Le Québec veut servir de précurseur au programme d’identification numérique universelle

Québec – Le Journal de Montréal signale que le gouvernement du Québec veut devenir le gardien des données confidentielles de tous les Québécois et fournir à chaque citoyen sa propre identité numérique. L’ambitieux projet coûtera des milliards de dollars et n’a encore jamais été réalisé ailleurs dans le monde même si le projet d’identité numérique universelle existe très officiellement sous le nom de programme ID2020 financé par la Fondation Bill & Melinda Gates.

Selon un agenda qui devait initialement aboutir en 2021 et a été reporté à 2025, chaque citoyen du Québec devrait être associé à une clef numérique reliée à tous les services de l’État et même à des services privés comme les banques. Le permis de conduire, le dossier d’impôts et les comptes bancaires seront tous consultables via cette seule identité numérique basée sur les chaînes de blocs, une technologie « réputée inviolable » – jusqu’à ce que l’actualité vienne dire le contraire -, selon le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire.

Ce projet géré par le Service québécois d’identité numérique [Big Brother a désormais son ministère au Québec !] sera déployé sur cinq ans si rien ne vient ralentir sa mise en place. « Il n’existe à ce jour aucune solution d’identité numérique basée sur les chaînes de blocs. Nous serons la première société au monde », déclare fièrement le ministre orwellien qui concède qu’il pourrait y avoir des partenariats avec des sociétés privées mais officiellement sous contrôle de l’Etat, ce qui est utopique. « La finalité, c’est que le gouvernement du Québec soit le fournisseur de service. Il se sert des données dont il est le gardien afin de fournir les attestations d’identité », promet-il.

Il y a trois semaines, le conseil des ministres du Québec a accordé un premier budget de 41,8 millions $ pour le développement des deux premières phases de ce mégaprojet. Mais il faudra ensuite mettre au point de nouvelles infrastructures hyper énergivores comme des serveurs et de nouveaux réseaux informatiques. Selon Le Journal de Montréal, il s’agit d’un chantier de plusieurs milliards de dollars. Le ministre Éric Caire l’admet : « Absolument. Si on veut aller chercher l’efficacité du portefeuille numérique, ça veut dire que toute notre façon de gérer notre réseau de la santé va devoir être repensée en fonction de ça. »

Le gouvernement québécois prétend être le seul maître à bord du projet d’identité numérique, mais des entreprises comme Desjardins y seront associées. La multinationale Desjardins a publié une offre d’emploi pour un Responsable de solution d’identité numérique visant la création d’une identité numérique « autosouveraine citoyenne », en collaboration avec des organismes privés et publics québécois. Ce responsable doit faire évoluer deux systèmes permettant aux clients de Desjardins d’avoir accès à leurs comptes bancaires en ligne, soit SecureKey et Vérifiez.Moi. Selon nos informations, le gouvernement a eu de nombreuses discussions avec Desjardins et ses partenaires SecureKey et Vérifiez.Moi durant la création du plan d’affaire sur l’identité numérique.

Le projet implique les principaux départements de l’Etat : Revenu Québec, la Régie de l’assurance maladie et le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Mais qui peut croire que le gouvernement du Québec peut garder le contrôle d’un projet d’une telle envergure alors que seules des entreprises privées ont l’expertise pour mener un projet de la sorte. En outre, de nombreux Québécois s’inquiètent de la sécurité de leurs données et de la surveillance de masse que permet un tel projet.

Pratiquement, cette identité numérique signifierait :

  • en cas de contrôle de police : il identifiera la personne contrôlée à l’aide de son téléphone cellulaire et d’un mouvement devant un détecteur (biométrie). Le policier recevra un certificat d’authentification sur son appareil électronique pour s’assurer qu’il s’agit bien de la personne contrôlée ; en cas d’infraction, par exemple au code de la sécurité routière, elle sera immédiatement inscrite au dossier numérique du contrevenant.
  • que chaque individu s’identifiera à son institution financière à l’aide de son téléphone cellulaire et/ou d’un mouvement devant un détecteur (biométrie) ; grâce à la chaîne de blocs, l’institution financière reçoit du gouvernement la certification qu’il s’agit bien de la personne. Tout est numérisé dans la chaîne de blocs. Big Brother sait tout de vos activités financières.
  • en cas de changement d’adresse, le citoyen doit s’identifier sur une plateforme gouvernementale sécurisée ; le système lié à la chaîne de blocs certifie qu’il s’agit bel et bien de la personne, qu’il n’y a pas eu de tentative de vol d’identité ou de piratage ; les informations personnelles sont mises à jour immédiatement dans son dossier numérique.

Préalablement, sont prévues quatre phases.

Phases 1 et 2 : identifier chaque citoyen et chaque entreprise
Pour confirmer son identité, chaque personne devra utiliser un moyen dit ultra sécuritaire, qui sera défini ultérieurement. Il est question d’un mot de passe complexe, d’un téléphone cellulaire et de la biométrie, c’est-à-dire la reconnaissance de traits du visage ou d’une empreinte digitale.
Échéancier : 2021
Budget : 41,8 M$
Phase 3 : le portefeuille numérique
Éliminer le papier. Numériser et rassembler dans le dossier de chaque citoyen tous les documents qui sont liés à son identité, permis de conduire, dossier à Revenu Québec, numéro d’assurance sociale,…
Échéancier : 2025
Budget : inconnu (2 M$ initialement pour créer le plan d’affaires)
Phase 4 : contrôle des données
Échéancier : inconnu
Budget : inconnu

Source : https://www.medias-presse.info/le-quebec-veut-servir-de-precurseur-au-programme-didentification-numerique-universelle/122602/



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