Le vide moral et spirituel de l’Europe invite aux actes de terrorisme

Une personne blessée est évacuée à la suite d’un attentat dans le 10ème arrondissement de la capitale française, Paris, le 13 novembre 2015. © Kenzo Tribouillard © AFP

Date de publication: 23 nov. 2015 

Iben Thranholm examine les événements politiques et sociaux en mettant l’accent sur leurs aspects religieux, leur signification et leurs implications morales. Elle est l’une des chroniqueuses les plus lues du Danemark sur ces questions. Thranholm est une ancienne rédactrice en chef et animatrice de radio à la Danish Broadcasting Corporation (DR), où elle a créé un programme d’informations religieuses qui établit une nouvelle norme en matière d’analyse religieuse dans la salle de presse.

Elle a beaucoup voyagé au Moyen-Orient, en Italie, aux États-Unis et en Russie pour mener des recherches et des entretiens. Elle a été récompensée pour ses recherches d’investigation sur la couverture médiatique des questions religieuses par les médias danois.

Ces jours-ci, les médias débordent de commentaires et d’analyses sur les attaques terroristes de vendredi dernier à Paris. Un angle particulier est systématiquement ignoré – ou banni : la religion.

C’est une curieuse omission puisque les terroristes eux-mêmes publient des déclarations indiquant que la religion est leur motivation.

La déclaration dans laquelle l’Etat Islamique assume la responsabilité des attaques à Paris est faite au nom d’Allah et les meurtres sont qualifiés d’ »attaque bénie dont Allah a facilité les causes ». Elle déclare que Paris été prise pour cible car c’est « une capitale des abominations et de la perversion » et « celle qui porte la bannière de la croix en Europe ».
L’EI qualifie constamment les Parisiens de « croisés » – le public du Bataclan, cependant, est appelé « idolâtres (rassemblés) dans une fête de perversité ». La déclaration se termine par une menace terroriste qui frappe ceux qui ont « osé insulter notre prophète, s’être vanté de combattre l’islam ».

Un examen plus approfondi du caractère des attentats révèle avec une clarté croissante leur signification symbolique. Ils ont été effectués un vendredi, la fête musulmane. Les victimes du Bataclan écoutaient de la musique, qui est interdite par l’islam fondamentaliste, et les premières cibles à être atteinte étaient des invités au bar qui buvaient de l’alcool. Le symbolisme a pris une nouvelle dimension lorsque les auteurs ont commencé à tirer sur le public qui écoutait une interprétation par le groupe « Eagles of Death Metal » de sa chanson populaire « Kiss the Devil ».

Dans une série d’images prises quelques instants avant le début du massacre, on voit des membres de l’auditoire confectionner le signe de la main utilisé pour le culte du diable, l’index et le petit doigt levés pour se préparer à chanter, accompagnés des paroles sinistres :

Qui aimera le diable?
Qui chantera sa chanson?
Qui aimera le diable et sa chanson?
J’aimerai le diable!
Je chanterai sa chanson!

Quelle ironie diabolique : le public dans la salle de concert chante au diable et est ensuite abattu de sang froid par des djihadistes prétendant servir Allah en annihilant des païens célébrant et invoquant le diable.

Les Parisiens semblent dépourvus de tout sens de la réalité spirituelle qu’ils invitent. Pourtant, leur invocation a été entendue et répondue.

Quelle scène déchirante. Des serviteurs d’Allah et des fêtards païens devenant un sacrifice de sang diabolique.

En dépit des références constantes et sans équivoque de l’EI à Allah en tant que motivation de ses actes terroristes, les politiciens et les médias refusent systématiquement de reconnaître la religion, sans parler de la mentionner.

Au lieu de cela, ils transforment leur rhétorique en figures fantastiques d’irréalité en soulignant que le monde n’est pas en guerre avec l’islam, étayé par des allégations selon lesquelles l’EI n’est pas islamique, et pour ce faire, ils ont adopté le nouveau nom de marque Daech, apparemment pour exprimer la négation de l’islamisme en tant que foi religieuse.

Lorsque François Hollande a pris la parole au congrès de Versailles peu après les attentats, il a refusé de lier les atrocités commises à l’islam avec même un seul mot. Obama a également répété à maintes reprises que l’Occident n’était pas en guerre avec l’islam.

La religion est donc un tabou total dans le narratif de la lutte contre le terrorisme. Il y a deux raisons à cela. La première est le politiquement correct : l’idéologie du sécularisme énonce la doctrine selon laquelle la religion n’est pas pertinente, car elle n’est pas l’un des idéaux des Lumières et doit donc être ignorée, sauf dans la mesure où elle est transformée en objet de dérision. L’autre raison, plus importante, est qu’il y a peu de sensibilité à la religion et à la spiritualité en Europe – et aucune parmi l’élite politique.

C’est la racine du problème.

Indépendamment de la manière dont on choisit d’interpréter le désir des djihadistes de frapper des « idolâtres (rassemblés) dans une fête de perversité » et l’invocation du diable par son auditoire, cela offre une image forte, ou peut-être plutôt un signe, de ce qui crée et nourrit le terrorisme. La force motrice est spirituelle plutôt que politique.

Le déclin du christianisme en Occident a créé un vide spirituel et moral aux proportions colossales. C’est ce vide qui donne à l’islamisme un élan et une nourriture.

L’Occident ne comprend tout simplement plus la spiritualité et a perdu le contact avec ses fondements spirituels en abandonnant le christianisme, maintenant également banni du traité de l’Union européenne. Plusieurs pays ont supprimé les symboles chrétiens et tous les symboles religieux des espaces publics. En retirant Dieu, ils ont créé un espace vide pour que le mal puisse le remplir. Cela a été combiné à une politique étrangère moralement corrompue qui a accepté le massacre et la décapitation de chrétiens, ce qui équivaut à une destruction des fondements spirituels de l’Europe pour obtenir des gains géopolitiques, le dernier en date étant un changement de régime en Syrie par la suppression du président démocratiquement élu du pays.

Le monstre créé par le rejet du christianisme gagne du pouvoir, alors que le terrorisme s’est développé à partir d’une culture déchristianisée. Le sécularisme et l’islamisme sont les deux faces d’une même spiritualité destructrice, deux parasites se nourrissant l’un l’autre. Tandis que la justice et la miséricorde se combinent dans les vertus qui découlent du christianisme, la justice destructrice de l’islamisme devient de façon flagrante démoniaque. Il n’y a plus de contrepoids spirituel de grâce, de pardon et de charité, mais un contrepoint politique, ce qui est clairement inadéquat.

Le sécularisme, le relativisme des valeurs, le matérialisme et la démocratie en tant que nouvelle religion (idolâtrie dépourvue de divinité) prouvent constamment leur faible insuffisance face à l’islamisme. Les idéologies postchrétiennes ne possèdent aucun noyau de force spirituelle – elles offrent la surveillance et le matériel militaire. Il en faut plus pour gagner une guerre. Cela demande de la force morale. L’Occident a perdu sa force morale, ce qui est manifestement évident dans son approche de la politique étrangère en soutenant des groupes terroristes dits modérés qui manifestent peu de modération en matière de décapitation et dévorant littéralement le cœur de leurs victimes.

L’orgie de mort au Bataclan montre avec une clarté superbe ce qui se produit lorsqu’un peuple tourne le dos au christianisme, invoque des forces diaboliques dans le but de les utiliser à ses propres fins et récolte la moisson amère d’une réalité qu’il aurait dû prévoir.

Si l’Europe ne reconnaît pas le pivot religieux du terrorisme, elle périra ignorante de l’identité de son véritable ennemi. L’Europe restera fatalement faible. Un réveil spirituel est le seul et unique espoir pour l’Europe de rassembler la force nécessaire pour résister à l’EI. Le vide spirituel est aussi un vide de vraies valeurs : le patriotisme, l’honneur, les vertus viriles, les valeurs masculines comme la valeur, le courage, le sacrifice de soi et une foi forte en un Dieu bon et d’amour. Tout cela est indispensable pour que l’Europe puisse vaincre le terrorisme et l’islam radical.

Une telle renaissance spirituelle, une résurgence du christianisme, a balayé la Russie après la fin de la guerre froide. Cela donne à la Russie un sens beaucoup plus clair de ce qu’il faut pour vaincre la terreur et le mal : l’étalonnage correct de la boussole morale, qui vous permet de savoir où vous vous trouvez et où vous devez aller.

L’Europe a vaincu l’islam à plusieurs reprises au cours de l’histoire. Ce fut le cas en Espagne, en France, en Autriche lors de la bataille de Lépante en 1571, et toutes ces victoires furent remportées à une époque où le christianisme était le fondement explicite et reconnu. Maintenant, pour la première fois de l’histoire, l’Europe doit affronter l’islam dans une bataille sans merci, sans le roc du christianisme pour fournir le fondement sur lequel se tenir et sans identifier l’ennemi, et sans admettre qu’elle est en guerre. Pas de boussole pour montrer où elle se trouve, où elle devrait aller, ou pourquoi.

Si l’Europe veut gagner cette bataille, elle doit redécouvrir le christianisme. Le ministre français des Affaires étrangères et fondateur de l’UE, Robert Schumann, a déclaré un jour : « L’Europe ne vivra et ne sera sauvée que dans la mesure où elle sera consciente d’elle-même et de ses responsabilités, lorsqu’elle reviendra aux principes chrétiens de solidarité et de fraternité ».

Si l’Europe persiste à rejeter le christianisme, elle doit renoncer à tout espoir de pouvoir jamais être en mesure de faire face à l’islam et à son terrorisme islamique.

Source : https://lumieremonde.wordpress.com/2019/05/18/le-vide-moral-et-spirituel-de-leurope-invite-aux-actes-de-terrorisme/

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