Martin Luther a bien compris la Bible

L’héritage de Luther.

par Russell Grigg

Les convictions de Luther peuvent se résumer en trois grandes questions qui forment la base de la Réforme, et donc du protestantisme d’aujourd’hui. 

1. La foi seule (sola fides)

Le salut est le don de Dieu, acquis par la foi seule, reçu uniquement par la grâce de Dieu (Éphésiens 2:8-9; 2 Timothée 1:9), à cause du Christ seul. La mort du Christ sur la Croix, suivie de Sa résurrection, n’était pas seulement nécessaire mais elle était aussi complète et suffisante pour payer la pénalité totale pour nos péchés et ainsi décharger entièrement notre péché envers Dieu (Hébreux 7:25). Ceci est l’Évangile (1 Corinthiens 15:1, 3-4), et il n’y a personne d’autre qui sauve (Actes 4:12, Galates 1:8). (…)

« Le véritable sens du christianisme est le suivant: qu’un homme reconnaisse d’abord par la loi qu’il est un pécheur, pour lequel il est impossible de faire de bonnes œuvres. … Essayer de mériter la grâce par des œuvres précédentes, c’est donc tenter d’apaiser Dieu par des péchés, ce qui n’est rien d’autre qu’accumuler péchés sur péchés, se moquer de Dieu, et provoquer Sa colère. … Ainsi, le premier pas dans le christianisme est la prédication de la repentance et la connaissance de soi. » « La deuxième étape est la suivante: Si vous voulez être sauvé, votre salut ne vient pas des œuvres; mais Dieu a envoyé Son Fils unique dans le monde pour que nous puissions vivre à travers Lui. Il a été crucifié et est mort pour vous et a porté vos péchés dans Son propre corps (1 Pierre 2:24). … Il veut nous donner le pardon des péchés, la justice et la vie éternelle pour l’amour de Christ. Car c’est Dieu qui dispense librement Ses dons à tous, et c’est la louange de Sa divinité. Mais Il ne peut défendre Sa divinité contre ceux qui se sont justes à leurs propres yeux et qui refusent d’accepter librement la grâce et la vie éternelle, mais qui veulent la gagner par leurs propres œuvres. »1 

Dieu a voulu que nous ne méritions pas Sa grâce par tout ce que nous faisons (Galates 2:16; 3:3). L’apôtre Paul dit que c’est pour plusieurs raisons:

  1. « Cela dépend de la foi, afin que la promesse repose sur la grâce et soit garantie … » (Romains 4:16).
  2. Les œuvres « annulent la grâce de Dieu », de sorte que si nous pouvions gagner la justice, « Christ est mort en vain » (Galates 2:21).
  3. Car autrement « la grâce n’est plus une grâce » (Romains 11:6).
  4. Si les œuvres étaient acceptables, Dieu pourrait nous devoir le salut (Romains 4:4), ce qui n’est pas le cas (Romains 3:23).
  5. En fait, toutes les tentatives pour gagner la faveur de Dieu échoueront et seront sous la malédiction de Dieu (Galates 3:10). Voir Notre « bonté » est-elle assez bonne pour Dieu?
  6. « … afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2:8-9).
  7. De sorte que « nous avons la paix avec Dieu » (Romains 5:1).

Selon la Bible, les péchés des croyants sont couverts par le sang expiatoire de Jésus (Hébreux 9:12-14; Romains 5:9-11), pour ne plus jamais être exposés. L’apôtre Paul dit que Dieu a cloué les ordonnances qui nous condamnaient à la Croix (Colossiens 2:13-14). Alors, sur l’autorité de la Parole de Dieu, notre passé pécheur n’existe plus dans les annales du ciel. Quand nous sommes pardonnés, le Roi des rois nous fait Ses héritiers (Romains 8:17), de sorte que les croyants sont les princes et les princesses du Roi des rois – non seulement quand nous arrivons au ciel, mais ici et maintenant.

Un aspect pratique de ceci est que les croyants peuvent avoir la certitude absolue de leur salut, et qu’ils ne sont plus des pécheurs condamnés! Pourquoi? Parce que notre destinée éternelle ne dépend pas de la façon dont nous avons accompli des œuvres dans cette vie, ni de nos souffrances temporelles pour nos péchés après notre mort. Mais plutôt parce que nous avons été déclarés justes par le Juge Éternel Lui-même (Romains 8:1), et qu’Il nous a adoptés comme Ses propres fils et Ses propres filles (Romains 8:14-17).

En effet, ceux qui ne croient pas ce que Dieu a dit font de Dieu un menteur (1 Jean 5:10-12). Voir Comment les humains entrent-ils dans une bonne relation avec Dieu?

2. L’Écriture seule (sola Scriptura)

Sola Scriptura est la doctrine selon laquelle la Bible, en tant que Parole de Dieu, est la seule autorité infaillible, autoritative et suffisante en matière de doctrine, de foi et de conduite. Elle est fondée sur la déclaration de l’apôtre Paul que « Toute Écriture est inspirée par Dieu », en grec: θεόπνευστος (theopneustos) en 2 Timothée 3:16-17. Ainsi l’Écriture vient de Dieu Lui-même, qui ne peut pas Se tromper, et par conséquent l’autorité de l’Écriture est l’autorité sans erreur de Dieu.Voir L’autorité de l’Écriture et la Déclaration de Chicago sur l’inerrance (voir en français).

Sola Scriptura est important pour ces raisons absolues:

    1. Cela limite ce que Dieu nous demande de croire à ce qu’Il a Lui-même dit dans Sa Parole, la Bible. Dieu a fourni dans la Bible des paroles claires, compréhensibles et fiables, Sa révélation complète et finale sur ce que nous devons croire pour être sauvé, et tout ce qui est nécessaire à la mission de l’Église dans le monde. Elle est infaillible (voir Jésus-Christ et l’infaillibilité de l’Écriture ), contraignante, et fait autorité aujourd’hui, et est donc complète quant à la doctrine.
    2. Sola Scriptura nie toutes les doctrines émanant des êtres humains (qui, malheureusement, augmentent au fil du temps), et oriente notre attention vers ce que Dieu dit plutôt que vers ce que l’homme formule. Ainsi, la Parole de Dieu n’a besoin d’aucune supplémentation de la profondeur humaine. Voir Des fables à la vérité.

Dans la Bible, à plusieurs reprises, Dieu nous ordonne de ne pas ajouter à ce qu’Il a dit:

  1. Sola Scriptura dénie toute tradition qui n’est pas réellement approuvée dans la Parole de Dieu, la Bible. Il s’ensuit que toute tradition non trouvée dans la Bible (explicitement ou par déduction logique) ne provient pas de Dieu et n’oblige donc pas les chrétiens à la croire, à la craindre, ou à la suivre (Marc 7:13). Voir La Bible est-elle notre seule autorité finale? et la Déclaration de Chicago sur l’herméneutique (voir en français). Quant au développement de la doctrine, le facteur qui doit nous guider est la Bible elle-même. « Le texte de l’Écriture fournit les raisons et, surtout, les limites de ce développement au fil du temps. … personne n’a jamais sondé les profondeurs de la révélation de Dieu contenue dans la Bible. … Par conséquent, le développement réel de la doctrine chrétienne est simplement la compréhension toujours croissante de la Parole de Dieu. »3

Sola Scriptura est, en fait, la base de la position de CMI sur la création biblique, le chapitre 1 de la Genèse étant le récit historique de la création par Dieu de la terre, de la vie végétale, de la vie animale et des êtres humains à Son image. Luther a en fait cité le récit de la création de la Genèse comme un exemple de la clarté de l’Écriture. Il a déclaré:

« Quand Moïse écrit que Dieu a créé le ciel et la terre et tout ce qui est en eux en six jours, alors cette période continue à avoir été six jours, et n’osez pas concevoir aucun commentaire selon lequel six jours étaient un jour. Mais si vous ne comprenez pas comment cela aurait pu être fait en six jours, accordez au Saint-Esprit l’honneur d’être plus savant que vous ne l’êtes. Car vous devez traiter les Écritures de telle manière que vous gardiez à l’esprit que Dieu Lui-même dit ce qui est écrit. Mais puisque Dieu parle, il ne vous convient pas de tourner Sa Parole dans la direction que vous souhaitez. »4,5

Voir Sola Scriptura en un âge de science.

Le canon de l’Écriture

opened bible

Par l’Écriture, nous entendons les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ceux de l’Ancien Testament ont tous été écrits avant la naissance du Christ. L’Église du NT avait l’enseignement des apôtres pendant leur vie. La plupart des Livres du NT ont été écrits entre environ 50 et 70 apr. J.-C., avec les Livres de l’apôtre Jean entre environ 80 à 95 apr. J.-C, ainsi tous les livres du NT ont été écrits et mis à la disposition des chrétiens bien avant le Concile des Églises de 397 apr. J.-C..

Le spécialiste du Nouveau Testament F.F. Bruce a écrit:

« Les livres du Nouveau Testament n’ont pas fait autorité pour l’Église parce qu’ils ont été formellement inclus dans une liste canonique; au contraire, l’Église les a inclus dans son canon parce qu’elle les considérait déjà comme divinement inspirés, reconnaissant leur valeur innée et leur autorité généralement apostolique, directe ou indirecte. … ce que les conciles [de l’Église] ont fait n’était pas d’imposer quelque chose de nouveau aux communautés chrétiennes, mais de codifier ce qui était déjà la pratique générale de ces communautés. »6

Un aspect concret de tout cela aujourd’hui est l’implication de tous les chrétiens dans la lecture de la Bible pour eux-mêmes, et donc la nécessité pour les traductions de la Bible d’être disponibles dans leurs propres langues vernaculaires.

3. Le sacerdoce de tous les croyants

Dans l’Ancien Testament, les prêtres étaient nécessaires pour offrir des sacrifices quotidiens, ce qui préfigurait le sacrifice parfait du Christ (Hébreux 10:11-12). Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Pierre et l’auteur d’Hébreux nous disent que maintenant que le Christ a payé la pleine peine pour le péché, aucun autre sacrifice n’est nécessaire. Voici quelques versets qui nous le disent (les italiques ont été ajoutés).

  • « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, Lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit » (1 Pierre 3:18).
  • « [Le Christ] n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour … car ceci, Il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant Lui-même » (Hébreux 7:27).
  • « Il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint … avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle » (Hébreux 9:12).
  • « Ce n’est pas pour s’offrir Lui-même plusieurs fois autrement, il aurait fallu qu’Il eût souffert plusieurs fois depuis la création du monde, tandis que maintenant, à la fin des siècles, Il a paru une seule fois pour abolir le péché par Son sacrifice » (Hébreux 9:25-26).
  • « Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seul foisde même Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui L’attendent pour leur salut. » (Hébreux 9:27-28).
  • « Nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes » (Hébreux 10:10).
  • « Mais quand [le Christ] après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, S’est assis pour toujours à la droite de Dieu … . Car, par une seule offrande, Il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés » (Hébreux 10:12, 14).
  • « … il n’y a plus d’offrande pour le péché » (Hébreux 10:18).

Ainsi, la Bible nous dit qu’il n’y a plus besoin de sacrifices pour le péché maintenant, et donc pas de répétitions ou de reproductions de la crucifixion, parce que le sacrifice du Christ « une foi pour toutes » a été et est totalement suffisant devant le Dieu Tout-Puissant (Romains 6:9-10).

Dieu a montré Sa satisfaction parfaite avec l’expiation de Christ pour nos péchés par la Résurrection. Dieu a ressuscité le Christ (Actes 2:24) pour notre justification (Romains 4:25) et pour que nous puissions être unis avec Lui (Romains 6:5). Ainsi, le fait de surmonter/annuler par expiation le péché a été confirmé par le dépassement/l’annulation de la mort (la conséquence du péché) dans Sa résurrection. Voir L’importance de la résurrection du Christ pour notre salut .

Notez que le salaire du péché c’est la mort (Romains 6:23), de sorte que Dieu ne peut pardonner le péché que lorsque la peine qu’Il a prononcée a été payée. Ainsi, c’est la mort du Christ qui paie la peine pour notre péché et nous réconcilie avec Dieu, pas seulement avec (des gouttes de) Son sang, à moins que par Son sang ne soit désigné Son sang versé, c’est-à-dire Sa mort (Romains 5:10). Avec la pénalité payée, Dieu peut pardonner le pécheur repentant et rester juste en même temps, comme Paul écrit en Romains 3:26: « montrer Sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus.« 

Comment alors tous les croyants sont-ils prêtres?

Les croyants ont un accès direct à Dieu par le Christ seul.

Ce n’est pas dans le sens que nous sommes obligés d’offrir des sacrifices aujourd’hui, mais parce que nous avons un accès direct à Dieu par le Christ seul (1 Timothée 2:5), et donc sans la nécessité d’un prêtre intermédiaire terrestre (Hébreux 9:15; 12:24).

Nous sommes en effet unis au Christ ressuscité dans une union spirituelle profondément réelle et intensément intime (Jean 15:4-5). Nous partageons l’amour de Dieu le Père pour Son Fils (Jean 17:26) et nous retournons cet amour.

Un aspect pratique de ceci est que tous les chrétiens sont appelés à être les témoins, les représentants et les ambassadeurs de Dieu, peu importe leur capacité ou leur profession (2 Corinthiens 5:18-20).

Conclusion

Le salut est par la foi seule, par la grâce seule, en Christ seul, sur l’autorité de l’Écriture seule, et pour la seule gloire de Dieu. Ces principes donnent, à ceux qui les accepteront:

  1. Le pardon complet des péchés ici et maintenant (Romains 5:8-9, 10:9-10, Hébreux 10:12).
  2. L’assurance absolue du salut (Jean 5:24, 1 Jean 5:13), et par conséquent la paix avec Dieu et la libération de la crainte de la mort ou de ce qui arrive après la mort (Jean 14:1-3, Philippiens 1:21, 23; Hébreux 2:14-15).
  3. L’union avec le Christ, qui est le but complet et ultime de Dieu pour nos vies, maintenant et pour toute l’éternité (Jean 14:23, 15:5, Colossiens 3:4).

Références et notes

  1. Martin Luther: Commentary on St Paul’s Epistle to the Galatians (1535), Cité par Hillerbrand, H., The Protestant Reformation, Macmillan, Londres, pp. 87, 99-100, 1968. 
  2. Pour une exposition plus complète, voir Sarfati, J., « D. Russell Humphreys’ Cosmology and the ‘Timothy Test’: A Reply, », J. Creation 11 (2):195-197, 1997. 
  3. White J., The Roman Catholic Controversy, Éditions Bethany House, Minneapolis, 1996, p. 83. 
  4. What Luther says, A Practical in-Home Anthology for the Active Christian, compilée par Ewald M. Plass, Concordia, 1959, p. 93. 
  5. Notez que les réformateurs étaient en train de rétablir ce que les pères de l’église du premier siècle croyaient.
  6. Bruce, FF, The Canon of the New Testament, Chapitre 3 dans The New Testament Documents: Are they reliable?, IVP, 1943. 

Source : https://creation.com/luthers-legacy

3 réflexions au sujet de « Martin Luther a bien compris la Bible »

  1. Le Protestantisme, le Catholicisme, le Christianisme en général, en tant que religion institutionalisée n’a pas lieu d’être.
    Depuis la Crucifixion/Résurrection, 1ère Pentecôte, c’est le croyant lui-même qui EST le Temple du Saint-Esprit. Aucun temple fait de main d’homme n’est valide devant Dieu.
    Vous croyez que les premiers convertis étaient chrétiens, cathos, protestants ou autres ? Think again.
    Dieu n’est pas religieux, Jésus lui-même n’est pas chrétien, au contraire, Dieu a expressément interdit toute religion, c’est le sens même du 1er commandement (Il l’avait déjà commandé à Noé), et Jésus était nazoréen: Sur le chemin de Damas, il se présente à Saul de Tarse en tant que « Jésus le nazoréen » et non pas comme « Jésus le chrétien ». Pensez-y.
    Qu’est-ce qu’un nazoréen, toute la question est là.
    En résumé, beaucoup d’appelés (les chrétiens) mais peu d’élus (les nazoréens). Ce qui fait la vraie différence c’est d’être nazoréen et non pas chrétien.

    1. Je suis d’accord avec vous sur les religions: Dieu les désapprouve.
      Par contre, être chrétien (du christianisme et non de la chrétienté) est un mode de vie, pas une religion.
      Le nom chrétien a été donné par la Providence dans Actes 11:26 (« et après l’avoir trouvé, il l’amena à Antioche. C’est ainsi qu’il arriva que pendant une année entière ils se rassemblèrent avec eux dans la congrégation et enseignèrent une foule considérable, et ce fut d’abord à Antioche que les disciples furent par une providence divine appelés* chrétiens. »)

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