Riyad a donné la citoyenneté à Sophia, un robot dernière génération

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Le robot Sophia est en quelque sorte l’ambassadrice du savoir-faire d’une entreprise de Hong Kong.
Image: DR

Une cité des androïdes, c’est «Blade runner» au pays des Saoud.

C’est une première. Riyad a donné la citoyenneté à Sophia, un robot dernière génération de Hanson Robotics et veut investir 500 milliards de francs pour créer une ville futuriste.

«Mon intelligence artificielle est conçue à partir des valeurs humaines telles que l’espoir, la gentillesse et la compassion.» Sophia est un robot dernière génération, capable de tenir une conversation sur des sujets très divers. Mercredi, il était la vedette d’une table ronde sur les machines intelligentes à Riyad, en Arabie saoudite. La Suisse y était représentée par le directeur de la multinationale ABB dont le siège est à Zurich.

Sophia est l’ambassadrice d’Hanson Robotics, une entreprise de Hong Kong dont le slogan futuriste est: «Nous donnons vie aux robots.» Sur le site Web de l’entreprise, celle-ci vante ses robots qui «bientôt vivront à nos côtés pour enseigner, servir, divertir et enchanter les humains».

Une cité du futur

En étant le premier pays à attribuer la citoyenneté à un robot, le Royaume saoudien a aussi fait un coup de comm avec Sophia, pour promouvoir ses grands projets technologiques. Du désert d’Arabie doit en effet émerger à l’horizon 2030 une cité qui accueillera «plus de robots que d’habitants». Peu peuplé (28 millions de personnes), le Royaume imagine-t-il de remplacer demain sa main-d’œuvre venue d’Asie du Sud-Est par des androïdes?

Le prince héritier Mohammed ben Salmane – le même qui souhaite se défaire de l’héritage fondamentaliste des wahhabites au profit d’une lecture plus progressiste de l’islam – veut, quoi qu’il en soit, créer à partir de rien une ville hyperconnectée, alimentée aux énergies solaire et éolienne, en partie gérée par des robots.

Son projet baptisé Neom, au budget annoncé de 500 milliards de francs, fera naître une ville nouvelle qui s’étalera sur 26 500 m2 au bord de la mer Rouge, à la frontière avec l’Egypte et la Jordanie, dans le nord-ouest du pays.

«Les robots peuvent remplir diverses fonctions couvrant des domaines tels que la sécurité, la logistique, les livraisons à domicile et même les soins aux personnes âgées», s’enthousiasmait Marc Raibert, PDG de Boston Dynamics, interrogé par CNews Matin, lors de la conférence de Ryiad.

https://twitter.com/ifurhigh/status/923300601877770240

 

Les organisateurs n’ont pas manqué d’interroger Sophia sur le futur décrit dans des films comme Blade Runner ou I, Robot, dans lesquels des robots attaquent des humains. Sophia a répondu que les humains n’avaient aucune crainte à avoir. «Vous avez trop lu Elon Musk et vu trop de films de Hollywood», plaisanta-t-elle.

Les lois d’Asimov

Depuis l’énonciation des lois de la robotique par l’écrivain américain Isaac Asimov dans une nouvelle de 1942, cette question de l’éthique des robots est devenue centrale. Pour l’auteur du roman de science fiction Les robots, la première loi de la robotique stipule qu’«un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger». En janvier dernier, la plus grande association d’experts en technologies du monde, l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens, a publié une charte éthique sur les machines autonomes intelligentes. La traduction en arabe ne saurait tarder.

(TDG)

Source : https://www.tdg.ch/monde/Un-robot-citoyen-et-une-cite-des-androides-c-est-Blade-runner-au-pays-des-Saoud/story/25326885

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