« Je ne peux plus me taire » : un journaliste allemand dénonce les mensonges médiatiques liés au Covid

Né en 1979, Ole Skambraks a étudié les sciences politiques et le français à l’université Queen Mary de Londres et le management des médias à l’ESCP Business School de Paris.

Il a été présentateur, reporter et rédacteur à Radio France Internationale, rédacteur en ligne et community manager à cafebabel.com, responsable des programmes de l’émission matinale de MDR Sputnik et rédacteur chez WDR Funkhaus Europa/Cosmo. Le 26 octobre, Paul Schreyer, fondateur de Multipolar Magazin, où la lettre de M. Skambraks avait été publiée en allemand (avec un million de vues) le 5 octobre 2021, y rapporte que M. Skambraks a été licencié le 22 octobre par SWR2 de son poste de rédacteur en gestion des programmes/conception sonore, sans toutefois qu’un motif précis de licenciement ne soit spécifié.

Le jeudi 21 octobre la presse « mainstream », en l’occurrence la Stuttgarter Zeitung, avait publié un article sur la lettre de M. Skambraks et a sollicité la SWR2 pour commenter ce licenciement. Celle-ci s’est alors refusée à tout commentaire – sauf pour laisser entendre au quotidien qu’aucune sanction ne serait prise contre leur ex-salarié. Le jour même du licenciement de M. Skambraks, la Deutsche Presse Agentur (DPA) a publié un « factchecking » de la lettre, suite à quoi Paul Schreyer a déposé plainte contre la DPA auprès du Conseil de la Presse allemande (Deutsche Presserat).

Depuis le 5 octobre, M. Skambraks a été interviewé à la télévision autrichienne et sa lettre traduite en quatre langues. La traduction française ci-dessous a été publiée par Expressis-verbis au Luxembourg ; c’est avec leur aimable autorisation, ainsi que celle de Multipolar Magazin et de M. Skambraks lui-même que nous la republions.

LETTRE OUVERTE – Je ne peux plus garder le silence sur ce qui se passe maintenant depuis un an et demi chez mon employeur, un radiodiffuseur du service public. Des notions telles que « équilibre », « cohésion sociale » et « diversité » dans les reportages sont inscrites dans les statuts et les contrats d’état des médias. Ce qui est pratiqué est exactement le contraire. Il n’y a pas de véritable discours ou d’échange dans lequel toutes les parties de la société puissent se retrouver.

Dès le début, j’ai estimé que le service public devait remplir exactement cet espace : promouvoir le dialogue entre les partisans des mesures et leurs détracteurs, entre les personnes qui ont peur du virus et celles qui ont peur de perdre leurs droits fondamentaux, entre les partisans et les sceptiques de la vaccination. Mais, depuis un an et demi, l’espace de discussion s’est considérablement réduit.

Les scientifiques et les experts qui étaient respectés avant la crise Covid, à qui l’on accordait un espace dans le discours public, sont soudainement traités comme des excentriques, des conspirationnistes ou des « covidiots ». Comme exemple souvent cité, prenons celui de Wolfgang Wodarg, médecin spécialiste dans de nombreux domaines, épidémiologiste et politicien de la santé de longue date. Jusqu’à la crise du Coronavirus, il était également membre du conseil d’administration de « Transparency International ». En 2010, en qualité de président de la commission de la santé du Conseil de l’Europe, il a dénoncé l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la pandémie de grippe porcine. À l’époque, il pouvait exprimer son opinion personnelle sur les chaînes publiques. Depuis le Coronavirus, ce n’est plus possible. Il a été remplacé par des soi-disant vérificateurs de faits qui cherchent à le discréditer.

Un consensus paralysant

Au lieu d’échange ouvert d’opinions, on a proclamé un « consensus scientifique » qui doit être défendu. Quiconque doute de celui-ci et exige une perspective multidimensionnelle sur la pandémie récolte indignation et mépris.

Ce même schéma est à l’œuvre au sein des rédactions. Cela fait maintenant un an et demi que je ne travaille plus dans le domaine de l’information quotidienne, ce dont je suis très heureux. Dans mon poste actuel, je ne suis pas impliqué dans les décisions concernant les sujets qui sont traités et comment. J’expose ici ma perception depuis les conférences de rédaction et une analyse des reportages. Pendant longtemps, je n’ai pas osé quitter le rôle d’observateur, le consensus supposé paraissait trop absolu et unanime.

Mais, depuis quelques mois, je m’aventure en terrain dangereux en faisant une remarque critique ici et là dans les conférences. Cela est souvent suivi d’un silence choqué, parfois d’un « merci de l’avoir souligné » et parfois d’un exposé sur les raisons pour lesquelles ce n’est pas vrai. Cela n’a jamais donné lieu à un reportage.

Le résultat d’un an et demi de Covid est une fracture de la société sans précédent. La radiodiffusion publique a joué un rôle majeur dans ce domaine. Elle s’acquitte de sa responsabilité de jeter des ponts entre les camps et de favoriser les échanges.

On avance souvent l’argument selon lequel les critiques constituent une petite minorité négligeable, qui ne mérite pas d’attention et à qui il ne faut pas accorder trop d’espace pour des raisons de représentation proportionnelle. Cet argument aurait dû être réfuté au plus tard depuis le référendum en Suisse sur les mesures Covid. Bien qu’un libre échange d’opinions dans les médias de masse n’ait pas eu lieu là non plus, le vote n’a été que de 60:40 pour le gouvernement. (1) Avec 40 % des suffrages exprimés, peut-on parler de petite minorité ? Précisons en passant que le gouvernement suisse avait lié le versement d’aides Covid au vote, ce qui a pu influencer la décision de certaines personnes de mettre leur croix dans le « oui ».

Les développements de cette crise se produisent à tant de niveaux, affectent toutes les parties de la société que, que ce dont nous avons besoin en ce moment c’est de plus d’espace pour un débat libre, certainement pas moins.

Dans ce contexte, il s’agit de révéler non seulement tout ce qui est discuté sur la radiodiffusion publique, mais également ce qui reste non mentionné. Les raisons de cette situation sont multiples et doivent susciter une analyse interne honnête. Les publications du spécialiste des médias et ancien conseiller en radiodiffusion du MDR, Uwe Krüger, comme son livre « Mainstream – Warum wir den Medien nicht mehr trauen » (Mainstream — Pourquoi nous ne faisons plus confiance aux médias), peuvent y contribuer.

En tout état de cause, il faut un certain courage pour nager à contre-courant dans les conférences où les sujets sont discutés et débattus. Souvent, celui qui peut présenter ses arguments avec le plus d’éloquence l’emporte ; en cas de doute, bien sûr, le comité de rédaction tranche. Très tôt, l’équation fut que la critique de la gestion de la Covid-19 par le gouvernement appartenait au spectre de l’opposition. Quel rédacteur osera désormais exprimer une pensée dans ce sens ?

Questions ouvertes

La liste des incohérences et des questions sans réponse qui n’ont pas fait l’objet d’une couverture substantielle s’en trouve ainsi très longue :

Pourquoi savons-nous si peu de choses sur la « recherche sur le gain de fonction » (recherche visant à rendre les virus plus dangereux pour l’homme) ?

Pourquoi la nouvelle loi sur la protection contre les infections prévoit-elle que le droit fondamental à l’intégrité corporelle et à l’inviolabilité du domicile peut désormais être restreint – même indépendamment d’une situation épidémique ?

Pourquoi les personnes qui ont déjà eu la Covid-19 doivent-elles être à nouveau vaccinées, alors qu’elles sont au moins aussi bien protégées  que les personnes vaccinées ?

Pourquoi ne parle-t-on pas de l’ »Événement 201 » et des exercices de pandémie mondiale qui ont précédé la propagation du SRAS-CoV-2, ou seulement dans le contexte de mythes conspirationnistes ? (2)

Pourquoi le document interne du ministère fédéral de l’Intérieur, connu des médias, n’a-t-il pas été publié dans son intégralité — et discuté en public — qui demandait aux autorités d’obtenir un « effet de choc » pour illustrer les effets de la pandémie de Corona sur la société humaine ?

Pourquoi l’étude du professeur Ioannidis sur le taux de survie (99,41 % pour les moins de 70 ans) ne fait-elle pas les gros titres, alors que les projections catastrophistes et fatalement erronées de l’Imperial College les ont faits (au printemps 2020, Neil Ferguson a prédit un demi-million de décès au Royaume-Uni et plus de 2 millions aux États-Unis) ?

Pourquoi un rapport d’experts préparé pour le ministère fédéral de la Santé affirme-t-il que les patients Covid n’ont représenté que 2 % de l’utilisation des hôpitaux en 2020 ?

Pourquoi Brême a-t-elle de loin l’incidence la plus élevée (113 le 4 octobre 2021) et parallèlement le taux de vaccination de loin le plus élevé d’Allemagne (79 %) ?

Pourquoi des paiements pour un montant total de 4 millions d’euros ont-ils été versés sur un compte familial de la commissaire européenne à la santé, Stella Kyriakides, qui était responsable de la conclusion des premiers contrats de vaccination de l’UE avec les sociétés pharmaceutiques ? (3)

Pourquoi les personnes souffrant d’effets secondaires graves des vaccins ne sont-elles pas représentées dans la même mesure que les personnes souffrant d’effets secondaires graves de la Covid-19 en 2020 ? (4)

Pourquoi personne ne s’inquiète du désordre dans lequel sont décomptées les infections post-vaccinales ? (5)

Pourquoi les Pays-Bas signalent-ils beaucoup plus d’effets indésirables des vaccins Covid-19 que les autres pays ?

Pourquoi la description de l’efficacité des vaccins Covid-19 sur le site de l’Institut Paul Ehrlich a-t-elle changé trois fois lors des dernières semaines ? « Les vaccins COVID-19 protègent contre l’infection par le virus SRAS-CoV-2 ». (15 août 2021) « Les vaccins COVID-19 protègent contre une évolution sévère de l’infection par le virus SRAS-CoV-2 ». (7 septembre 2021) « Les vaccins COVID-19 sont indiqués pour l’immunisation active afin de prévenir la maladie COVID-19 causée par le virus SRAS-CoV-2. » (27 septembre 2021) (6)

Je voudrais approfondir quelques points en détail.

« Gain de fonction » et « fuite de labo »

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai rien entendu ou lu de substantiel sur la « recherche sur le gain de fonction », c’est-à-dire la recherche visant à rendre les virus plus dangereux, qui a été effectuée à l’Institut de virologie de Wuhan, en Chine et financée par les États-Unis. Ces recherches ont lieu dans les laboratoires dits P4, où l’on travaille depuis des décennies sur la manière dont les virus présents dans le règne animal peuvent être modifiés de telle sorte qu’ils deviennent également dangereux pour l’homme. ARD et ZDF ont jusqu’à présent ignoré ce sujet, alors qu’il est manifestement nécessaire d’en discuter. Une première question à débattre pourrait être, notamment, la suivante : Comme société, voulons-nous d’une telle recherche ?

Il existe désormais de nombreux rapports sur la « théorie de la fuite du laboratoire », c’est-à-dire sur l’hypothèse selon laquelle le SRAS-CoV-2 proviendrait d’un laboratoire. Il convient de mentionner que ce sujet a été immédiatement qualifié de théorie complotiste l’année dernière. Les médias alternatifs qui ont suivi cette piste ont été bannis des réseaux sociaux comme YouTube et Twitter et les informations ont été supprimées. Les scientifiques qui ont exprimé cette thèse ont été massivement attaqués. Aujourd’hui, la « théorie de la fuite du laboratoire » est au moins aussi plausible que la transmission par une chauve-souris. Le journaliste d’investigation américain Paul Thacker a publié les résultats de ses recherches méticuleuses dans le British Medical Journal. Le Dr Ingrid Mühlhauser, professeur de sciences de la santé à l’université de Hambourg, écrit :

« Étape par étape, il [Thacker] montre comment les opérateurs d’un groupe de laboratoires américains élaborent délibérément une théorie conspirationniste pour déguiser leur accident de laboratoire à Wuhan. Ce mythe est soutenu par des revues renommées telles que le Lancet. Les journalistes scientifiques et les services de vérification des faits adoptent l’information sans réflexion aucune. Les scientifiques impliqués gardent le silence par peur de perdre leur prestige et les fonds de recherche. Facebook a bloqué les rapports mettant en doute l’origine naturelle du SRAS-CoV-2 pendant plus d’un an. Si la thèse de l’accident de laboratoire se confirme, la ZDF et d’autres médias auront alors défendu des théories conspirationnistes. »

Ivermectine et alternatives à la vaccination

Il est également évident depuis des mois qu’il existe des traitements efficaces et peu coûteux pour la Covid-19 qui sont interdits d’utilisation. Les données à ce sujet sont claires. Pourtant, les campagnes de désinformation pseudoscientifiques contre ces remèdes sont révélatrices de l’état de notre médecine. L’hydroxychloroquine est connue depuis des décennies et a été utilisée des millions de fois pour traiter le paludisme et les maladies rhumatismales. L’année dernière, ce médicament a été soudainement déclaré dangereux. La déclaration du président Donald Trump selon laquelle l’hydroxychloroquine était un « game changer » a fait le reste pour la discréditer. La rhétorique politique ne permit plus un débat scientifique sur le HCQ.

La situation catastrophique en Inde, due à la propagation du variant Delta, a été largement rapportée par tous les médias au printemps (à cette époque, on parlait encore du variant indien). Cependant, le fait que l’Inde ait maîtrisé la situation relativement rapidement et que l’Ivermectine ait joué un rôle décisif à cet égard dans de grands États comme l’Uttar Pradesh n’a pas été jugé bon de faire l’actualité. (7)

L’Ivermectine bénéficie également d’une autorisation provisoire en République tchèque et en Slovaquie pour le traitement des patients atteints de la Covid-19. Au moins, le Mitteldeutscher Rundfunk (NdT : MDR, organisme public de radiodiffusion, membre de l’ARD) en a parlé, bien qu’avec une connotation négative.

Dans sa liste des traitements potentiels, la Bayerischer Rundfunk (NdT: organisme public bavarois de radiodiffusion, également membre de l’ARD), n’a même pas fait mention de l’Ivermectine. Et pour l’hydroxychloroquine, seules des études négatives et aucune positive n’ont été citées.

Lors de tests en laboratoire durant l’été 2020, la molécule Clofoctol a également montré un effet positif contre le SRAS-CoV-2. Jusqu’en 2005, l’antibiotique était disponible en France et en Italie sous les noms commerciaux Octofene et Gramplus. À plusieurs reprises, l’Institut Pasteur de Lille a été empêché par les autorités françaises de produire une étude avec des patients Covid-19. Ce n’est que début septembre, après plusieurs tentatives, qu’ils ont recruté le premier patient pour ce projet.

Pourquoi les autorités sanitaires s’opposent-elles avec véhémence à des traitements qui auraient été disponibles dès le début de la pandémie ? J’aurais aimé voir une enquête d’investigation par ARD sur ce sujet ! Rappelons qu’il a été avancé que l’approbation en urgence des nouveaux vaccins Corona n’était justifiée que par le fait qu’il n’existait aucun traitement officiellement approuvé pour le SRAS-CoV-2.

Il ne s’agit pas ici de faire la promotion d’un quelconque remède miracle contre le Coronavirus. Je souhaite seulement souligner des faits qui n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. Dès le début, le discours public a été que seule la vaccination pouvait nous sortir de la crise. L’OMS est même allée parfois jusqu’à modifier la définition de l’ »immunité collective » en ce sens qu’elle ne pouvait désormais être acquise que par la vaccination et non plus par une infection préalable, comme c’était le cas auparavant.

Mais, que faire si le chemin emprunté est une impasse ?

Questions sur l’efficacité de la vaccination

Les données provenant de pays où les taux de vaccination sont particulièrement élevés montrent que les infections par le SRAS-CoV-2 ne sont pas rares, y compris chez les personnes entièrement vaccinées, mais bien courantes. Le Dr Kobi Haviv, directeur de l’hôpital Herzog à Jérusalem, affirme que 85 à 90 % des patients gravement malades de son unité de soins intensifs ont eu leurs deux doses. (8)

Le magazine Science écrit, en se référant à l’ensemble d’Israël, que « le 15 août, 514 Israéliens ont été hospitalisés pour une maladie Covid-19 grave ou critique […] Sur ces 514 personnes, 59 % étaient entièrement vaccinées. Parmi les personnes vaccinées, 87 % étaient âgées de 60 ans ou plus ». Science cite un conseiller du gouvernement israélien qui déclare : « L’une des grandes nouvelles en provenance d’Israël est que les vaccins fonctionnent, mais pas suffisamment bien ».

De plus, il est maintenant de notoriété publique que les personnes vaccinées portent (et propagent) autant de matériel viral de la variante delta que les personnes non vaccinées.

Quelles conséquences la prise en compte de ces données a, en Allemagne ? – Un confinement ciblant les personnes non vaccinées ou, pour le dire autrement avec un certain euphémisme : la « règle des 2G » (NdT: “geimpft oder genesen” – vacciné ou guéri). La société se trouve, de fait, divisée en deux classes. Les vaccinés retrouvent leurs libertés (car ils ne présentent aucun risque pour les autres), les non-vaccinés (qui présentent un risque pour les autres) doivent subir des tests qu’ils doivent payer eux-mêmes, et en cas de quarantaine, ils ne sont plus payés. De plus, les barrières à l’embauche et les licenciements fondés sur le statut vaccinal ne sont plus exclus non plus et les compagnies d’assurance maladie pourraient imposer à l’avenir des tarifs moins favorables aux personnes non vaccinées. Pourquoi cette pression sur les non-vaccinés ? Aucune base scientifique ne justifie ces mesures extrêmement nuisibles à la société.

Les anticorps produits par la vaccination s’amenuisent sensiblement après quelques mois. Un regard sur Israël montre qu’après la deuxième injection, toute la population va maintenant recevoir une troisième dose et la quatrième a déjà été annoncée. Ceux qui ne se mettent pas à jour de leur vaccination après six mois ne sont plus considérés comme immunisés et perdent leur « Green Pass » (la carte de vaccination numérique qu’Israël a introduite). Aux États-Unis, Joe Biden parle maintenant des boosters Covid tous les cinq mois. Marion Pepper, immunologiste à l’Université de Washington, remet en question cette stratégie. Elle a déclaré au New York Times que « la stimulation répétée des défenses de l’organisme peut également conduire à un phénomène appelé épuisement immunitaire« .

On parle peu du fait que l’infection naturelle permet de développer une immunité beaucoup plus robuste. Des « anticorps ultrapotents« , ou « super immunité », ont été découverts chez les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 l’an dernier. Ces anticorps réagissent à plus de 20 mutations virales différentes et persistent plus longtemps que les anticorps acquis par la vaccination.

Au moins, le ministre de la Santé, Jens Spahn, a maintenant annoncé que la preuve de présence des anticorps sera également acceptée. Mais pour être officiellement considéré comme immunisé, une vaccination doit encore suivre. Qui comprend cette logique ? Une interview sur CNN du Dr Anthony Fauci, président du National Health Institute (autorité de surveillance sanitaire), montre clairement l’absurdité de la situation. Les personnes dotées d’une immunité naturelle ont jusqu’à présent été ignorées par les politiciens !

Je connais un médecin qui tente désespérément d’obtenir une réponse des autorités sanitaires et du RKI sur cette question : l’un de ses patients présente un taux d‘anticorps IgG de 400 AU/ml, soit beaucoup plus que de nombreuses personnes vaccinées. Son infection par le coronavirus datant de plus de six mois, il n’est plus considéré comme immunisé. La réponse qu’elle a obtenue a été : « Pourquoi ne le vaccinez-vous pas ? », ce que le médecin refuse de faire avec ce taux.

Un manque de compréhension journalistique élémentaire

L’issue de la pandémie telle que promue par la politique et les médias s’avère être un abonnement permanent à la vaccination. Les scientifiques qui exigent une approche différente du Coronavirus ne sont toujours pas mis en scène de manière adéquate par les médias publics, comme l’a encore montré le reportage en partie diffamatoire sur la campagne #allesaufdentisch (NdT : initiative appelant à un débat « large, factuel et ouvert »). Au lieu de discuter du contenu des vidéos avec les personnes concernées, ils ont fait appel à des experts pour discréditer la campagne. Ce faisant, les radiodiffuseurs publics commettent exactement l’erreur dont ils accusent cette campagne.

Anton Rainer, journaliste au Spiegel, a déclaré dans une interview au SWR au sujet de la campagne vidéo qu’il ne s’agissait pas d’interviews au sens classique du terme : « En gros, vous voyez deux personnes qui sont d’accord l’une avec l’autre ». L’écoute de ce reportage diffusé par mon employeur m’a donné mal au ventre ; j’ai été littéralement ulcéré par un manque de compréhension journalistique de base qui consiste à laisser l’autre partie s’exprimer. (9) J’ai exprimé mes préoccupations aux personnes concernées et à la direction de la rédaction par courrier électronique.

Un commentaire classique dans les conférences de rédactions est qu’un sujet est « déjà fait ». Par exemple, lorsque j’ai soulevé la très probable sous-déclaration des complications liées aux vaccins. Oui, c’est vrai, la question a été discutée avec l’expert interne qui — sans surprise — a conclu qu’il n’y avait pas de sous-déclaration. « L’autre partie » est mentionnée ici et là, mais il est très rare qu’il lui soit donné un visage humain et qu’on aborde le sujet sous la forme d’une véritable discussion avec des personnes qui adoptent des positions critiques.

Les critiques sous pression

Les critiques les plus virulents s’exposent à des perquisitions, à des poursuites, au blocage de leurs comptes, à des mutations ou à des licenciements, pouvant aller jusqu’à l’admission dans un service psychiatrique. Même s’il s’agit d’opinions qu’on ne partage pas, dans un État de droit, une telle chose ne devrait pas exister.

Aux États-Unis, on discute déjà de la question de savoir si la critique de la science doit être qualifiée de « crime de haine ». La Fondation Rockefeller a offert 13,5 millions de dollars pour censurer la désinformation dans le secteur de la santé.

Le directeur de la WDR (NdT: diffuseur public membre de l’ARD), Jörg Schönenborn, a déclaré que « les faits sont les faits, ils sont fermes ». Si tel était le cas, comment est-il possible que, derrière des portes closes, les scientifiques se disputent sans cesse et soient même entre eux en profond désaccord sur des questions fondamentales ? Tant que nous ne nous en rendons pas compte, tout postulat de prétendue objectivité mène à une impasse. Nous ne pouvons qu’espérer nous approcher de la « réalité — et cela n’est possible qu’à travers un échange ouvert d’opinions et de connaissances scientifiques.

Ce qui se passe actuellement n’est pas une lutte sincère contre les « fake news ». L’impression est plutôt que toute information, preuve ou discussion contraire au récit officiel est supprimée.

Un exemple récent est la vidéo factuelle et scientifiquement transparente de l’informaticien Marcel Barz. Dans une analyse des données brutes, M. Barz constate avec étonnement que ni les chiffres relatifs à la surmortalité, ni ceux relatifs à l’occupation des lits, ni ceux relatifs à l’incidence des infections ne correspondent à ce que nous lisons ou entendons dans les médias et chez les politiciens depuis un an et demi. Il montre également comment ces données peuvent certainement être utilisées pour dépeindre une pandémie et explique pourquoi il considère cela comme malhonnête. La vidéo a été supprimée au bout de 3 jours par YouTube après 145 000 vues (et n’a été rendue à nouveau accessible qu’après une objection de Barz et de nombreuses protestations). La raison invoquée : « désinformation médicale ». Cela pose la question : qui a pris cette décision et sur quelle base ?

Les vérificateurs de faits du Volksverpetzer ont discrédité Marcel Barz comme étant un faux. Le verdict de Correctiv fut un peu plus modéré (Barz y a répondu publiquement et longuement). Le rapport d’expertise préparé pour le ministère fédéral de la Santé, qui montre que l’utilisation des hôpitaux en 2020 par les patients Covid-19 n’était que de 2 %, lui donne raison. Barz a contacté la presse avec son analyse, mais n’a reçu aucune attention. Si le débat public fonctionnait vraiment, nos médias l’inviteraient dans l’arène.

Des millions de fois, du contenu sur les questions liées au Covid a été supprimé, comme le montre la journaliste Laurie Clarke dans le British Medical Journal. Facebook et Cie sont des entreprises privées et peuvent donc décider de ce qui est publié sur leurs plates-formes. Mais, ont-ils aussi le droit de contrôler le débat public ?

La radiodiffusion du service public pourrait apporter un équilibre important en garantissant un échange de vues ouvert. Mais, malheureusement, cela ne se produit pas !

Passes numériques de vaccination et surveillance

Les fondations Gates et Rockefeller ont conçu et financé les lignes directrices de l’OMS relatives aux cartes de vaccination numériques. Ces passes sont maintenant introduits dans le monde entier. Ce n’est qu’avec eux que la vie en société doit être possible, qu’il s’agisse de prendre le tram, de boire un café ou de se faire soigner. L’exemple de la France montre que cette carte d’identité numérique devrait rester en place même après la fin de la pandémie. La députée Emanuelle Ménard a demandé l’ajout suivant au texte de la loi : Le carnet de vaccination numérique « prend fin lorsque la propagation du virus ne présente plus un risque suffisant pour justifier son utilisation ». Son amendement a été rejeté. Nous ne sommes donc qu’à un pas du contrôle de la population mondiale ou même d’un État de surveillance par le biais de projets comme ID2020.

L’Australie teste actuellement une application de reconnaissance faciale pour s’assurer que les personnes en quarantaine restent chez elles. Israël utilise des bracelets électroniques. Dans une ville italienne, des drones sont testés pour mesurer la température des baigneurs, et en France, la loi est en train d’être modifiée pour rendre possible la surveillance par drone à grande échelle.

Toutes ces questions nécessitent un échange intensif et critique à l’intérieur de notre société. Mais, nos radiodiffuseurs ne s’en saisissent pas de façon suffisante à travers leurs reportages et cela n’était effectivement pas un sujet de campagne électorale.

Perspective restreinte

La façon dont le débat public est restreint est caractéristique des « chiens de garde de l’information ». Un exemple actuel est fourni par Jan Böhmermann (NdT : un journaliste et présentateur de télévision) qui a exigé que le virologue Hendrik Streeck et le professeur Alexander S. Kekulé n’aient plus l’opportunité de s’exprimer, car ils n’étaient pas compétents.

Outre le fait que les deux médecins ont des CV extrêmement respectables, Böhmermann a de ce fait réajusté les œillères. Les personnes qui présentent leurs critiques de la ligne de conduite du gouvernement avec des gants ne doivent donc maintenant plus être entendues ?

Le débat public a été restreint à tel point qu’à plusieurs reprises, lors de la diffusion des débats parlementaires de l’assemblée bavaroise, la société de radiodiffusion bavaroise s’est abstenue de diffuser les interventions des députés critiques des mesures.

Est-ce là la nouvelle conception de la démocratie du radiodiffuseur public ? Les plateformes médiatiques alternatives fleurissent avant tout parce que les plateformes établies ne remplissent plus leur mission de correcteur démocratique.

Quelque chose a mal tourné

Pendant longtemps, j’ai pu dire avec fierté et plaisir que je travaillais pour un radiodiffuseur du service public. ARD, ZDF et Deutschlandradio ont produit de nombreuses recherches, formats et contenus exceptionnels. Les normes de qualité sont extrêmement élevées et les milliers d’employés font un excellent travail, même dans un contexte de pression accrue sur les coûts et de mesures d’économies. Mais, quelque chose a mal tourné avec le Covid. Soudain, je découvre une vision étroite, des œillères et un prétendu consensus qui n’est même plus remis en question. (10)

Le radiodiffuseur autrichien Servus TV montre qu’il est possible de faire les choses différemment. Dans le programme « Corona-Quartett » / « Talk im Hanger 7 », les partisans et les critiques ont un espace de parole égal. Pourquoi cela ne serait-il pas possible à la télévision allemande ? (11) « On ne peut pas donner une scène à tous les cinglés », est la réponse rapide. Le faux équilibre, le fait que les opinions sérieuses et non sérieuses puissent être entendues de la même manière, doit être évité. – Un argument massue qui n’est pas non plus scientifique. Le principe de base de la science est de douter, de remettre en question, de vérifier. Si cela ne se produit plus, la science devient une religion.

Oui, il y a effectivement un faux équilibre. C’est l’angle mort qui s’est installé dans nos esprits et qui ne permet plus un débat sincère. Nous nous jetons des faits apparents à la figure, mais nous ne pouvons plus nous écouter les uns les autres. Le mépris prend la place de la compréhension, la lutte contre l’opinion opposée remplace la tolérance. Les valeurs fondamentales de notre société sont miraculeusement jetées par-dessus bord. Ici on dit : les gens qui ne veulent pas se faire vacciner sont stupides, là on dit : « Honte aux moutons endormis ».

Pendant que nous nous disputons, nous ne remarquons pas que le monde qui nous entoure change à une vitesse vertigineuse. Pratiquement tous les domaines de notre vie sont en train de se transformer. La manière dont cela évolue dépend largement de notre capacité de coopération, de compassion et de conscience de nous-mêmes, de nos paroles et de nos actes. Pour notre santé mentale, nous ferions bien d’ouvrir l’espace de débat — dans la pleine conscience, le respect et la compréhension des différentes perspectives. (12)

En écrivant ces lignes, je me sens comme un hérétique, quelqu’un qui commet une trahison et qui risque d’être puni. Peut-être que ce n’est pas le cas. Je ne risque peut-être pas mon emploi avec cela, et la liberté d’expression et le pluralisme ne sont pas en danger. Je l’espère vivement et me réjouis d’un échange constructif avec mes collègues.

Ole Skambraks

Notes
(1) L’exception a été la couverture du référendum, durant  laquelle la télévision suisse a été obligée de donner aux deux partis le même créneau de diffusion. (Vidéo ici)

(2) Les autres exercices d’urgence en cas de pandémie étaient « Clade X » (2018), « Atlantic Storm » (2005), « Global Mercury » (2003) et « Dark Winter » (2001). Ces exercices ont toujours porté sur la gestion de l’information.

(3) Panorama a fait état de ces paiements, mais n’a pas clairement décrit le rôle de Kyriakides concernant les contrats relatifs au vaccin Corona. Autrement, la question n’a pas eu beaucoup d’importance dans les médias.

(4) Par exemple, le musicien britannique Eric Clapton, qui a développé des réactions violentes après la vaccination et le regrette aujourd’hui, a été à peine évoqué sur les ondes de la radio publique.

(5) Selon le RKI, on parle de percée vaccinale lorsqu’une personne vaccinée peut présenter à la fois un test positif et des symptômes – pour les personnes non vaccinées, un test positif suffit. De cette façon, les non-vaccinés sont statistiquement plus significatifs.

(6) Disponibles dans les rubriques respectives « Liste des vaccins autorisés » ; les précédentes éditions du site web de l’IPE sont accessibles via l’archive internet Wayback Machine (ici, ici et ici).

(7) L’OMS a même félicité l’État indien d’Uttar Pradesh pour sa politique en matière de Covid, mais sans mentionner l’Ivermectine. Le taux de vaccination en Uttar Pradesh est inférieur à 10 %.

(8) Voir également la réunion de la FDA du 17 septembre 2021, à 5:47:25.

(9) Le rapport le plus juste vient de BR, bien qu’ici aussi, il s’agisse d’un rapport sur et non avec les fabricants. MDR propose une analyse complète et différenciée sur son portail média.

(10) Je ne voudrais pas parler d’une véritable « opinion unifiée » des radiodiffuseurs publics. Il y a toujours eu des contributions critiques et des corrections de trajectoire dans les rapports. Mais la façon dont un sujet est traité est toujours une question de contexte, de temps de diffusion et de portée. Mes observations ont également été notées par d’autres collègues.

(11) De nouveaux formats comme « Auf der Couch » (Sur le canapé) de ZDF donnent de l’espoir, même si je ne pense pas qu’une Karina Reiß ou un Wolfgang Wodarg y prendront place de sitôt.

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