Quand un scientifique défend la pseudo-science au nom du seul argument d’autorité

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Aurélien Barrau, enragé de l’environnement.

Commentaire: Avec Cédric Vilani et beaucoup d’autres il y aura de plus en plus de tartufes comme lui pour défendre un système de plus en plus dystopique. Aurélien Barrau, ce cher astrophysicien athée et évolutionniste, se permet systématiquement, dans son sophisme cartésien « douteux », de glisser subrepticement dans ses discours des leçons de bon sens « relativiste » voire de morale anti-créationniste, anti-biblique et donc antichrétienne dans des domaines où il n’a aucune compétence. Pourquoi ce genre de personnes se retrouve-t-il toujours dans tous les faux combats, la fausse morale et contre les intérêts du peuple au nom de leur « humanisme » ?
Il y a là quelque chose de profondément satanique qui ne fait que renforcer la foi des vrais chrétiens à propos de la destruction de ce système de chose qui approche à grands pas ainsi que leur délivrance éternelle.

ENRAGÉ POUR L’ENVIRONNEMENT…

ENGAGEZ-VOUS, QU’IL DISAIT

Dans l’émission « Interdit d’interdire » du 12 juin dernier sur RT, Frédéric Taddeï recevait Aurélien Barrau (AB), qui se présente comme « astrophysicien, engagé pour la protection de l’environnement ».

AB y a tenu des propos pour le moins intéressants, à mon avis, quoique fort inquiétants, ceci pour les raisons suivantes. En premier, cela éclaire sur le décalage de compréhension des enjeux et de la réalité, même chez un scientifique. Ensuite, cela montre à quel points les questions sociales et les arbitrages, sans parler de notre histoire à ce propos, sont incompris. Ou manipulés. Enfin, comment la presse, et le « mainstream » en général, peut-elle à ce point être incapable de dénoncer de tels errements ?

À défaut de réponse et de possibilité d’action immédiate sur le dernier point, je propose de faire comme souvent une lecture critique linéaire de son intervention, que j’ai reprise phrase à phrase ci-dessous. Nous allons voir le jeu des confusions, de la novlangue et des croyances et comment tout cela finit par créer un texte digne des plus grands dictateurs de notre passé pas si lointain.

UN PEU AUTORITAIRES

AB a dans les faits découpé son intervention en trois parties. Il commence par tenter de rassurer sur son image a priori liberticide, puis il entre plus précisément dans sa vision de ce que serait selon lui le bon modèle, pour finir en revenant sur la liberté et nous en proposer sa vision – fort nébuleuse et dangereuse, on le verra.

Mais découvrons tout d’abord ce que celui qui se défend d’être un tyran a à nous annoncer…

« Je crois en effet que si on veut sauver la vie sur Terre, il est probable qu’il faille prendre un certain nombre de mesures un peu autoritaires ou liberticides. »

Voilà une phrase qui vaut son pesant de cacahuètes, c’est elle qui justifie une bonne partie de ce billet. Elle mériterait un bouquin entier en réponse, mais je n’ai pas la place, alors je vais juste la décortiquer un peu.

AB affirme qu’il n’a pas peur d’aller sur le terrain « liberticide », ce qui n’est pas neutre comme aveu – et je tiens à saluer la franchise apparente du discours sur ce point. On pourrait s’attendre à ce qu’avant d’envisager la remise en cause de la liberté de tout le monde, car c’est bien de cela qu’il s’agit, il se serait assuré de disposer d’un dossier en béton, lui le scientifique. Car c’est bien parce qu’il est scientifique et donc supposé rigoureux qu’il est écouté.

Or, que nous dit-il ? Qu’il « croit », qu’il est « probable ». Pas très certain tout ça. Je me serais attendu à ce qu’il ait un minimum de certitudes. Dès lors, si je traduis sa phrase, je crois comprendre : « Je ne suis pas très sûr de ce que je dis, mais j’ai assez de convictions pour demander au monde de faire des sacrifices, que je ne précise pas, juste parce que c’est moi qui le demande. »

De même, « sauver la vie sur Terre », c’est très flou comme notion. Sauver les amibes ? les hommes ? les femmes ? les plantes ? les algues ? les poissons ? les bactéries ? Et les sauver de quoi ? De nous ? D’ailleurs, je ne savais pas que tout ce petit monde était en danger, on ne me dit jamais rien à moi. J’avais vaguement entendu parler des ours polaires, qui semblent aller bien mieux, heureusement, mais pas que « la vie », c’est-à-dire nous en premier, était en danger.

Et donc parce qu’elle serait en danger, la seule solution serait la perte de liberté de tous, et surtout celle des autres ? On a essayé toutes les autres pistes ? C’est bizarre, parce que moi, personne ne m’a demandé si je voulais sauver les ours polaires, encore moins si je devais être « moins libre » pour ça. Et si je devais choisir, ce ne serait « probablement » pas en faveur des nounours. N’aurais-je donc pas, ou plus, cette liberté de ne pas me préoccuper des ours ?

Bref, des illuminés qui voulaient nous sauver en enfermant tout le monde, on en a hélas connu des tonnes au XXe siècle, et certains sont encore en place, en Corée du Nord par exemple. Alors il y a largement de quoi se méfier et au mot « liberticide », le moins qu’on puisse dire c’est que je tends l’oreille. Mais il nous rassure, il est bien plus raisonnable qu’il y paraît.

« Pour autant, moi je suis le contraire de ces caricatures, là, de khmers verts ou de dictateurs écolos ou de Staline de l’écologie, c’est complètement ridicule, personne ne veut ça, et évidemment, moi le premier, je ne le désire pas. »

Ouf, on est rassurés, puisqu’il le dit.

Et c’est là qu’on commence à se dire : il se rend compte de ce qu’il dit ? C’est un scientifique, on l’imagine sérieux, rationnel. Donc on élimine la plaisanterie ; et ce n’est pas non plus un artiste de théâtre, donc on l’imagine sincère. Il se croit donc « probablement » différent des vilains khmers verts – et d’ailleurs, parce qu’il a l’air de savoir qu’ils existent – on en a largement parlé sur ce site, cela est de nature à nous le faire accroire.

Pourtant, le doute est là. Et la suite va nous montrer combien l’ignorance crasse qui règne en ce pays sur les choses sociales et de la liberté se manifeste en ce sinistre personnage, reflet de notre époque démocratique tristement, irrémédiablement décadente.

Protéger la Terre des khmers verts ?
Protéger la Terre des khmers verts ?
SOYONS SÉRIEUX, QU’IL DISAIT

« Je crois que là où il faut qu’on soit un peu sérieux, c’est qu’on voit une liberté contre une autre. C’est-à-dire que, effectivement, il se peut qu’il soit nécessaire d’interdire l’utilisation débridée des 4×4 en centre-ville, ou effectivement les voyages à l’autre bout du monde récurrent pour ceux qui en ont les moyens, et ça sera de fait une privation de liberté. »

Je commencerai par le positif : il ne fuit pas et reconnaît la « privation de liberté ». Cela tend à me convaincre que l’homme est sincère. Il est juste ignare et manque de recul. C’est, osons le dire, toujours moins grave que les mêmes dires venant d’un Mélenchon, car en l’espèce on sait que le JLM nous mentirait ouvertement. Pour rester positif, j’en espère donc que si nous pouvions expliquer à cet esprit « probablement » brillant les bases de l’économie et de la vie en société, on pourrait « probablement » en faire un allié, ou du moins le sortir de ses chimères.

Mais pour revenir à son propos, faisons l’exercice habituel, celui que je recommande à tous les apprentis libertariens : la chasse au « on ». La chasse au « on », ça permet de mettre le doigt sur tous les endroits dans une phrase où notre interlocuteur est sorti du champ de la responsabilité individuelle, ou bien est entré dans celui de l’utilitarisme, qui a besoin d’un « on = état » pour fonctionner.

Alors je compte un « il faut », « qu’on soit », « qu’on voit », « qu’il soit ». Pas mal déjà pour un scientifique qui s’exprime, ça pourrait être plus précis. Je prendrai un cas illustratif pour expliquer mon souci. « il se peut qu’il soit nécessaire d’interdire ». Qui en décide ? qui met en œuvre l’interdiction ? et d’où vient cette nécessité ? sont les trois questions qui vont de pair. Dans l’histoire, il y a eu des étoiles jaunes qui sont apparues sur des poitrines suite à des arguments exactement de la même nature : il est nécessaire de purifier la race. Mais on me dira que j’exagère… Vraiment ? Ca commence comment ce genre de drames, à votre avis ?

Mais il y a d’autres signes d’utilitarisme dans cette phrase. Je précise pour le candide que l’utilitarisme est le mode de pensée qui fonde le socialisme sous ses diverses formes. Mais jamais la liberté. Il consiste toujours à avoir quelqu’un qui a trouvé des critères géniaux pour savoir ce qui est bon, « utile » pour les gens à leur place et fort de cette recette, prétend recourir à la force de l’état pour mettre en œuvre sa lugubre recette chimérique. Ainsi donc, nous avons ici « une liberté contre une autre » – ça se compare comment, la liberté ? – une « utilisation débridée », pour les Chinois sans doute, et « ceux qui ont les moyens » parce qu’ils ne sont pas moyens, clairement.

On voit donc que notre scientifique nous propose un troc de la liberté : je te donne deux unités de ma liberté et tu me laisses prendre l’avion. Un peu comme le marché du carbone, n’est-ce pas, avec des enchères qui montent… dont on voit combien il a sauvé la planète tout en enrichissant les pas nets.

« Mais si cette privation de liberté nous permet de jouir de la liberté de continuer d’exister, en fait, de la liberté. De vivre dans quelque chose de différent d’un anthropocène dévasté, est-ce que finalement le jeu n’en vaut pas la chandelle ? »

Reprenons notre jeu, notre chasse. Cette fois, il est malin, il remplace le « on » par un « nous » : « nous permettre de jouir »… argh, orgasme utilitariste… Superbe illusion où il nous propose de jouir, mais après privations arbitraires seulement. Un peu comme Copeau jouit tous les samedis comme prévu par UNI

Mais le voilà qui entre dans le champ du maître-chanteur, se révélant cette fois clairement un charlatan. Il nous invente la liberté de continuer d’exister, ce qui est aussi la menace de ne plus continuer d’exister. Vous voyez que l’étoile jaune n’est pas si loin ? L’enjeu selon lui est limpide, il en est sûr même si au début il nous a expliqué que tout ceci n’est que « probable » : nous allons vers une catastrophe, alors il faut se sacrifier pour ensuite espérer être libres. Mais qui en a décidé, déjà ? Et sur quelle base ? Si c’est si grave, si certain, pourquoi ne prend-il jamais le temps de nous l’expliquer ? À moins que justement, cela soit précisément ce qu’il veut absolument éviter ?

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Protégeons les zones humides ?
ON S’EST COLLECTIVEMENT TROMPÉS

« Il faut qu’on reconnaisse qu’on s’est collectivement trompés de modèle d’habitation de l’espace. Et que donc le coût de cette réorientation – et ça la question n’est pas de savoir s’il nous plaît ou non de l’entendre, c’est un fait, qu’il faut changer notre manière d’habiter le monde. »

Je passe vite sur le jeu, vous aurez reconnu les « il faut », « on », et « il faut », je ne reviendrai pas dessus. Ici, il commence à changer de ton, il se fait en effet autoritaire : « il faut », « il nous plaît ou non », « c’est un fait », « il faut changer », Mossieur devient bien sûr de lui, menaçant et intimidant, pour un simple scientifique. Et c’est sans doute ici qu’il faut (!) lui répondre sur le même ton. Et démonter tout son baratin de spectacle. Les choses sont très simples, elles tiennent en deux idées fort simples.

En premier, non, les « faits » qu’il avance n’en sont pas. Non, il n’y a aucune certitude – puisqu’il parle de « faits » et nous interdit d’en débattre – dans toute cette folie climatique ou de sauvetage de la planète. Il y a peut-être de nombreux faits élémentaires qui interpellent, mais le scientifique devrait savoir que les faits ne font pas une théorie ni une vérité, il faut avoir une théorie complète et fondée pour que les faits prennent leur sens. Et nous sommes très loin d’avoir même un début de théorie, comme vous pouvez ici en avoir une idée. Et je ne chercherai même pas à discuter de son « modèle d’habitation » – comme si depuis des millénaires que nous sommes sur Terre, il y avait eu un modèle…. à moins qu’il parle de la propriété privée ?

Ensuite, si les faits et donc les explications étaient si limpides, et son projet si clair, il devrait pouvoir nous l’expliquer, nous en convaincre, nous y faire adhérer, sans qu’il y ait besoin de telles injonctions. Si les choses étaient si claires, il suffirait de les faire adopter par chacun. S’il y renonce, c’est qu’il sait très bien qu’il n’y arrive pas ni n’y arrivera. Et c’est là où il bascule du côté d’un Mélenchon, voire pire.

« Donc comment est-ce qu’on fait face à cette difficulté ? Je crois qu’il faut un maximum d’entraide, de partage, et que, effectivement les réorientations qui sont nécessaires soient collectivement prises en compte et prises en charges. »

Et en effet, le voilà désormais sur des tonalité mélenchonesques. Le partage, le collectif et surtout le parachutage injustifié d’un « autre modèle » dont il se garde bien de dire qu’il s’agit exactement du communisme, car ça risquerait de renvoyer au « Staline de l’écologie » du début…

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Staline de l’écologie, nous n’en sommes pas loin.
LA QUESTION DE LA LIBERTÉ EST VRAIMENT IMPORTANTE

« Mais la question de la liberté, elle est vraiment importante. Parce que, vous savez, les libertaires purs et durs nous disent la liberté c’est sacré, vous ne pouvez pas toucher à ça. Mais c’est quand même omettre que, actuellement, on est énormément privés de liberté. »

Mais après tout ce baratin, voyons par cette pirouette comment un tel personnage conçoit la liberté, puisqu’il la dit « importante ». Elle est tellement importante qu’il commence tout de suite par tenter de la prendre à contre-pied : oui, la liberté c’est important, mais puisque de toute manière nous ne sommes pas libres, ça ne sert à rien de parler de ce que nous n’avons pas, n’est-ce pas ? Voilà ce qu’il ose dire ici.

« Là si actuellement je vous agace, vous n’avez pas le droit de venir me frapper. Tant mieux. C’est ça qui finalement permet à ma liberté individuelle de continuer d’exister sereinement. »

Alors comme il ne peut pas en rester là, il lui faut bien entrer dans le sujet et montrer qu’il sait de quoi il parle. Et dans cette manière narquoise qu’il a de revendiquer sa liberté de nous agacer, il me semble qu’il y a toute cette dissymétrie qui baigne son discours : j’ai raison, je vous agace, mais je suis libre de le faire, alors par ma liberté d’expression je vais menacer la vôtre, sous prétexte de bien commun. Un libertarien appellerait à un hélicoptère de légitime défense pour bien moins que cela.

« Donc aujourd’hui même les entreprises sont protégées par le droit, pourquoi la Terre ne serait-elle pas protégée par le droit ? »

Puis hop, une pirouette, on passe allègrement sans transition logique de sa liberté à celle des entreprises, dont on comprend au passage qu’il ne les porte pas spécialement dans son cœur, même Rolex « probablement », sans doute sont-elles les méchantes qui polluent ?

La fin de la phrase sur le droit protégeant la Terre mérite encadrement. Elle illustre toute sa confusion. Bien sûr, il oublie de demander de qui le droit qu’il imagine protégerait la Terre ? De personnes comme lui ? Il ne sait manifestement pas que le droit est fait pour protéger les hommes entre eux. Sa demande est assez semblable aux loups-phoques qui imaginent un droit protégeant les animaux, sujet dont je me moque ici.

Hoppe-Kinsela
H-H. Hoppe et S.Kinsella, se moquant de ceux qui ont peur des hélicoptères.

Mieux encore, et paradoxe, les seules sources de conflits sur Terre sont des conflits pour l’accès à des ressources physiques – Hoppe explique cela dans de nombreux ouvrages, et Kinsella en fait une synthèse ici. Et de ce fait, le droit de propriété fondamental est celui qui porte sur le sol, c’est-à-dire sur la Terre. Il ignore donc que le droit, le droit libéral est précisément conçu pour protéger la Terre des abus d’autrui. Bien sûr, le droit libéral dans sa conception repose sur un arbitrage non utilitariste, libéré de tout état, où c’est l’ordre spontané de l’action humaine qui joue et décide, autrement dit l’ensemble de l’humanité à tout moment. Autrement dit, les hommes ont depuis des millénaires déjà trouvé la réponse, et les libéraux l’ont formalisée.

C’est donc la pleine liberté, notre pleine liberté qui protège la Terre. Mais il l’ignore…

« Moi je crois quand même que la petite privation de liberté qui irait dans le sens de sauver la vie, mérite peut-être d’être considérée. »

Je pense avoir fait le tour de la question. Un « je crois », une « petite privation », il ne fait que tenter de recalmer l’auditoire après avoir martelé et fauché.

« Mais il faut le faire avec circonspection. Si on pousse l’argument ad absurdum, évidemment il deviendra intenable. Comme toujours, il faut faire preuve de mesure et de nuance, mais je crois qu’on ne peut plus se permettre le luxe de ne pas l’envisager. »

Mesure et nuance ? C’est bien gentil tout ça. Mais c’est en réalité la même chose que le dogme communiste qui prétend donner « à chacun selon ses besoins » et exiger de « chacun selon ses capacités ». Comme rien ne permet de mesurer ni besoins ni capacités, cela finit toujours par une bureaucratie avalant tout et s’imposant partout sous prétexte de « mesure et nuance », aboutissant toujours à une société dignes de tous les 1984, Fahrenheit 451, Kallocaïne, Meilleur des mondes et Bonheur insoutenable.

Cher Aurélien, je vous crois malgré tout sincèrement préoccupé et « probablement » bien intentionné. Mais si vous êtes instruit en physique, vous vous révélez ignare en sciences économique et politique, et on ne peut que se demander ce que vous avez retenu de l’histoire, encore récente pourtant.  Je vous invite à en parler, si vous voulez, et à découvrir et comprendre que la liberté individuelle à l’échelle du monde porte le seul avenir pour la Terre et les Hommes.

Euclide

Source : https://vu-dailleurs.com/2019/06/25/enrage-pour-lenvironnement/

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