Liberté chrétienne : tout m’est-il permis ?

a-la-croisée-des-chemins1 Corinthiens 6.12: « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. »

Tout est permis dans le cadre de ce qui n’est pas interdit, en tant que chrétien ! Il suffit d’ailleurs de lire le contexte de ce passage pour comprendre que Paul n’enseigne évidemment pas la licence.

On déplore souvent que « tout le monde se croit tout permis ». Certains y voient l’héritage de slogans très en vogue il y a une quarantaine d’années comme « il est interdit d’interdire ». L’apôtre Paul est-il révolutionnaire lorsqu’il proclame: « Tout est permis » ? Oui… avec les réserves suivantes.

Il est possible que cette formule, employée par Paul à l’intention des corinthiens dans une précédente lettre, ait été abusivement utilisée. Aussi doit-il clarifier son propos.

Son propos est destiné à des chrétiens, des individus sensés s’être repentis de leur vie passée, c’est-à-dire capables de s’auto-discipliner sans avoir besoin d’un code pénal, ou d’une loi quelconque édictant des interdits, car ils devraient avoir en priorité ce commandement dans le cœur:

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Marc 12.31)

Si j’aime mon prochain autant que moi, je n’ai pas besoin d’une loi qui m’interdise de le tuer, de le voler, de lui prendre sa femme ou de la violer.

Paul précise ensuite: « tout n’est pas utile ».

Sans que cela nuise à quiconque, est-il utile de passer des heures devant sa télévision, pour ne citer que cet exemple ?

Ne risquons-nous pas d’être asservis, d’en devenir dépendants, de perdre de vue ce qui pourrait être « utile » à mon prochain autant qu’à moi ?

Notre temps est compté, il est précieux, tout comme notre corps ou notre esprit. Ne gaspillons pas notre énergie et notre vie en multipliant les œuvres inutiles aux yeux de Dieu.

« Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » (1 Corinthiens 6.20)

Les œuvres inutiles deviennent dangereuses lorsqu’elles asservissent l’individu. L’apôtre Paul ne connaissait pas le tabac et ses méfaits.

En effet, si un chrétien peut considérer qu’il lui est permis de s’isoler pour fumer afin de ne pas nuire à son entourage… n’est-il pas pour autant devenu l’esclave de cette pratique ?

Et si cela ne l’empêche pas d’aimer son prochain, ne devrait-il pas aimer son corps, qui appartient à Dieu, en préservant sa santé ?

L’exemple du tabac peut se décliner dans bien d’autres domaines puisque « tout m’est permis » mais il m’est avant tout permis de rester lucide pour gérer au mieux cette permission dans la foi !



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