Le réseau internet et mobile de survie

ob_7669d4_antenne-wifi-afrique-300x195-pngDes boîtes de conserve pour un accès pas cher à Internet.

Ils en avaient marre d’attendre pour un accès Internet rapide et bon marché. Ils ont développé leur propre réseau Internet en utilisant des « Mesh Potato » et des routeurs bricolés, leur permettant de connecter des villages entiers via WiFi.  

À la manière qu’il a de montrer cette petite boîte en plastique blanc, d’apparence modeste et dénommée « Mesh Potato (link is external) », on peut facilement dire que Steve Song (link is external) est fier de son initiative. Le dispositif WiFi « peut être branché sur n’importe quoi », explique l’entrepreneur canado-sud-africain. La Mesh Potato établit automatiquement un réseau en forme de toile d’araignée avec les autres Mesh (link is external) Potato à proximité, donnant la possibilité, même aux plus technophobes, de construire des réseaux locaux pour, par exemple, téléphoner gratuitement, échanger des fichiers, et même partager une connexion Internet avec des centaines d’autres utilisateurs.

La plupart des gens sont connectés à Internet via un hub central vers un réseau dénommé star. Si une personne envoie un courriel à d’autres, les données passent d’abord par ce hub avant de se répartir vers d’autres utilisateurs. Dans un réseau mesh, les gens forment le réseau au lieu de se contenter de l’utiliser. Ils s’envoient directement les données les uns aux autres.

La règlementation, principal obstacle à un meilleur Internet
Dotés de Mesh Potatoes ou de routeurs bricolés, de téléphones portables ou d’autres équipements technologiques de base, ils sont nombreux à construire des réseaux de communications autonomes et bon marché, sans l’aide des entreprises et des gouvernements. Parce que, de nos jours, de nombreux techniciens croient que le principal obstacle à un meilleur Internet en Afrique n’a rien à voir avec la technologie, mais avec ce qui touche à la réglementation gouvernementale sur les ondes africaines.

Les fréquences sont actuellement entre les mains des sociétés de télécommunications historiques, qui voient peu d’intérêt économique à étendre leur portée loin des villes. « Pour les zones rurales peu peuplées, il n’y a tout simplement pas d’intérêt économique pour les opérateurs mobiles à installer des antennes », explique Steve Song.

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Un « cantenna », une antenne construite avec une boîte de conserve
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Un autre exemple de « cantenna »
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La boîte de conserve qui permet l’émission du signal internet

Une connexion internet jusqu’à 50 kilomètres du point d’accès
Heureusement, des techniciens comme Steve Song ont trouvé une solution de rechange. « L’occasion qui m’est apparue a été le potentiel des ondes sans licence », comme le WiFi, explique-t-il. Dans la plupart des pays, le WiFi n’est pas assujetti à une licence pour que les gens puissent mettre en place de petits réseaux sans fil dans les cybercafés ou les bureaux. Comme les ondes WiFi disparaissent au bout de quelques mètres, les opérateurs ne perçoivent pas leur utilisation comme une menace commerciale.Mais avec l’aide des « cantennas » — des antennes construites à partir de boites de conserve — et de routeurs comme les Mesh Potatoes, les signaux WiFi peuvent être étendus sur plusieurs kilomètres. Tout un village peut donc se connecter via Wifi. Et en créant une chaine de dispositifs WiFi, un tel réseau peut donner accès à une connexion Internet jusqu’à 50 kilomètres.
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Acceder au spectre
Le docteur Michael Adeyeye [7], un entrepreneur nigérian, a mis en place quelques-uns de ces réseaux dans son pays. « C’est très facile à déployer », affirme-t-il avec enthousiasme. Dans un quartier d’Ibadan, ville du sud-ouest du Nigeria, il a utilisé la technologie de maillage pour mettre en place un réseau qui fournit l’accès à Internet, mais qui fonctionne aussi comme quelque chose de plus à l’ancienne : un réseau téléphonique qui permet aux utilisateurs d’appeler gratuitement sur des téléphones analogues.

D’autres personnes tentent d’accéder au spectre autorisé, mais pas utilisé. Le docteur Chomora [8] Mikeka, professeur de physique à l’université du Malawi, a réussi à convaincre le régulateur local de lui permettre d’expérimenter dans les espaces blancs, une fréquence plus basse du spectre qui est destinée à la diffusion TV, mais peu utilisée dans de nombreux pays. Pour l’instant, Mikeka a seulement relié quelques centaines de personnes, mais il croit que, avec un peu de chance et la bénédiction du régulateur, il pourra utiliser la technologie pour étendre une connexion Internet à la moitié de la population du Malawi dans deux ans.

 

 



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