La marginalisation de la création a ouvert les églises à la théorie du genre et autres mariages pour tous

La création et l’échec des évangéliques.

Par Andrew Sandlin

Si vous vous demandez pourquoi trop d’évangéliques cèdent au « mariage » homosexuel ou à l’ « attirance » vers le même sexe, à la maternité de substitution (grossesse des mères porteuses), à la « fluidité des genres » et à la théorie transgenre, la réponse est qu’une partie de la faute réside dans l’ADN même de l’évangélisme. Les évangéliques sont les hérauts de l’Évangile biblique, la bonne nouvelle selon laquelle Jésus-Christ est mort pour nos péchés et ressuscité des morts pour que les pécheurs puissent être sauvés. C’est là leur spécialité paradigmatique, et nous devrions remercier Dieu de ce qu’ils aient connu un grand succès au cours des deux derniers siècles.

La marginalisation de la création

Mais cette spécialisation a entraîné la marginalisation d’autres parties de la Bible, notamment la création. Non pas que les évangéliques nient la création. Ils sont souvent en première ligne pour défendre la création en six jours et le déluge universel. Cependant, ils ont eu tendance à ne pas intégrer la création dans leur vision du monde. Pire encore : ils n’ont pas compris que la création est le fondement de l’Évangile. Cela est très facile à prouver, si vous y réfléchissez. L’Évangile offre à l’homme le salut qui le délivre du péché, mais qu’est-ce que le péché ? C’est une transgression de la loi de Dieu (1 Jean 3:4). Mais comment cette transgression s’est-elle produite ? Elle est le résultat de la distorsion de la création par l’homme. Les chapitres 1 et 2 de la Genèse présentent des lois ou des normes créationnelles. Cela comprend notamment la distinction Créateur-créature, l’humanité faite à l’image de Dieu, la distinction entre l’homme et la femme dans cette image divine unique, le commandement d’être fécond, le mandat culturel, le sabbat et le caractère bon de la création elle-même. Nous pourrions les appeler le « système d’exploitation » de la création. C’est ainsi que Dieu a conçu le cosmos pour qu’il fonctionne.
Et c’est justement dans ce « système d’exploitation » que le « logiciel » de l’Évangile fonctionne. Le péché a introduit un virus dans ce système d’exploitation. L’objectif de l’Évangile est d’éliminer progressivement ce virus. Le virus n’efface pas le système d’exploitation, mais le détériore. L’Évangile est la mission de Dieu qui consiste à chasser et détruire le virus.

Les évangéliques ont cependant eu tendance à intérioriser, privatiser l’Évangile, à le transformer en gnose. L’Évangile concerne principalement le pardon que Dieu accorde aux pécheurs, leur communion avec lui et leur gloire dans le ciel quand Jésus les prendra avec lui. Il est compréhensible que, dans cette narration, le fait d’aborder le « mariage » homosexuel puisse être une problématique tangente qui a pour effet d’éloigner l’Église de l’Évangile. La maternité de substitution, la collecte des ovules et le transhumanisme (problèmes abordés par exemple par le Centre de bioéthique et de culture) sont, au mieux, une cause secondaire et, au pire, une diversion de la mission de l’Église.
Mais si nous comprenons que l’objectif de l’Évangile est la restauration de l’ordre créationnel de Dieu, l’adhésion croissante à ses normes créationnelles, non seulement pour Sa gloire, mais également pour notre bonheur, nous reconnaîtrons ces tâches et bien d’autres encore dans le cadre de l’Évangile biblique.

Le Médiateur de la Création

Une faille théologique fondamentale est à l’origine de cet Évangile tronqué. Les évangéliques modernes voient en Jésus le médiateur de la rédemption, mais semblent moins intéressés par lui comme médiateur de la création. Mais la Bible enseigne clairement les deux. Voyez ce que Paul écrit dans Colossiens 1:13-19 :

« Il [Dieu le Père] nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de Son amour, en qui nous avons la rédemption par Son sang, le pardon des péchés [ici, Jésus est le médiateur de la rédemption]. Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car c’est par Lui qu’ont été créées toutes choses qui sont dans les cieux et qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, qu’il s’agisse de trônes, de dominations, de principautés ou de pouvoirs. Toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui. Et Il est avant toutes choses, et en Lui toutes choses subsistent [voici Jésus comme le médiateur de la création]. Et Il est la tête du corps, l’Église, le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses Il ait la prééminence. Car il a plu au Père qu’en lui habite toute la plénitude, et de tout réconcilier avec lui-même, par lui, que ce soit sur la terre ou dans les cieux, ayant fait la paix par le sang de sa croix. »

Pour Paul, les rôles de médiateur de Jésus à la fois dans la création et dans la rédemption œuvrent ensemble pour transmettre la plénitude de Dieu au cosmos et au sein de ce dernier. Le Jésus qui est mort sur la vieille croix rugueuse est le même Jésus qui a façonné les lois de l’univers et qui soutient son existence.
Parce que les évangéliques ont adopté une vision tronquée de la Bible, parce qu’ils ont mis l’accent sur l’Évangile (interprété de façon étroite) comme le thème unique, total et suprême de la Bible, ils ont été prêts à sacrifier les vérités créationnelles plus fondamentales sur lesquelles le véritable Évangile est fondé. Ils n’avaient pas l’intention de faire cela. Et si quelqu’un leur avait dit, il y a seulement vingt ans, qu’un jour ils approuveraient ou succomberaient à la « fluidité des genres » ou au « mariage » homosexuel, ils se seraient moqués. Mais leur préoccupation à l’égard d’une seule partie vitale de la Bible et leur relative négligence d’autres parties vitales ont ouvert la voie à ces changements profonds. Les germes des compromis actuels étaient là depuis le début. La négligence n’était pas intentionnelle, mais c’était de la négligence tout de même, et nous en payons maintenant le prix fort.

La solution à cette négligence est un retour à une vision robuste et bien ancrée de la création et des normes créationnelles. Prêchons le Jésus de la vieille Croix rugueuse et le Jésus de la vérité encore plus ancienne de sa souveraineté sur la création.

Source : https://lumieremonde.wordpress.com/2019/05/20/la-creation-et-lechec-des-evangeliques/

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