L’Etat ouvertement hostile aux agriculteurs bio

Un agriculteur bio ruiné par l’État.

Benoît Biteau est agriculteur biologique en Charente-Maritime.

Il a repris en 2007 une ferme familiale de 190 hectares de monoculture intensive de maïs. C’est la ferme du Val de Seudre.

Il l’a transformée en une ferme 100% bio qui pratique la polyculture.

Aujourd’hui, l’État refuse de lui verser l’argent qui lui est dû au nom de la Politique agricole commune (PAC).

À l’instant où vous lisez ces lignes, toutes les aides allouées à l’agriculture chimique sont arrivées dans les temps.

Toutes, sauf celles pour les agriculteurs bio !

Résultat, la ferme de Benoît Biteau est au bord de la faillite.

Mais il y a encore plus grave.

Des milliers d’agriculteurs bio sont dans la même situation que lui.

Par solidarité avec Benoît Biteau et avec les milliers de travailleurs de la terre abandonnés par l’État, je vous demande de signer la pétition ci-dessous.

C’est une action en soutien à Benoît Biteau et à tous les agriculteurs bio. Elle est adressée au Président de la République, Emmanuel Macron.

Trophée de l’agriculture durable en 2009

Tout a pourtant bien commencé pour Benoît Biteau. Deux ans après avoir lancé son projet, il est le premier à recevoir le trophée de l’agriculture durable.

Le prix lui est remis par le ministre de l’agriculture de l’époque, Michel Barnier (1) lors du salon de l’agriculture.

Son dossier a été sélectionné parmi 184 autres, eux-mêmes triés sur le volet.

Il est soutenu par les Institutions. Son succès est médiatisé (2).

Comme tant d’autres agriculteurs bio (1), il a construit un business plan sérieux et solide. Y figurent les aides prévues dans le cadre de la PAC.

L’avenir semble lui appartenir.

Une entreprise durable menacée

Le trophée de l’agriculture durable récompense les projets qui respectent trois critères :

la création ou le maintien du lien social ;

la pertinence économique ;

la protection de l’environnement.

La ferme du Val de Seudre répond parfaitement à ces exigences légitimes.

Le projet, par ailleurs, est en parfaite conformité avec les critères de financement de la Politique agricole commune.

Pourtant, depuis des années, l’Etat est en retard dans le versement des aides agricoles dues aux agriculteurs bio.

64 217 euros d’aides prévues pour la ferme de Benoît Biteau n’ont pas été versés par les services d’aide de l’Etat entre 2007 et 2015.

Le problème, c’est que le cas de Benoît Biteau n’est pas isolé.

80% des agriculteurs bio n’ont pas reçu leurs aides de l’Etat

En février 2017 (déjà), le magazine Reporterre (4) listait de multiples cas semblables à celui de Benoît Biteau :

  • Dans le Jura, Mickaël Percier cultive 50 hectares de céréales, qu’il a converti en bio en 2015. Il devait recevoir 16 000 euros par an, le temps de la transition. Rien n’est venu. Il ne s’est plus versé de salaires depuis deux ans…
  • Dans l’Oise, Guy Vanlerberghe exploite 200 hectares de pommiers et de céréales, tout en bio depuis 2015. Ce sont plus de 100 000 euros d’aides par an qui manquent à l’appel sur lesquels il paye des impôts ! En effet, ces “gains” sont déclarés… En attendant, la famille se serre les coudes.
  • Dans le Morbihan, Christophe Baron qui tient une ferme laitière, attend 54 000 euros promis par l’Etat.

En tout, ce sont plus de 25 000 agriculteurs bio qui ont été touchés par la défaillance des services de l’État.

Cela représente 80% des agriculteurs bio.

Les pesticides subventionnés

Pendant ce temps, les agriculteurs qui utilisent massivement des pesticides reçoivent leurs aides en temps et en heure.

En Saintonge, à côté de la ferme de Benoît Biteau, tous les maïsiculteurs continuent de percevoir leurs importantes aides jusqu’au dernier centime et avant le 31 décembre de chaque année…

Pourtant, leur pratique agricole :

  • pompe une immense quantité d’eau qu’elle pollue,
  • rejette dans la mer toute proche des eaux souillées aux effets dévastateurs sur les huîtres d’Oléron, moules, coquilles Saint Jacques, autres coquillages et poissons qui agonisent dans la mer;
  • épuise les sols ;
  • anéantit toute la biodiversité locale : les insectes et les oiseaux disparaissent ;
  • pollue le maïs qui servira de nourriture aux bêtes dont se nourriront les consommateurs.

De son côté, Benoît Biteau développe des prairies naturelles pour nourrir ses animaux. Elles sont 100% naturelles. Elles se régénèrent d’elles même.

Dans une exploitation classique, la chimie peut représenter jusqu’à 60% du budget total.

En d’autres termes, l’agriculteur conventionnel n’est qu’un intermédiaire commode entre l’État et les grandes firmes agrochimiques dont les dividendes sont directement nourris des subventions publiques.

Vos impôts engraissent Monsanto et consorts. Mais ils ne payent pas l’agriculture bio. Merci l’État.

Des caisses de l’État bourrées comme des canons !

Le pire dans cette histoire, c’est que ce n’est même pas une question d’argent dans les caisses.

Le président de la Fédération régionale d’agriculture bio de Nouvelle-Aquitaine, Dominique Marion explique : “L’argent est là, dans les caisses, ce qui nous manque c’est la clé pour ouvrir le coffre-fort ».

Car la cause officielle des non versements est un “problème de logiciel”.

De nouvelles règles européennes sont venues encadrer les subventions de la PAC.

L’administration française a du mal à s’adapter. Elle devait redistribuer 9 milliards d’euros aux agriculteurs français à partir de 2014 et sur plusieurs années.

Mais elle a pris du retard par rapport à ses homologues européennes. En Pologne par exemple, les paysans sont tous à jour de leurs subventions.

À ce problème, s’en est ajouté un autre pour les agriculteurs bios : ils sont les derniers servis.

Un complot de la FNSEA ?

Certains y voient des manœuvres du puissant syndicat de l’agriculture, la FNSEA qui défend l’agriculture intensive.

Pour gagner du temps, et éviter une transition, qu’elle sait inévitable, la FNSEA a inventé des concepts tels que “l’agriculture raisonnée”, ainsi que les exploitations “FARRE”.

Toutefois, ces “labels” restent totalement soumis aux diktats des pesticides. Ils ne sont qu’une concession minuscule à l’évolution tangible de l’opinion publique.

Ce sont des mesures cosmétiques.

En revanche, il est certain que le non déploiement des aides aux agriculteurs bio est une manière efficace de maintenir le statu quo. Cela casse le moral des agriculteurs bio.

Un projet qui dérange

La ferme du Val de Seudre a-t-elle été spécifiquement visée ?

On ne le saura sans doute jamais.

Une chose est sûre, Benoît Biteau n’est pas le premier paysan venu.

Issu d’une longue lignée paysanne, installée dans le Poitou : Benoît Biteau est aussi ingénieur agronome, généticien et spécialiste de l’utilisation de l’eau en agriculture.

Dès 2007, il a voulu que sa ferme soit “un conservatoire du patrimoine vivant”.

Benoît Biteau parmi les baudets du Poitou

Son activité comprend notamment :

  • du maraîchage et de la polyculture (céréales légumineuses) destinés à la vente en circuits courts,
  • de l’élevage d’espèces locales et traditionnelles devenues rares, le baudet du Poitou (5), le cheval de trait poitevin (6), la vache maraîchine (7), la chèvre poitevine (8).
  • le développement de prairies naturelles pour le pâturage des bêtes,
  • la plantation de haies et d’arbres pour permettre à la terre de garder l’eau et aux écosystèmes de se reconstituer.
  • des ruches bio pour accueillir les abeilles.

Chèvres poitevines et vaches maraîchines

Il a développé ces activités pour assurer les objectifs suivants (9) :

  • remplir réellement le rôle nourricier de l’agriculture ;
  • sauvegarder la ressource en eau ;
  • respecter la biodiversité ;
  • fournir des produits sains en respectant le patrimoine naturel ;
  • vivre correctement de son travail ;
  • transmettre son métier et des savoir-faire aux générations futures.

Aujourd’hui, non seulement, la ferme produit des aliments d’une qualité exceptionnelle destinés aux marchés locaux mais elle le fait :

  • sans pesticides ;
  • sans avoir recours à l’irrigation.

Elle multiplie ainsi les services rendus à l’environnement et aux citoyens.

Ce modèle, basé sur les principes de l’agroforesterie et de la permaculture pourrait se développer à travers toute la France.

Les questions du rendement et de la rentabilité, souvent posées, ont été balayées par de récentes études (10). Des chercheurs aux États-Unis et au Canada sont arrivés à la conclusion que la différence entre agriculture bio et agriculture conventionnelle pouvait être de 8 à 9% alors que les produits bio sont d’une qualité bien meilleure et que l’agriculture bio respecte voire enrichit l’environnement.

Tout le monde sait par ailleurs que la différence de prix entre les deux est supérieure à 10%.

Les expériences des fermes pionnières comme la ferme du Bec Hellouin ou la ferme de Sainte-Marthe se trouvent confirmées.

Il ne reste qu’un point à valider : la mobilisation des pouvoirs publics.

Là nous avons besoin de vous. Il faut créer une immense vague de soutien à Benoît Biteau et aux agriculteurs bio. Signez et faites signez la pétition de soutien ci-dessous.

Nous devons être des centaines de milliers à rallier le mouvement.

2015 : une première mobilisation

En 2015 Benoît Biteau avait lancé une première pétition qui avait réuni près de 100 000 signatures. 2000 donateurs s’étaient alors cotisés pour l’aider dans son projet.

Les citoyens ont répondu là où l’État a fait défaut.

Le 27 Juillet 2018, il a lancé un cri d’alarme sur Facebook annonçant la fermeture imminente de sa ferme, fin août 2018.

Cela a permis de bouger l’administration. Sur les 70 000 euros de retard, il a finalement reçu il y a quelques jours, 40 000 euros (11).

C’est un sursis pour Benoît Biteau.

Cela montre aussi que la mobilisation paye.

Mobilisons-nous pour sauver l’agriculture bio et les agriculteurs bio !

Mais l’affaire est loin d’être finie.

Des milliers d’agriculteurs bio attendent encore d’être payés.

L’affaire Benoît Biteau n’est que l’arbre qui cache la forêt.

Si nous voulons sauver les agriculteurs bio nous devons sommer l’État de prendre ses responsabilités.

Je vous rappelle que les sommes dues aux paysans sont déjà provisionnées sur les comptes de l’Etat.

Et pendant ce temps-là, des milliers d’agriculteurs, jeunes et vieux sont poussés vers la précarité.

Certaines fermes sont déjà en train de déposer le bilan.

C’est une affaire de semaines, voire de jours.

Le soldat Benoît Biteau a été sauvé de justesse. Aidez-nous à sauver la compagnie !

Soutenez notre Grande pétition qui doit se répandre dans toute la France comme traînée de poudre !

Le pouvoir est entre vos mains.

Le destin de vos enfants est entre vos mains.

Vous pouvez choisir aujourd’hui de peser de tout votre poids sur les services de l’État pour que soit payés les agriculteurs et que le modèle change pour de bon.

Pour cela il vous suffit de signer la pétition ci-dessous.

S’il vous plaît ne fermez pas ce mail pour l’envoyer aux oubliettes. Ce serait un énorme gâchis.

Puisque vous avez investi du temps pour lire ce message jusqu’ici, faites un geste simple et signez la pétition de soutien à Benoît Biteau et à l’ensemble des agriculteurs bio.

Nous l’adresserons au plus vite au Président de la République.

Avec tout mon dévouement,

Augustin de Livois

Notes & références 



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