Réflexions sur les calendriers

Il faut distinguer 2 calendriers juliens.

Le premier dit « vrai » calendrier julien établi par Jules César en 709 après la construction de Rome (c’est à dire en 45 avant J.C. selon le deuxième calendrier julien dit « révisé ») est le calendrier de l’ère romaine (succédant au calendrier « romain »). Il prit un « mauvais départ » dû à une mauvaise interprétation du comput mais fut rectifié par Auguste César et tout rentra dans l’ordre en l’an 8 de notre ère.

Ce calendrier julien fut appliqué par les romains jusqu’à l’époque de Constantin 1er (mort en 337). Ce calendrier était « calé » à l’équinoxe du printemps au début de son application mais accusa 2 jours 4h24 de retard sur l’année solaire réelle en 284 et 2 jours 11h56 en 325 (depuis l’an -1 ou année 0 des astronomes et compte tenu de l’avance de l’année bissextile, voir http://www.imcce.fr/fr/grandpublic/temps/saisons.php ).

Quand l’empire romain adopta la religion chrétienne sous le règne de Constantin, on cessa de se référer à la date de départ de la construction de Rome au profit de chaque nouveau départ de règne de chaque nouvel empereur à commencer par l’empereur Dioclétien qui régna de 284 à 305 et ce jusqu’en 533.

A partir de 525, Denys Le Petit « inventa » l’ère chrétienne et fit partir de manière rétroactive le calendrier julien « révisé » (qui est le second calendrier julien « à la sauce chrétienne »), appliqué en 533, à la date présumée de « l’incarnation du Christ » en supposant que sa date de naissance était le 25 décembre et sa conception le 25 mars. Le calcul pour déterminer cette date de départ fut tout aussi arbitraire qu’obscur et ne repose sur rien d’objectif. Or, en 533 le « vrai » calendrier julien prolongé (car il cessa au 4ième siècle) accuse un retard de 4 jours 2h20 sur l’année solaire réelle mais le calendrier julien « révisé » mis en place cette année-là ne rattrapa officiellement aucun jour. C’est ce calendrier qui fut utilisé jusqu’au jeudi 4 octobre 1582 bien qu’il ne se généralisa qu’à partir du 10ième siècle.

Finalement, ce calendrier accusa une dérive supplémentaire de 8 jours 1h30 en 1582. Ce qui donna un retard total de 12 jours 3h50 depuis le début de l’ère chrétienne et un retard de 9 jours 15h54 de 325 à 1582.
Le concile de Nicée de 325 étant une référence historique pour l’église catholique, au 16ième siècle celle-ci s’y référera également pour le départ du calendrier julien « révisé » (départ rétroactif c’est à dire proleptique car en réalité il ne fut appliqué qu’à partir de 533) et rattrapa 10 jours au lieu des 9 entiers présumés (sur les 9 jours 15h54 réels).

Voici pourquoi: au 16ième siècle l’église catholique décida que pâques devait être célébrée le premier dimanche qui suit ou qui coïncide avec la première pleine lune après le 21 mars, jour officiel défini comme l’équinoxe du printemps car en 325 c’était l’équinoxe présumée (calculée au 16ième siècle) qui tombait justement un dimanche alors que les astronomes actuels déterminèrent que cette équinoxe tomba la veille, c’est à dire le 20 mars 325 à 10h01.

D’autre part elle détermina l’équinoxe du printemps 1582 au 11 mars mais en réalité c’était le 10 à 23h55. Elle calcula donc 10 jours du 11 au 21  bien qu’il restât à priori encore 2 jours 3h50 à rattraper (10 j + 2 j 3h50 = 12 j 3h50). En conséquence elle choisit de passer du 4 Octobre au 15 au lieu du 5. Le calendrier grégorien qui supplanta le julien ne rattrapa donc que 10 jours.

Mais pourquoi ces 2 jours 3h50 ne furent pas récupérés ? En fait cela fut rattrapé de 284 à 533: le calendrier était réinitialisé à chaque nouveau règne d’empereur donc recalculé et recalé à l’année solaire réelle à chaque début de règne! Durant ces 250 ans,  2 jours entiers (1 j 21h56 théorique) furent sciemment rattrapés par les astronomes de cette époque (en se référant à 325 car la période de 284 à 325 fut calculée de manière rétroactive à partir de 325) ignorant que le comput du calendrier n’était pas aussi précis que leurs propres observations astronomiques l’exigeaient (ou l’avaient déjà remarqué mais changer de calendrier n’était pas de leur ressort mais d’abord un problème politico-religieux).
Par conséquent le retard calendaire de la période de la fin du 3ième jusqu’au début du 6ième siècle fut rattrapé par les astronomes de cette période (ajout de 2 jours) mais ceux du 16ième siècle n’en tinrent pas compte ou bien l’ignorèrent ! Donc 2+10=12 (environ), 12 jours furent bien rattrapés (avec un reliquat de 3h50 non corrigé), pas seulement 10 ce qui explique pourquoi notre calendrier grégorien est rétroactivement bien en phase avec l’année solaire depuis le 1er siècle avec néanmoins un retard actuel de 10h38 par rapport à l’année 0 astronomique.
Donc 10 jours furent rattrapés officiellement plus 2 jours officieusement mais 2 jours qui eurent pour conséquence de retarder le nouveau calendrier grégorien de 2 jours par rapport au calendrier julien. D’ailleurs le 1/1/1 du calendrier julien « révisé » (date fictive inventée par Denys Le Petit) correspond en réalité au 30/12/-1 du calendrier grégorien proleptique. Car si on compte le nombre de jours du 1/1/1 à 0 heure au 5 Octobre 1582 on obtient 577738 jours pour le calendrier julien et 577740 jours jusqu’au 15 Octobre pour le grégorien proleptique (les 10 jours du 5 au 15 Octobre étant fictifs).

De plus il faut rappeler que de l’an 0 jusqu’en 325 il y eu justement une erreur de 2 jours oubliée qu’aucun astronome ne corrigea jamais et par la même occasion désynchronisa pour toujours les jours de semaine de 2 jours par rapport à l’année solaire, 2 jours calendaires d’avance du calendrier julien révisé sur le premier vrai calendrier julien. Bien que les jours de semaine n’ayant absolument pas été modifiées, se succédant les uns après les autres pendant des millénaires (hérité de la semaine des hébreux) ils le furent néanmoins vis-à-vis de l’année solaire réelle.
En résumé on distingue 4 phases: la 1ère phase, de l’an 0 à 325, décala les dates de 2 jours avec l’année réelle à cause d’une référence à un calendrier devenu faux à cause d’un mauvais comput ; la 2ième phase réinitialisa ce calendrier sur l’année solaire de 284 à 533 en référence à 325 sans accroître ce décalage (par recalage à l’année solaire à chaque début de règne) mais sans le rattraper ni corriger le comput ; la 3ième phase à partir de 533 où ce décalage s’accrût (non correction du comput) par l’abandon des références aux débuts de règne au profit de l’invention de l’ère chrétienne avec un départ fictif rétroactif à la naissance supposée du Christ ; et la 4ième phase, en 1582, corrigea le retard sur l’année solaire et le comput du calendrier sans resynchroniser les jours de semaine avec le nouveau calendrier.
Cela revient en fait à réinterpréter les dates selon le premier et vrai calendrier julien (qui était juste au 1er siècle).

Il faut donc recaler le calendrier grégorien proleptique avec celui-ci en le faisant démarrer avec le même jour de semaine que le julien: le 1/1/1 grégorien doit donc correspondre à un samedi et non à un lundi.
La bible confirme également indirectement cette erreur. Elle nous indique que Jésus devait mourir et rester dans la mort 3 jours et 3 nuits selon le « signe de Jonas » (voir l’article) et ressusciter le 3ième jour c’est à dire un samedi (voir l’article sur la date de naissance du Christ). Si donc Jésus est mort le vendredi 3 avril de l’an 33 selon l’application du calendrier julien « révisé » proleptique, cela correspond au mercredi 1er avril 33 selon le vrai calendrier julien et donc aussi au grégorien proleptique. Il y a bien 3 jours entre le mercredi soir de sa mort et le samedi soir de sa résurrection.
Si à présent je reviens jusqu’au 15/10/1582, cette date n’est donc plus censée être un vendredi mais bien un mercredi et si j’enlève 12 jours pour la transition entre le julien et le grégorien avec date et jour de semaine synchronisés, j’aurais dû passer du mardi 2 (jour de 72h) au mercredi 15 Octobre 1582 (ou bien plus simplement du jeudi 4 au mercredi 15 car le jeudi 4 correspond en fait au mardi 2 du premier calendrier julien).

En conclusion, les jours de la semaine auraient dû avoir 2 jours de moins par rapport aux dates actuelles. Par exemple le lundi 1/1/2001 aurait dû en fait tomber un samedi (comme chaque quatre centaines d’années donc un millénaire sur deux), comme par hasard un sabbat!