La Parole de Dieu doit être proclamée partout, tout le temps et avec force

Rendre au christianisme sa grandeur.

– Par Andrew Sandlin.

Les chrétiens sont prompts à blâmer les laïcs et les néo-païens pour la marginalisation culturelle de notre foi, mais cette dernière est due en grande partie à nos propres timidité, compromis et lâcheté. Avant son ascension, notre Seigneur a ordonné aux premiers chrétiens de faire de toutes les nations des disciples (Matthieu 28:18-20). C’était une responsabilité audacieuse qui exige une vie et un message audacieux.

Lors de la première Pentecôte qui suivit la Résurrection, un Pierre radicalement revigoré, autrefois frêle traître qui avait nié le Christ, mais transformé en un féroce proclamateur de Christ (Actes 2), déclara devant des milliers de Juifs : « Maintenant, il est certain que Dieu a fait de ce Jésus, que vous avez crucifié, le Seigneur et le Christ » (v. 36). C’est le message fondamental du Nouveau Testament de l’Église primitive, et c’est le premier credo chrétien : Jésus est Seigneur [1].

Ce message a animé les chrétiens de courage chaque fois que la foi a progressé dans le monde. Malgré les persécutions incessantes, l’Église primitive marchait avec audace en proclamant ce message. En définitive, même l’empereur romain Constantin dut s’incliner devant Christ. Peu à peu, la culture chrétienne se répandait en Occident. En fait, la civilisation occidentale devint en gros synonyme de civilisation chrétienne [2]. La Réforme a cherché à corriger les graves déviances théologiques dans l’Église médiévale, mais elle ne s’est pas opposée à la culture chrétienne. Loin de là. Ses héritiers anglophones, les Puritains, croyaient que toute société devait être gouvernée par la loi de Dieu définie dans la Bible. Les colonies américaines d’Angleterre avaient chacune établi des églises ou des établissements chrétiens sous une forme ou une autre, comme chacune des premières colonies des États-Unis [3].

La gloire s’estompe

Cette grandeur chrétienne d’autrefois est maintenant en retraite partout. Les Lumières européennes du XVIIIe siècle extirpèrent le miraculeux de la Bible. Le romantisme éroda toutes les normes chrétiennes objectives, comme la Bible. Le darwinisme réduisit l’homme à un animal supérieur amoral. Plus récemment, le postmodernisme dépeint l’homme comme s’inventant lui-même et inventant son propre univers conceptuel et moral. Le christianisme est maintenant largement confiné à la vie familiale isolée et à l’église dominicale. Les écoles et les universités chrétiennes parsèment le paysage, mais beaucoup cèdent à l’esprit de l’époque, en particulier au mariage homosexuel. Partout le Jour du Seigneur est déshonoré. Une foi robuste et vigoureuse est en mode de mise hors tension complète.

L’apaisement

Malheureusement, cette érosion a été défendue par les chrétiens eux-mêmes. David VanDrunen, de la Faculté théologique de Westminster de Californie, s’oppose à toute culture chrétienne en dehors de l’Église, niant ainsi la souveraineté de Jésus-Christ dans la plus grande partie de la vie [4]. Pour Willie James Jennings, de la Faculté théologique Fuller, le problème est la culture chrétienne occidentale elle-même [5]. Samir Selmanovic, un responsable de l’Église émergente, écrit que le christianisme a exercé son influence en Occident depuis trop longtemps. Il écrit :

Le christianisme nous a donné la dignité de la personne humaine, l’université, la liberté politique, la science moderne et la médecine, une sexualité purifiée, l’exaltation des femmes, la musique transcendante et l’abolition de l’esclavage. En regardant avec nostalgie l’époque où le christianisme était un empire, nous surveillons inlassablement notre pouvoir, notre croissance, nos chiffres, notre succès financier, notre force politique. Peut-être le temps est-il venu pour le christianisme d’être perdant [6].

C’est là la bêtise pieuse de la religion molle et lâche. Cet apaisement renforce l’inutilité culturelle du christianisme et est devenu l’allié involontaire des laïcs et des païens.

Restauration de la grandeur

Les chrétiens sont tenus d’être humbles à propos d’eux-mêmes, mais jamais à propos de leur Dieu. Si nous nous glorifions, nous devons nous glorifier dans le Seigneur (2 Corinthiens 10:17). Notre Seigneur est un grand Dieu. Il est le souverain du cosmos (Éphésiens 1:20-23). Il dirige l’univers. Son Évangile amène les pécheurs à la repentance et les sauve par sa grâce incomparable. S’il doit y avoir une restauration de la grandeur du christianisme, il doit y avoir un rétablissement de ces convictions qui ont rendu le christianisme grand au départ. Les premiers apôtres annonçaient la Parole de Dieu avec audace. Ils ont été témoins de la résurrection de notre Seigneur. Ils ont entendu de leurs propres oreilles Jésus leur confier le Grand Commandement. Ils savaient que le Seigneur avait promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas contre l’Église lorsqu’elle irait à l’attaque (Matthieu 16:18).

Les exigences de Jésus le Roi ne sont pas des options. Il ordonne à tous les hommes dans le monde entier de se repentir (Actes 17:30) et cela signifie de lui faire confiance pour leur salut, et de se soumettre à son autorité. Le monde entier est soumis à la loi de Dieu (Romains 3:20). Le Grand Commandement est de faire de toutes les nations des disciples avec l’Évangile glorieux, empreint d’amour et obligatoire pour tous les hommes [7]. Cet Évangile transforme les vies et les cultures. Dire que l’Évangile transforme des vies, mais pas des cultures va à l’encontre non seulement d’un témoignage historique abondant [8], mais aussi et surtout de la Bible elle-même. Dans tout ce que les chrétiens font, ils doivent le faire pour la gloire de Dieu (1 Corinthiens 10:31). Jésus est venu pour subordonner tous les ennemis, et non seulement les ennemis non culturels (1 Corinthiens 15:20-27). Ce commandement s’étend bien au-delà de l’Église et de la piété personnelle.

Conclusion

Chaque fois que l’Église a avancé en portant ce message, elle a gagné du terrain. Elle a mis en déroute les forces de Satan, la mort et l’enfer, et a progressivement produit une culture chrétienne. Le christianisme nous a donné la dignité de la personne humaine, l’université, la liberté politique, la science moderne et la médecine, une sexualité purifiée, l’exaltation des femmes, la musique transcendante et l’abolition de l’esclavage [9], choses qui n’ont pas été léguées à la civilisation occidentale par le monde gréco-romain, le paganisme antique, l’islam, la laïcité. Ce sont là les fruits du christianisme. L’Occident en est venu à tenir ces fruits pour acquis, et a supposé qu’il pouvait déraciner l’arbre et encore en obtenir le fruit. Cela est une dangereuse illusion. Comme notre civilisation se détourne de Dieu, elle perdra graduellement les grandes bénédictions qui ont fait d’elle ce qu’elle est.

Pendant ce temps, les chrétiens doivent retrouver leur audace triomphante, proclamant l’Agneau immolé qui est le Lion régnant du ciel. Nous ne devons pas suggérer délicatement que Jésus est la meilleure voie. Nous devons proclamer qu’Il est la seule voie, et que toutes les autres voies mènent à la destruction individuelle, culturelle et éternelle. La vraie grandeur se trouve seulement dans notre grand Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Le perdre, c’est finir par tout perdre, partout. L’avoir, c’est finalement tout avoir, partout.

Notes :

[1] Oscar Cullmann, The Earliest Christian Confessions, Londres, Lutterworth Press, 1949, p. 23.

[2] Christopher Dawson, The Formation of Christendom, New York, Sheed et Ward, 1967, 287.

[3] M. Stanton Evans, The Theme is Freedom (Washington, D.C. : Regnery, 1994), 275-279.

[4] David VanDrunen, “Calvin, Kuyper, and’Christian Culture” dans Always Reformed, R. Scott Clark et Joel E. Kim, éditeurs (Escondido, Californie : Faculté théologique de Westminster, Californie, 2010), 135-153.

[5] Willie James Jennings, « The Fuller Difference: To Be a Christian Intellectual”, Fuller, numéro 4, p. 50-53.

[6] Samir Selmanovic, « The Sweet Problem of Inclusiveness: Finding Our God in the Other », dans An Emergent Manifesto of Hope, Tony Jones et Doug Pagitt, éditeurs (Baker Books, 2007), 198.

[7] Stephen C. Perks, The Great Decommission (Taunton, Angleterre : Kuyper Foundation, 2011), 20.

[8] Christopher Dawson, The Historic Reality of Christian Culture (Londres : Routledge et Kegan Paul, 1960).

[9] Alvin J. Schmidt, Under the Influence, How Christianity Transformed Civilization (Grand Rapids : Zondervan, 2001).

Source : https://lumieremonde.wordpress.com/2019/05/20/rendre-au-christianisme-sa-grandeur-par-andrew-sandlin/

 

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