L’histoire de l’écriture de la Bible

Manuscrits de la Bible

[…]

I- L’Ancien Testament

1- Rédaction des manuscrits de la Bible

Environ 4 siècles avant JC, l’Ancien Testament était complet.

a- Quelques règles pour les copistes de la Bible

Voici quelques exemples de prescriptions du Talmud pour les copistes :

–   Les colonnes devaient faire entre 48 et 60 lignes et les lignes devaient être de 30 lettres.

–   Les copies devaient être effectuées à partir d’un manuscrit authentique, et il était interdit d’y apporter toute modification.

–   On ne devait rien écrire de mémoire.

–   Les copistes devaient être Juifs (Pour le pentateuque Samaritain, ils devaient être Samaritains).

–   Quand ils avaient fini la copie, les copistes devaient compter les lettres et les mots.

–    …

b- Les Massorètes

–   Ce sont des scribes, qui ont travaillé entre 500 et 1000 ap. JC.

–   Ajout des points voyelles au texte

Jusqu’alors le texte n’était écrit qu’avec des consonnes. Afin de fixer la prononciation des mots et le sens du texte, les massorètes ont ajouté des points voyelles.

–   Ajout des accents au texte

Ces accents indiquent la manière selon lequel le texte doit être récité (on parle de cantilation du texte, qui est un intermédiaire entre la lecture et le chant). Il y a un accent par mot. Ces accents nous renseignent aussi sur la syntaxe du texte car il y a des accents de fin de verset, de milieu de verset, …

–   Ajout des massores

–   Petite massore, ou notes marginales : il s’agit de notes brèves dans les marges du texte. Elles indiquent surtout les formes inhabituelles.

–   Quand un mot leur semblait incorrect, ils le laissaient dans le texte (Ketiv), mais plaçaient en marge les consonnes du mot rectifié (Qeré).

–   Lorsqu’il y avait une bizarrerie, ils indiquaient de quelle manière il fallait comprendre le texte (Sebir).

–   Grande massore : il s’agit de notes brèves en haut ou en bas du texte. Ces notes sont plus développées que celles de la petite massore. Il s’agit d’une sorte de concordance de passages qui ont un peu les mêmes bizarreries.

–   Massore finale : il s’agit d’indications statistiques à la fin des livres.  Par exemple, elles indiquent le nombre de mots du livre, le mot, le verset et la lettre qui sont aux centre du livre et vont même jusqu’à indiquer le nombre de fois qu’une lettre ou expression particulière est employée dans un livre!..

–   Autres remarques

–   Les massorètes étaient très scrupuleux et même superstitieux (ils pensaient que leur avenir éternel dépendait de la qualité de leur copie, ils se lavaient les mains et changeaient de plume avant d’écrire le nom du Seigneur, …).

–   S’ils ajoutaient une consonne à un mot, ils l’ajoutaient au-dessus du mot, pour ne pas altérer le texte.

–   Une fois leur travail terminé, les Massorètes ont détruit les anciens manuscrits de la Bible qui n’avaient plus aucune utilité. (Info à confirmer).

–   Tiqqun soferim : il s’agit de traditions relatives à une modification du texte oppérée par des scribes au cours de la copie. Ces traditions ne se trouvent pas dans les manuscrits, mais dans d’autres documents. Suivant les documents, on relève 8, 11 ou 18 tiqqun soferim pour tout l’Ancien Testament (Ex : Jb 32.3 à Dieu remplacé par Job).

2- Les manuscrits hébreux de la Bible

a- Les manuscrits de la mer Morte (Qumrân)

–   Les manuscrits de la mer Morte ont été découverts en 1947, par un berger qui cherchait une chèvre.

–   Les manuscrits datent d’environ 200 à 100 avant JC.

–   On a retrouvé des manuscrits d’au moins des parties de tous les livres de l’Ancien Testament (sauf Esther).

–   Il y a particulièrement un manuscrit complet d’Esaïe (1QIsa), d’environ 120 avant JC.

 

b- Quelques autres manuscrits

–   Le Codex de Léningrad (appelé aussi Firkovitch) de la famille des manuscrits Ben Asher. Il date de 1009 ap. JC, et c’est le seul manuscrit complet de l’Ancien Testament qu’on possède. Il sert de base pour les traductions de l’Ancien Testament. Témoin du texte massorétique.

–   Le Codex d’Alep : il date de 925 ap. JC, et ne contient pas le pentateuque. Témoin du texte massorétique.

–   Le Codex des Prophètes de Pétrograd : il date de 916 ap. JC et ne contient que les livres des prophètes postérieurs[1].

–   Le Codex du Caire : il date de 896 ap. JC et contient les livres des prophètes antérieurs et postérieurs (cf. note 1). Témoin du texte massorétique.

–   L’Oriental 4445 (du British Muséum) qui date d’environ 850 ap. JC (les points voyelles ont été rajoutés environ 1 siècle après) : il contient le pentateuque. Témoin du texte massorétique.

–   Pentateuque Samaritain : il date vraisemblablement du VIIème ap. JC. On en a une copie à Cambridge, qui date du XIIème ap. JC. Ces manuscrits sont intéressants car ils ont suivi une filière de transmission indépendante des autres manuscrits (inimitié entre juifs et samaritains).

–   Manuscrits de la Gheniza du Caire (environ 200 000) : comprennent de nombreux fragments de la Bible (plusieurs milliers) en hébreu et en araméen ainsi que des traductions en arabe datant pour la plupart des VIè, VIIè, VIIIè siècles après Jésus-Christ.

–   Papyrus de Nash : date de 100 à 50 av. JC, et contient Ex 20.1-17 et Dt 6.4-9. Découvert en Egypte au début du 20ème.

–   Rouleaux de Ketef Hinnom : ils datent d’environ 650 avant JC. Il s’agit de 2 courts textes bibliques (Nb 6.24-26) sur feuille d’argent. En plus du nom du possesseur qui est ajouté pour la bénédiction, il y a quelques petites différences avec le texte biblique.

3- Les versions anciennes de la Bible

Ces versions sont intéressantes, car on en possède qui sont plus vieilles de plusieurs siècles que les plus vieux manuscrits hébreux de la Bible que nous possédons. De plus, souvent les traductions anciennes étaient très littérales (mot à mot), ce qui facilite la « rétroversion », c’est à dire le retour vers le texte hébreu qui a servi de base à la version.

a- La Septante

–   Traduction grecque de la Bible traduite de l’hébreu populaire, achevée au IIème av. JC à Alexandrie en Egypte (l’histoire selon laquelle elle aurait été traduite par 72 savants est une légende ; le nombre de traducteurs n’a probablement pas dépassé 5 ou 6 personnes). L’existence de cette traduction est attestée au 2ème av. JC, dans le prologue du Siracide qui date d’environ 132 av. JC.

–   A intégré les apocryphes dans le canon de l’Ancien Testament, ajouté des chapitres à Esther et Daniel, raccourci Job et Jérémie.

–   N’est pas systématiquement littérale. Le pentateuque est plus littéral que d’autres portions de l’Ancien Testament.

–   Les auteurs du Nouveau Testament citent généralement l’Ancien Testament d’après la Septante.

–   Reste le texte officiel de l’Ancien Testament dans l’Eglise orthodoxe grecque.

–   A donné lieu à de nombreuses traductions de l’Ancien Testament (latin, copte, …).

–   Cette version a subi des révisions. Les 2 plus importantes sont celle d’Origène (IIIème ap. JC) et de Lucien (IIIème ap. JC).

–   Les principaux témoins de cette traduction sont

–   Les papyrus

–   Fouard et Ryland du IIème av. JC. (Ryland 458 : env 150 av. JC : passages de  Dt 23-28).

–   Chester Beatty du IVème ap. JC.

–   Les Codex en Onciales (majuscules. Onciales utilisées jusqu’au Xème ap. JC).

–   Codex Vaticanus et Sinaïticus du IVème ap. JC.

–   Codex Alexandrinus du Vème ap. JC.

–   Les Codex en minuscules (à partir du IXème ap. JC).

Ces manuscrits datent du IXème au XVIème, mais certains ont quand même un intérêt, car on pense qu’ils préservent des états de textes plus anciens que le texte massorétique (certains reproduisent des variantes de manuscrits de Qumran).

–   Les citations des Pères de l’Eglise.

b- Autres versions grecques

–   Dès l’instant où les chrétiens ont utilisé la Septante, les Juifs n’ont plus voulu de la Septante. Ils ont alors fait d’autres traductions juives (en grec) de l’Ancien Testament. On peut citer les 3 principales traductions qui ont vu le jour :

–   Aquila, du début du IIème. Cette version est extrêmement littérale, car chaque mot hébreu doit avoir son correspondant en grec (même s’il s’agit d’un mot hébreu dont la fonction est d’indiquer un COD !).

–   Symmaque, de la fin du IIème. Elle est moins littérale que la Aquila.

–   Théodothien de la fin du IIème. Elle semble être une révision de la Septante.

–   Remarques : On ne possède aucun manuscrit de ces 3 traductions de la Bible. Elles nous sont connues par les notes marginales de manuscrits de la Septante (ex : codex Marchalianus) et des manuscrits « syro-hexaplaires »(manuscrits en syriaque avec notes marginales).

–   Les Hexaples d’Origène

Elles ont été rédigées au IIIème ap. JC. Il s’agit d’une mise en colonnes de l’Ancien Testament, avec le texte hébreu (col 1), le texte hébreu écrit avec les lettres grecques (col 2), Aquila (col 3), Symmaque (col 4), Septante (col 5), Théodotien (col 6). Quelques passages de l’Ancien Testament ont une 7ème colonne avec d’autres versions.

On possède quelques fragments manuscrits de ces Hexaples.


c- Versions à partir de la Septante

Etant traduites à partir de la Septante, ces versions sont d’un intérêt moindre. On peut néanmoins en mentionner quelques-unes :

–   Les vieilles Latines (ou la vieille Latine, car on ne sait pas s’il y en a eu une ou plusieurs). A partir du 2ème après JC. On la connaît surtout au travers des citations des Pères de l’Eglise. On possède un Codex incomplet, du VIIème, à Lyon.

–   Les versions Coptes en dialecte sahidique (traduite au IIIème, ap. JC) pour la haute Egypte, et en Bohaïrique (traduite au IVème, ap. JC) pour la basse Egypte. C’est la Bohaïrique qui est devenue le texte officiel de l’Eglise Copte.

–   Versions Ethiopiennes (au IVème; on a un manuscrit du XIIIème).

–   Versions Arméniennes (au Vème; on a un manuscrit du XIIIème).

–   Versions Arabes (Xème). Ces versions ne dépendent pas toutes de la Septante.

d- Les Targums araméens

Après l’exil, les Juifs se sont mis à parler couramment l’araméen (l’une des langues officielles de l’empire Perse) et à mieux le connaître que l’Hébreu. Aussi, lors de la lecture à la synagogue, le texte hébraïque était traduit oralement en araméen. Cette traduction comportait beaucoup d’adjonctions ou de modifications apportées au texte écrit, souvent à titre d’explications. Peu à peu ces diverses interprétations furent transcrites dans les Targums (à Qumrân, on a retrouvé des Targums). Ces Targums sont importants parce qu’ils se réfèrent à un texte de la Bible plus ancien de plusieurs siècles que le texte définitif des Massorètes. Parmi les targums que nous possédons, on peut mentionner :

–   Le Targum Babylonien :

–   On parle du Targum d’Onkelos pour le Pentateuque (du IIIème ap. JC).

–   On parle du Targum de Jonathan pour les prophètes (du IVème  ap. JC).

–   Les Targums Palestiniens

–   Ils ont d’avantage de développement exégétique que le Babylonien.

–   Ces Targums ont des variations entre eux.

–   Le Targum Samaritain (du pentateuque).

e- La Syriaque ou Peshitta

Le Syriaque est un dialecte araméen parlé en Syrie. Cette traduction ancienne remonte au IIème ap. JC. On ne sait pas trop à partir de quels manuscrits elle a été traduite. Certains pensent qu’elle a été faite à partir d’un targum Juif. On s’aperçoit qu’elle a aussi des parentés avec la Septante, ainsi qu’avec le texte hébreu. On possède le Codex Ambrosianus du VIème-VIIème, qui est à Milan (Il existe aussi un Codex Ambrosianus pour la Septante).

f- La Vulgate

Traduction Latine, à partir des textes hébreux, faite par Jérôme, à la fin du IVème. L’évêque de Rome, Damase, avait demandé à Jérôme de réviser la vieille Latine. Finalement Jérôme a entrepris de traduire à partir de l’hébreu. Il est allé en Palestine pour cela. Ce n’est que vers le VIIIème, IXème que la Vulgate a vraiment remplacé la vieille Latine chez les utilisateurs ! Il y a eu plusieurs révisions de la Vulgate.

Il y a un réel effort pour dire les choses comme on les dirait en Latin, ce qui rend cette version un peu moins intéressante pour la critique textuelle. Le texte hébreu que présuppose la Vulgate est proche du texte massorétique. C’est la 1ère version chrétienne qui soit très nettement faite à partir des textes hébreux. Le manuscrit principal de la Vulgate est le Codex Amiatinus, du VIIème.

4- Conclusion

On peut dire que le texte actuel concorde avec les originaux car :

–   Il y a correspondance à quelques variantes près entre la majeure partie du texte de la Septante (grec) et le texte massorétique (hébreu).

–   Il existe peu de différences notoires entre le Pentateuque Samaritain (les plus anciens manuscrits datent du XIIè siècle après JC) et le texte massorétique de la Torah : ce fait est absolument remarquable si on considère que durant environ 1500 ans ils eurent un chemin indépendant !

–   Il y a peu de variantes entre le texte massorétique et les manuscrits de la mer morte (certains datent du IIème av. JC) malgré les 1000 ans de copies manuscrites qui les séparent !..

–   Les règles de copies étaient très strictes.

5- Editions imprimées en hébreu

–   Bible de Venise ou Ben-Hayyim ou Bomberg de 1524-1525. Elle suit le texte massorétique.

–   Kennicott de 1776-1780 : édition du texte massorétique avec les variantes existantes. Il semble que ce travail n’ait pas été très bien fait.

–   Au 20ème on a utilisé

–   BHK Kittel. Utilise le Manuscrit de Léningrad à partir de la 3ème édition.

–   BHS Stuttgart à partir de 1967. Elle suit le manuscrit de Leningrad, et c’est actuellement l’ouvrage de référence.

–   En 2002 devrait sortir une nouvelle édition critique pour corriger quelques erreurs de la BHS par rapport au manuscrit de Léningrad, ainsi que l’appareil critique.

II- Le Nouveau Testament

1- Les manuscrits

Le Nouveau Testament a été fini de rédiger à la fin du Ier siècle après JC (la majeure partie avant 70). On dispose actuellement d’environ 5674[2] manuscrits grecs du Nouveau Testament ou de portions du Nouveau Testament et d’environ 19 300[3] manuscrits de versions, soit un total de près de 25 000 manuscrits, dont les principaux sont :

a- Les papyrus

– On en possède environ 99[4] contenant un ou plusieurs passages ou livres du Nouveau Testament.

–   Le plus ancien est le P52 de J.Ryland : il s’agit d’un fragment de l’évangile de Jean datant de 125 à 130 ap. JC.

–   Parmi les plus importants, ceux de C. Beatty (découverts vers 1930) : ces différents papyrus contiennent des passages de : évangiles, actes, épîtres de Paul, Hébreux, Ap. Datent de 200 à 250 ap. JC.

–   Un autre groupe important est celui de Bodmer : ces papyrus contiennent des passages de : Luc, Jean, épîtres de Pierre, Jude datant d’environ 200 ap. JC.


b- Les manuscrits en lettres onciales (majuscules)

– On en possède environ 306[5].

– Rédigés entre le IVème et IXème siècle ap. JC.

– Les principaux sont :

– Le Codex Vaticanus (environ 325 – 350 ap. JC) : il comprend la plus grande partie du Nouveau Testament (et de l’Ancien Testament). Découvert au Vatican vers 1850.

– Le Codex Sinaïticus (environ 350 – 400 ap. JC) : unique exemplaire complet du Nouveau Testament en onciales (et la plus grande partie de l’Ancien Testament). Découvert par Tischendorf en 1859 au monastère Ste Catherine

– Le Codex Alexandrinus ( Vème siècle ap. JC).

– La Codex Bezae (VIème siècle ap. JC).

– Le Codex Ephraemi (Vème siècle ap. JC).

– …

c- Les manuscrits en lettres cursives (minuscules)

– On en possède environ 2856[6].

– Rédigés entre le IXème et XVème siècle après JC.

d- Les traductions antiques du Nouveau Testament

– On en compte plus de 15 000[7] (dont plus de 8000 de la Vulgate en latin, et environ 8 000 en éthiopien, slave, arménien)[8].

– En Syriaque (Codex Syro-Sinaïticus, Codex Syro-Curetonianus de 200 environ, … ), en Latin (Codex Bobiensis de 400 environ, Codex Vercellensis de 360 environ, …), en Copte, …

e- Les citations bibliques des Pères de l’Eglise

Suite à une recherche sur les citations des Pères de l’Eglise, D Dalrymple dit : « Comme je possédais tous les écrits des Pères de l’Eglise du IIème et IIIème siècle, j’ai commencé à chercher, et j’ai trouvé des citations de tous les versets du Nouveau Testament, excepté 11 ! »[9]

f- Les lectionnaires

– On en possède environ 2403[10].

– Il s’agit de livres contenant des textes bibliques utilisés pour des services religieux.

– La majeure partie date du VIIème au XIIème, quelques fragments des IVème, Vème et VIème.

g- Les Ostraca

– On en possède plus de 1700.

– Ce sont des tessons de poteries qui ont servi de support d’écriture pour les pauvres.


h- Remarques sur les manuscrits de la Bible

–   Les affirmations selon lesquelles des papyrus dateraient de 50 ou 70 ap JC sont très controversées, car elles mettent en jeu de nombreuses hypothèses.

–   En mai 94, le professeur et papyrologue P.Thiede a « démontré » qu’un fragment de papyrus citant une partie de Mt 26 datait d’avant l’an 50 ![11]

–   Sur les fragments d’un papyrus en provenance de la grotte n°7 de Qumrân, des versets de l’évangile de Marc ont pu être déchiffrés. Ce papyrus date d’avant 70 ap. JC[12].Or ce papyrus contient uniquement une vingtaines de lettres dont on est sûr que d’une dizaine !.. De plus, il faut altérer légèrement (de façon acceptable) le texte de Marc, pour que ça marche !

–   On distingue parmi les manuscrits au moins 5 types de textes :

–   Byzantin (anciennement appelé Syrien) ; il correspondent environ au texte du codex Alexandrinus. C’est le groupe le plus nombreux, dont quelques manuscrits ont servi à élaborer le « Texte Reçu ».

–   Alexandrin ou neutre. A peu près le texte des Codex Vaticanus et Sinaïticus.

–   Césaréen : Evangiles de Koridethi, papyrus Chester Betty. Probablement élaboré en Egypte, et apporté à Césarée par Origène.

–   Occidental : Manuscrits latins, codex de Bèze. Essentiellement répandu dans les pays latins.

–   Antiochien.

2- Comparaison avec les œuvres classiques

Comparatif[13] entre les manuscrits de la Bible et ceux de différents documents historiques :

Auteur Titre ou type de document Nombre de manuscrits Rédaction de l’original Plus ancien manuscrit Durée entre original et plus ancien
/ Nouveau Testament > 24 000 40 – 100 ap. JC. 130 ap. JC. 30 – 60 ans
Homère Iliade 643 900 av. JC. 400[14] av. JC. 500 ans
Sophocles 193 496 – 406 av. JC 1000 ap. JC 1400 ans
Tacite Annales 20 100 ap. JC. 1100[15] ap. JC. 1000 ans
César Guerre des Gaules 10 100 – 44 av. JC. 900 ap. JC. 950 ans
Josèphe La guerre des Juifs 9[16] Ier siècle Xème > 800 ans
Thucydides Histoires 8 460 – 400 av. JC. 900 ap. JC. 1300 ans
Suétone La vie de César 8 75 – 160 ap. JC. 950 ap. JC. 800 ans
Pline le jeune Histoire 7 61 – 113 ap. JC. 850 ap. JC. 750 ans
Platon Tétralogies 7 427 – 347 av. JC. 900 ap. JC. 1200 ans

Remarque : Parmi toute la littérature ancienne grecque ou latine, l’Iliade arrive en second après la Bible en ce qui concerne le nombre de manuscrits.[17]


3- Remarques

–   Jusqu’à la fin du siècle dernier, le grec du Nouveau Testament était considéré comme du mauvais grec. Suite à une découverte de A.Deissmann en 1895, on s’aperçu qu’il s’agissait en fait de la langue non littéraire utilisée dans la vie courante au Ier siècle[18].

–   Actuellement, on dispose d’un texte grec sûr à plus de 99 %[19].

–   Pour les quelques endroits où on n’est pas sûr du texte, cela ne remet jamais en cause une doctrine essentielle[20].

–   Entre les manuscrits les plus divergents, il y a accord sur 97 % du texte[21].

–   Pour le Nouveau Testament, 98,3 % du texte est indemne de variante[22].

4- Quelques citations

– « L’intervalle entre les dates de la composition originale et les documents les plus anciens devient donc presque négligeable ; le dernier fondement permettant de douter que les Ecritures nous soient parvenues en substance telles qu’elles furent écrites, a maintenant disparu. L’authenticité, de même que l’intégrité générale des livres du Nouveau Testament, peuvent être considérés comme définitivement établies. »[23]

– « A partir du moment où les savants acceptent les classiques de l’antiquité comme étant généralement dignes de foi, alors que les manuscrits les plus anciens on été recopiés longtemps après les écrits originaux, et que le nombre de manuscrits existant, dans bien des cas est si faible, il est clair que la validité du texte du Nouveau Testament est assurée. »[24]

III- Bibliographie

–   Archer, G.L., Introduction à l’Ancien Testament, Adapté de l’Américain, Saint Légier, Emmaüs, 1991, pp. 32-51.

–   Bruce, F.F., Les documents du Nouveau Testament : peut-on s’y fier ?, Farel, 1987.

–   Glashouver,W.J.J., Sur les traces de la Bible, Maison de la Bible, 1987.

–   Green, M., Le grand dérapage, ch 7, Farel, 1988.

–   Kuen, A, Une Bible et tant de versions !, St-Légier, Emmaüs, 1996, 206 p.

–   Manley, G.T., Robinson, G.C., Stibbs, A.M., Le nouveau Manuel de la Bible, , Traduction Française, Edition Institut Biblique de Nogent, 1952, pp. 27-33.

–   McDowell, J., Bien plus qu’un Charpentier, ch 4, Miami, Vida, 1982.

–   McDowell, J., Christianity a ready defense, San Bernardino, Here’s Life Publishers, 1994, p42-55

–   Nicole, Emile, cours Introduction à l’Ancien Testament donné à l’IBN, en 1999.

–   Parizet, C., Comment la Bible est venue jusqu’à nous, Viens et vois, 1986.

–   Shallis, R., Jésus : qui en fait est Jésus Christ ?, ch 1, Farel, 1983.

–   Strobel, L., Jésus : La parole est à la défense !, ?, Vida, 2001, pp.59-80.

–   Collectif, Nouveau dictionnaire biblique, Saint Légier, Emmaüs, 1992, pp.797-814.


[1] Les prophètes antérieurs : Jos, Jg, 1&2 Sam, 1&2 Rois. Les prophètes postérieurs : Es, Jr, Ez, Os, Jo, Am, Ab, Jon, Mi, Na, Ha, So, Ag, Za, Mal.
[2] Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 70.
[3] Mc Dowell, Josh, Christianity a ready defense, San Bernardino, Here’s life publishers, 1994,  p43.
[4] Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 68.
[5] Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 70.
[6] Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 70.
[7] Mc Dowell, Josh, Christianity a ready defense, San Bernardino, Here’s life publishers, 1994,  p47.
[8] Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 70.
[9] Charles,Leach, Our Bible : how we got it., Chicago, Moody press, 1898,  pp. 35-36. Mc Dowell, Josh, Christianity a ready defense, San Bernardino, Here’s life publishers, 1994,  p48.
[10]  Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 70.
[11] P.A., Eicher, Bible info, éditorial, n° 3, septembre 95.
[12] C.P., Thiede, The earliest gospel manuscript ? 7Q5 and its significance for new testament                studies, Exeter, 1990. P.A., Eicher, Bible info, éditorial, n° 3, septembre 95.C.P.
[13] Tableau d’après : Mc Dowell, Josh, Christianity a ready defense, San Bernardino, Here’s life publishers, 1994,  p45 (sauf données sur Josèphe).
[14] Selon « Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 67″ , les plus anciens dateraient du IIè ap. JC !
[15] Selon  » Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 68″, les tomes 11-16 s’appuient sur un manuscrit de la Bible du XIème, et les tomes 1-6 sur un seul manuscrit de la Bible datant de 850 environ !.
[16] Selon  » Strobel, Lee, Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p 67″, 9 manuscrits grecs des Xè, XIè, XIIè et une traduction du IVè.
[17] B.M., Metzger, Chapters in the history of the new testament textual criticism, Grand Rapids, Wm. B. Eerdmans publishing Co., 1963.
[18] Alfred, Kuen, Une Bible et tant de versions, Saint-Légier, Emmaüs, 1996, p.57.
[19] Alfred, Kuen, Une Bible et tant de versions, Saint-Légier, Emmaüs, 1996, p.56.
[20] Alfred, Kuen, Une Bible et tant de versions, Saint-Légier, Emmaüs, 1996, p.56.
[21] Alfred, Kuen, Une Bible et tant de versions, Saint-Légier, Emmaüs, 1996, p.55.
[22] Collectif, Nouveau dictionnaire Biblique, Saint Légier, Emmaüs, 1992rev, p 797.
[23] F.G., Kenyon, The Bible and archaeologie, ,New York, Harper and Row publishers, 1940, p. 288. Kenyon fut conservateur et bibliothécaire du British Museum.
[24] J.H., Greenlee, Introduction to the new testament textual criticism, Grand rapids, Eerdmans, 1964, p16. Greenlee est un helléniste qui a étudié le Nouveau Testament.



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