arrogance de ceux qui travaillaient à l’élévation de leur tour dans la prétention d’atteindre le ciel, Dieu décida de diviser leur langage, de diversifier leurs langues de façon à ce qu’ils ne se comprennent plus et qu’ils ne puissent plus travailler ensemble à cette entreprise impie et rebelle. L’élément final, et le plus efficace pour conduire à la constitution des nations – la diversité des langues – cet élément qui obligera les hommes à se disséminer sur toute la surface de la terre, provient ainsi d’une action directe de Dieu intervenue de nombreux siècles après l’établissement de l’ordre créationnel. Grâce à cette diversification des langues – jugement de Dieu à la fois punitif et protecteur – le rassemblement durable des hommes en un seul empire devint impossible. Par ce moyen radical, Dieu assura l’exécution de sa volonté d’instituer, d’abord dans l’espace, puis au cours des siècles, de nombreuses nations, fixant lui-même, selon son décret éternel, le temps de leur existence ainsi que les frontières dans lesquelles il les contenait lui-même.

Le nom que les gens de Chinéar donnèrent à leur ville, Babel, fut le même que celui des grandes tours qu’ils aimaient construire, les ziggourats, ces portes du dieu ou du ciel. Mais l’Écriture nous dit que la signification véritable du mot « Babel » est celui de confusion. Car à Babel Dieu a confondu non seulement la langue des hommes mais également leurs desseins contre lui. Cette diversité des langues, née de l’intervention directe de Dieu, devrait continuellement rappeler aux hommes la folie que constitue la volonté d’unifier toute l’humanité en une seule masse sans tenir compte ni du Créateur ni de ses Lois ni de l’ordre établi par lui dans la création elle-même. Mais il y plus que cela. La séparation des langues a assuré la diversité des nations sur la terre, ceci en vue de leur entière récupération lors de la rédemption finale de toutes choses par Jésus-Christ. C’est ainsi que Dieu transforme le mal en bien. Il utilise la révolte des hommes pour l’accomplissement de ses desseins et pour le bien éternel de la race humaine. Ce jugement de Dieu sur le mal – la volonté unificatrice des hommes et le refus concret de soumission à l’ordre créationnel que cela implique – fut transformé, par l’action mystérieuse de la Providence divine, en un bien plus grand.

C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dissémina sur toute la surface de la terre. (Genèse 11 : 9)

Au cours de l’histoire, bien des hommes et de nombreuses nations ont succombé à la tentation de Babel, au désir d’une unité humaine dans un empire à caractère universel, un ordre politique et religieux qui serait véritablement œcuménique, qui couvrirait la  terre tout entière. Cette réalité historique récurrente est un thème permanent de l’Écriture et de l’histoire.

Cette ambition impériale constante des rois de la terre contre Dieu et contre sa Loi, ces projets de détruire, par conquête ou par tromperie, l’indépendance divinement établie des nations, cette révolte politique contre l’ordre créé a reçu un nom dans la Bible : celui de « Bête ». L’Écriture nous présente une variété de ces bêtes politiques (il s’agit des prototypes historiques du Léviathan de Hobbes)  : l’Égypte des Pharaons ; l’Assyrie avec sa capitale, Ninive ; les Chaldéens et leur grande ville, Babylone ; la Grèce d’Alexandre le Grand ; Rome et son empire mondial irrésistible. Les livres de Daniel et de l’Apocalypse nous donnent maintes précisions sur ces réalités politiques. La venue du Roi des nations, le Seigneur Jésus-Christ, n’a pas mis un terme à la faim qu’ont les hommes de vouloir être les maîtres absolus du monde [9].

Mais ces ambitions de construction impériale sont à la longue irrémédiablement vouées à l’échec. Elles ne peuvent résister aux ravages du temps, car elles sont bâties sur le sable de la révolte de l’homme contre son Créateur. C’est ce que le deuxième Psaume exprime lorsqu’il exalte le Roi des rois des nations de la terre, notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ :

Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, et pour possession les extrémités de la terre ; tu les briseras avec un sceptre de fer. Comme le vase d’un potier, tu les mettras en pièces. Et maintenant, rois, ayez du discernement ! Recevez instruction, juges de la terre ! Servez l’Éternel avec crainte, soyez dans l’allégresse, en tremblant. Embrasse le fils, de peur qu’il ne se mette en colère et que vous ne périssiez dans votre voie, car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se réfugient en lui ! (Psaume 2 : 8-12)

Et nous lisons au chapitre dix-neuf du livre de l’Apocalypse les paroles suivantes décrivant le sort de cette Bête, de ce terrible empire mondial face auquel personne semblait ne pouvoir tenir :

Je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées, rassemblés pour faire la guerre à celui qui monte le cheval et à son armée. Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait opéré devant elle les signes par lesquels il avait séduit ceux qui avaient reçu la marque de la bête et qui se prosternaient devant son image. Tous deux furent jetés vivants dans l’étang de feu où brûle le soufre. (Apocalypse 19 : 19-20)

Ainsi à la fin la Bête, c’est-à-dire tous les empires universels, seront de manière définitive et irrémédiable, anéantis. Mais ces trois ordres créationnels demeurent, l’Église, la famille et la nation. Ils persisteront jusque dans la vie à venir et nous les retrouverons tous dans la Jérusalem céleste.

La persistance dans la Nouvelle Alliance de l’ordre bienfaisant des nations est confirmée par le miracle extraordinaire de la Pentecôte qui vit l’abolition, non pas des diverses langues humaines au profit d’une espèce d’esperanto divin, mais de l’incompréhension entre les hommes due à l’effet diviseur du péché sur la diversité des langues. Cet événement, où se manifeste une unité de compréhension dans la diversité de langues, est le véritable modèle du dépassement de la division à Babel.

Ce que Christ est venu abolir, ce n’est pas l’ordre créé, avec ses nations diverses, mais c’est les œuvres du diviseur, du diable. L’opposition fondamentale a depuis toujours été celle entre deux royaumes spirituels ; celui de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ et celui de Satan. Il s’agit d’un conflit entre la lumière et les ténèbres à l’intérieur de toute nation où l’Évangile a été efficacement prêché. Depuis la Pentecôte, l’Église est devenue la lumière de chaque nation, le sel qui redonne son goût à chaque peuple. Mais il viendra un temps, nous dit l’Écriture, où le monde entier, c’est-à-dire l’élément dominant dans chaque nation, se retournera contre la présence en son sein de l’Église, du témoignage vivant de la foi chrétienne véritable :

Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir, et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. (Matthieu 24 : 9)

La véritable unité politique internationale est d’une tout autre nature que celle constituée par cette masse confuse de nations qu’est promise à devenir l’Organisation des Nations Unies. La véritable unité respecte l’ordre créationnel (dans ce cas l’existence d’une grande diversité de nations) et trouve son lien commun, non dans les idéologies humaines, mais dans le respect de la Parole de Dieu, de ses commandements.

Ce qui s’est passé ce jour-là à Jérusalem n’a été en aucun cas l’abolition de la diversité des langues et, par elle, de la diversité des nations qu’elle garantit. Dieu révèle son dessein de sauver ses élus, non plus choisis presque exclusivement au sein de la nation Israélite, mais de les tirer de toutes les nations de la terre. En s’exprimant dans ces différentes langues à la Pentecôte, le Saint-Esprit montre clairement qu’elles sont maintenant toutes intégrées dans la rédemption des nations elles-mêmes. Il ne sauve pas les hommes en les sortant de leur nation et de leur langue pour les mettre dans le royaume de Dieu, mais il les sauve en et à travers leur nation et leur langue particulières.

Car le dessein de Dieu n’est pas de détruire l’ancienne création pour la remplacer par une terre et des cieux entièrement nouveaux. Son but final, à travers sa révélation, le destin d’Israël, l’Incarnation de son Fils et l’établissement de l’Église, est le renouvellement de toutes choses.

L’homme et la nature ne sont pas les seuls à attendre avec impatience la manifestation de leur espérance, ce renouvellement dont parle Paul. Les nations elles-mêmes – en tant que créatures de Dieu – attendent elles aussi le renouvellement de leur être. Car Dieu n’a pas l’intention d’abolir les nations, mais il veut leur restauration complète, leur rédemption. Ce qui est détruit par la croix de Christ, par notre mort et par le jugement final des impies, ce n’est pas la créature – faite entièrement bonne à l’origine par Dieu – mais tout ce qui la corrompt et la dénature, tout ce qui en elle déplaît au Dieu Saint. Au jugement dernier, la création de Dieu ne disparaîtra pas mais elle sera purifiée et renouvelée dans tous ses aspects. Comme l’exprime si bien le souhait de l’apôtre Paul :

[…] que ce qui est mortel soit absorbé par la vie. (2 Corinthiens 5 : 4)

Ce renouvellement final de toutes choses est le thème magnifique et glorieux des derniers chapitres du livre de l’Apocalypse. Écoutons quelques versets tirés des chapitres 21 et 22 :

La ville n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour y briller, car la gloire de Dieu l’éclaire, et l’Agneau est son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. Ses portes ne se fermeront point pendant le jour, car là il n’y aura pas de nuit. On y apportera la gloire et l’honneur des nations. Il n’y entrera rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau. Il me montra le fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, se trouve l’arbre de vie, qui produit douze récoltes et donne son fruit chaque mois. Les feuilles de l’arbre servent à la guérison des nations. (Apocalypse 21 : 1-2, 22-27, 22 : 1-2)

Ce texte nous apprend des choses tout à fait extraordinaires.

— Premièrement, au-travers de la rédemption des élus, les nations sont intégrées dans la nouvelle terre et dans les nouveaux cieux.

— Deuxièmement, on apprend que ces nations sont guéries en la personne des élus adoptés par Dieu du milieu de chacune d’elles (Ap. 7 : 9-10).

— Finalement, nous voyons que les richesses des nations seront recueillies dans la nouvelle terre et les nouveaux cieux.

Ainsi tout ce que les hommes ont fait pour la gloire de Dieu, tout ce qu’ils ont chéri et choyé en l’honneur de Dieu et qui est nettoyé, libéré de toute trace de péché et de corruption par l’œuvre rédemptrice de Celui qui porte les péchés du monde, trouvera sa place dans le Royaume des Cieux. Tout ce qui a été fait par l’homme selon l’ordre de la création et qui honore Dieu sera sauvegardé. On y trouvera les accomplissements humains dans tous les domaines, rachetés en Jésus-Christ par sa croix et sa résurrection et sanctifiés par sa Parole recréatrice. La musique et les arts, les sciences et les techniques, la littérature et l’histoire, toutes les sortes d’artisanat, les différents métiers et toutes les tâches les plus humbles fidèlement accomplies, le sachant ou non, en l’honneur de Jésus-Christ, tout cela trouvera sa place dans la nouvelle terre, dans les nouveaux cieux. Ainsi, le salut concerne chaque aspect de nos vies et c’est là notre vocation que de vivre toute circonstance donnée par la providence divine à la gloire du Dieu Unique, Père, Fils et Saint-Esprit :

Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu. (I Corinthiens 10 : 31)

Écoutez l’écho céleste de cette obéissance ici-bas :

J’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, dès à présent ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. (Apocalypse 14 : 12-13)

Conclusion

Nous terminons, comme nous avons commencé, avec Alexandre Soljenitsyne, romancier et penseur politique dont la pensée se fonde sur l’amour de la création divine et la haine farouche de toute utopie babélienne – utopie mortelle dont sa patrie a si profondément senti la morsure. Contre tous les spiritualismes pseudo-chrétiens [10] qui font la guerre à l’ordre de la nature et aux richesses de la création divine au nom de la pureté spirituelle, contre toutes les utopies politiques si meurtrières du monde moderne – dont l’utopie onusienne que nous combattons ensemble ce soir – qui cherchent à anéantir la diversité et les richesses des nations, ce romancier théologiquement plus lucide que les docteurs de son Église, affirme avec une clairvoyance que nous devons faire nôtre :

« La disparition des nations ne nous appauvrirait pas moins que si tous les hommes avaient été créés pareils, avec un seul caractère, un seul visage. Les nations sont la richesse du monde, elles en sont les personnalités généralisées ; la plus petite d’entre-elle a ses couleurs particulières, et incarne une facette particulière du projet de Dieu [11]. »

Que Dieu nous donne la force de résister au courant babélo-onusien qui cherche à nous faire abandonner l’héritage de la nation que Dieu nous a confiée pour que longtemps encore nous puissions l’y glorifier et y vivre en paix.

Jean-Marc Berthoud,

Le 19 janvier 2002.

[1] Il faut ici préciser les relations entre ces deux hommes qui en fait se connaissaient bien. Le Père Schmemann, par ses émissions religieuses hebdomadaires sur Radio Liberté, fut pendant de longues années un appui spirituel indéfectible du grand écrivain russe dans le combat acharné qu’il menait contre l’hégémonie totalitaire du communisme qui étouffait sa patrie.

[2] Cité par L. Joseph Letendre, « Lucid Love », Touchstone, A Journal of Mere Christianity, December 2001, p. 42.

[3] Dans les traductions anglaises, le problème est le même. Dans la Authorized King James Version, le mot ethnos a été traduit par Gentils 93 fois et par nation 64 fois (païens 5 et peuple 2 fois). Pour être conséquent, et à moins de raisons textuelles claires pour faire autrement, il serait logique de traduire un mot par un terme correspondant. Il est évident que dans presque chaque cas, l’emploi du mot Gentils est une interprétation plutôt qu’une traduction.

[4] Une telle vision « mondialiste » du destin des nations s’est développée dans la tradition du contrat social moderne qui va d’Ockham au culte actuel de l‘O.N.U., en passant par Hobbes, Locke, Comenius, Rousseau, Marx ainsi que l’essentiel de la pensée politique moderne. C’est cette tradition d’atomisme individualiste qui atteint aujourd’hui son point culminant dans le pseudo libéralisme anarchique et mondialiste qui règne partout en maître de la vie sociale. La vision du monde concrétisée par l’Organisation des Nations Unies (comme à une moindre échelle celle de l’Union Européenne) est celle d’un rejet de l’ordre institutionnel naturel et biblique.

[5] Il s’agit ici du clan tel qu’il est conçu par les anthropologues et non du clan politique moderne – tel le clan maffieux – qui s’arroge certaines des attributions de l’État. D’après le Shorter Oxford Dictionary le mot clan peut être défini comme suit : « Un nombre de personnes affirmant être descendu d’un ancêtre commun, et vivant ensemble. »

[6] Voyez à ce sujet les remarquables études de Arthur C. Custance consacrées à  Noah’s Three Sons. Human History in Three dimensions, Zondervan, Grand Rapids, 1975 et Genesis and Early Man, Zondervan, Grand Rapids, 1978. Parmi les nombreux commentaires de la Genèse, voyez en particulier : Gordon J. Wenham, Genesis 1–15, Word Biblical Commentary, Vol. I, Word Books, Waco, Texas, 1987 ; James M. Boice, Genesis. An Expositary Commentary, Vol. I, Zondervan, Grand Rapids, 1982 ; Ronald F. Youngblood, The Book of Genesis. An Introductory Commentary, Baker, Grand Rapids, 1991 ; Henry M. Morris, The Genesis Record, A Scientific and Devotional Commentary on the Book of Beginnings, Evangelical Press, Welwyn, 1977 ; Umberto Cassuto, A Commentary on the Book of Genesis, Magnes Press, Jerusalem, 1961.

[7] Alexandre Soljénitsyne, Des voix sous les décombres, op. cit.

[8] Au verset 20 du chapitre 10 de la Genèse il est question de « langues » au pluriel :

Ce sont là les fils de Cham, selon leurs clans, selon leurs langues, dans leur pays, dans leurs nations.

Ce texte décrit la descendance des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet et des septante nations issues de leur progéniture. Cette liste va bien au-delà de la division des langues décrite au chapitre suivant.

[9] Un aspect très important, et malheureusement fort négligé, de la théologie biblique des Nations, est celui du rôle que joue dans le monde politique la Personne du Seigneur Jésus-Christ en tant que Roi des rois et chef suprême de toutes les nations de la terre. A ce sujet, voyez les ouvrages suivants : Alexander McLeod, Messiah. Governor of the Nations, Reformed Presbyterian Press (P.O. Box 402, Elmwood Park, NJ 07407, USA), 1992 (1803) ; William Symington, Messiah the Prince or, The Mediatorial Dominion of Jesus Christ, Still Waters Revival Books (12810-126 St., Edmonton, AB Canada T5L OY1), 1990 (1884) ; Christ’s Kingship over the Nations, Westminster Standard, (183 Rutene Road, Gisbourne, New Zealand.) Dans une perspective catholique romaine, voyez : Mgr Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné [il s’agit de Jésus-Christ]  Du libéralisme à l’apostasie conciliaire. La tragédie conciliaire, Éditions Fideliter (N.-D. du Pointet – Broût-Vernet, F–03110– Escurolles), 1987; Théotime de Saint-Just, La royauté sociale de notre Seigneur Jésus-Christ d’après le cardinal Pie, Éditions de Chiré (Chiré-en-Montreuil, B. P. 1, F–86190 Vouilé) 1988 ; A. Philippe, Le Christ, Roi des nations, (Procure, Séminaire Saint Pie X, 1908 Riddes, Suisse), 1986.

[10] Voyez Arnaud-Aaron Upinsky, La tête coupée. Le secret du pouvoir, Guibert, 1991 (troisième édition, Le Bief, 2001).

[11] Alexandre Soljenitsyne : One Word of Truth, London, 1971, p. 15-16. Voir, également édités par le même auteur, les textes contenus dans Des voix sous les décombres, Seuil, Paris, 1975, dont Alexandre Soljenitsyne, « Du repentir et de la modération dans la vie des nations » et Vadim Borissov, « Personne et conscience nationale ». Les écrits culturels et politiques du poète et critique l’anglo-américain T. S. Eliot ainsi que les ouvrages de l’historien catholique britannique Christopher Dawson et les livres du théologien et philosophe calviniste américain d’origine arménienne, Rousas John Rushdoony manifestent tous une semblable perception historique et sociale.

Source : https://www.vbru.net/src/politique/jm_berthoud_les_nations.htm

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