La liberté religieuse en Chine : un mythe du PCC

Un moine Shaolin en visite à Shanghai, le 09 juin 2006. ( MARK RALSTON/AFP via Getty Images)

Le contrôle rigoureux de l’expression religieuse exercé par le PCC depuis 1949 s’intensifie ces dernières années.

L’expression religieuse est étroitement contrôlée par le Parti communiste chinois (PCC) de manière à propager une politique socialiste destinée à soutenir les objectifs de l’État.

La propagande des médias d’État de la Chine communiste ne s’arrête jamais, mais il arrive que les mensonges dépassent les limites de l’absurde. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de religion – ou, plus précisément, de sa suppression. Par exemple, voici un titre extrait de la version anglaise du quotidien d’État China Daily : « La liberté religieuse où l’unité ethnique mise en valeur ». Relevons la première phrase de l’article : « Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois, a insisté sur l’importance d’appliquer pleinement les théories et la politique du Parti relatives aux groupes ethniques afin de promouvoir davantage l’égalité, l’unité, l’assistance mutuelle et l’harmonie entre tous ces groupes. » La réalité est que ces objectifs louables sont déterminés arbitrairement par le PCC, et non par la libre expression religieuse d’un peuple indépendant.

Examinons en quoi consiste en pratique la « liberté religieuse » en Chine, car cet article du China Daily masque des décennies de persécution religieuse.

À l’instar des marxistes, depuis sa fondation en 1921, le PCC, a pratiqué le conditionnement de la pensée et persécuté sans relâche les groupes spirituels. À l’exception de cinq religions reconnues par l’État, le PCC, par le biais du Bureau des affaires religieuses, a interdit la pratique de toute autre religion lors de son accession au pouvoir en 1949. Au fil des ans, les mesures prises par le Bureau des affaires religieuses ont consisté à conditionner la pensée, à persécuter et à étouffer toute spiritualité authentique et donc non conforme au PCC.

Durant la révolution culturelle insensée de Mao Zedong (1966-76) la répression des religions était au plus fort. Des millions de Chinois ont été persécutés, torturés et tués pour leurs croyances.

Des fidèles catholiques chinois s’agenouillent et prient pendant la messe du dimanche des Rameaux pendant la semaine sainte de Pâques dans une église « souterraine » ou « non officielle » près de Shijiazhuang, dans la province du Hebei, en Chine, le 9 avril 2017. La Chine, pays officiellement athée, impose un certain nombre de restrictions aux chrétiens, n’autorisant la pratique légale de la foi que dans les églises approuvées par l’État. Cette politique a poussé un nombre croissant de chrétiens et de chrétiens convertis dans la clandestinité vers des congrégations secrètes organisées dans des maisons privées et d’autres lieux. (Kevin Frayer/Getty Images)

Depuis 1949, il existe cinq religions officiellement reconnues par les communistes chinois : le bouddhisme, le taoïsme, le protestantisme, le catholicisme et l’islam. Du fait de leur reconnaissance officielle, le gouvernement autorise leurs lieux de cultes à fonctionner sous l’œil vigilant des bureaux municipaux de sécurité publique et du département du travail du Front uni.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la persécution religieuse a augmenté. Un rapport de 2016 de l’organisation caritative chrétienne China Aid révèle que la persécution religieuse du PCC atteint le niveau le plus élevé « depuis la révolution culturelle ».

La persécution religieuse dans la Chine de Xi Jinping est intégrale et omniprésente. Selon un rapport de Freedom House en 2020 :

  • Tous les chefs religieux sont contrôlés pour leur fiabilité politique, par exemple, l’adhésion aux politiques du PCC ;
  • Des limites sont imposées au nombre de prêtres, de pasteurs et d’autres chefs religieux ;
  • Au moins 100 millions de chrétiens protestants, de bouddhistes tibétains, de musulmans ouïghours et de pratiquants de Falun Gong sont victimes de persécutions sous une forme ou une autre ;
  • Les musulmans du Xinjiang sont particulièrement visés, la répression ayant interdit le port de vêtements religieux traditionnels, la fréquentation des mosquées, et même le choix du nom des nouveau-nés ;
  • Les camps de rééducation gérés par l’État dans le Xinjiang utilisent un système de points pour mesurer l’efficacité des efforts de « rééducation » idéologique et déterminer si les détenus peuvent être libérés.

La pression sur les religions en Chine s’est intensifiée de façon spectaculaire avec la mise en œuvre de nouvelles règles pour les groupes religieux début 2020. Six chapitres et 41 articles détaillent les nouvelles mesures administratives qui régissent « l’organisation, les fonctions, la supervision et la gestion des groupes religieux ». L’article 3 stipule que le clergé doit « aimer la mère patrie, soutenir la direction du Parti communiste chinois (PCC) et soutenir le système socialiste ». L’un des objectifs de ces nouvelles mesures est de réinterpréter l’enseignement chrétien selon la doctrine socialiste du PCC. Toutes les religions sont contraintes de mettre en avant la culture chinoise et de rappeler leur soutien au PCC dans leur pratique.

Les pressions exercées sur les « religions illégales » se sont également accélérées en 2021, comme le rapporte Chinascope. Les religions illégales désignent « les églises de maison chrétiennes, les églises souterraines catholiques, ou certaines organisations bouddhistes, taoïstes, islamiques ou autres organisations religieuses qui ne participent pas aux activités religieuses officielles », selon Chinascope. Seules les cinq religions approuvées par l’État, étroitement contrôlées et corrompues, sont autorisées à pratiquer des versions perverties de leurs activités religieuses en Chine. La possibilité pour les gens d’exprimer librement leur foi religieuse n’est tout simplement pas autorisée dans le pays.

L’objectif de la persécution religieuse est de contrôler les pensées et les croyances intimes du peuple chinois : Il s’agit de vérifier toutes les activités et expressions religieuses afin de garantir la conformité de la pensée approuvée par l’État parmi tous les citoyens. Il s’agit également d’une forme de guerre psychologique contre les citoyens chinois – une pression constante pour que ceux-ci se conforment aux politiques du PCC en pensée, en paroles et en actes. Le libre examen de concepts religieux, en particulier ceux qui font référence à une puissance spirituelle supérieure au gouvernement, est contraire à la doctrine du Parti et ne peut en aucun cas être toléré.

Le terme d’« activités religieuses officielles » n’est rien moins qu’un euphémisme marxiste typique faisant référence aux religions organisées facilement surveillées par le gouvernement et ses informateurs, en particulier le Département du travail du Front uni de Pékin. Comme le rapporte Chinascope, le pasteur Liu Yi, qui a fui les persécutions du PCC pour fonder la Chinese Christian Fellowship of Righteousness en Californie, a déclaré sur la base de son expérience personnelle : « Le [PCC] a instrumentalisé l’église pour en faire le héraut de ses politiques. Par exemple, les ‘sermons’ d’une église du Zhejiang qui circulent en ligne sont très révélateurs. Ils ne prêchent pas la Bible, mais la propagande du Parti communiste. »

Ainsi en est-il des « activités religieuses officielles » telles qu’approuvées par les communistes. Les églises officielles de Chine sont neutralisées tout comme l’était l’Église orthodoxe russe durant l’ère soviétique (et depuis).

Les adeptes du Falun Gong sont également persécutés cruellement par le PCC, qui les considère comme une menace directe pour sa légitimité, car il s’agit d’un mouvement religieux national et traditionnel échappant à son contrôle, contrairement aux cinq religions « officielles » lourdement réglementées. Les trois principes du Falun Gong sont la vérité, la compassion et la tolérance, ce qui est tout à fait contraire aux principes du PCC. Le PCC s’appuie souvent sur la xénophobie chinoise pour contrôler les masses et attiser l’animosité contre des pratiques religieuses qui paraissent exotiques. Mais cela ne peut pas fonctionner avec le Falun Gong, dont les adeptes, par ailleurs, pratiquent la désobéissance civile à grande échelle et propagent en toute impunité une littérature clandestine anti-PCC. De ce fait, les supprimer est une priorité absolue.

Des pratiquants de Falun Gong lors d’une veillée commémorant le 22e anniversaire de la persécution en Chine, à Los Angeles, en Californie, le 18 juillet 2021. (Avec l’aimable autorisation de Debora Cheng)

Dans les sociétés communistes parvenues à maturité, des sociétés ou un parti communiste maintient son contrôle depuis des décennies, la persécution religieuse croît et décroît généralement selon que la classe dirigeante soient assurée ou pas de tenir étroitement la population sous sa coupe. Malgré l’article du China Daily qui se positionne favorablement vis à vis de la religion, la persécution religieuse en Chine est en constante augmentation, en particulier à l’encontre des Ouïghours, des Tibétains et du Falun Gong. Cela pourrait être une indication que Xi Jinping et le Comité central se sentent menacés par les événements mondiaux et cherchent à assurer la « stabilité intérieure » afin de mieux se concentrer sur les affaires étrangères. Une population docile est essentielle à la poursuite par le PCC d’intérêts au-delà du continent, notamment à Hong Kong, à Taïwan et en Afghanistan.

La liberté religieuse en Chine – comme pratiquement tous les récits propagés par les médias d’État chinois – est un mythe. La vérité se situe rigoureusement à l’opposé. La persécution religieuse s’intensifie chaque fois que le contrôle du PCC est menacé. Alors que le monde découvre enfin les véritables origines du virus du PCC (plus connu sous le nom de nouveau coronavirus), ainsi que les mesures extrêmes prises par le régime chinois pour détruire et retenir les données médicales des autres pays, la pression pour tenir des comptes et réclamer des compensations va augmenter sans pouvoir freiner.

Malgré les efforts frénétiques des médias d’État contrôlés par le PCC pour rejeter la faute sur d’autres, l’intensification de la persécution religieuse dans la Chine communiste pourrait bien être le signe avant-coureur de temps sombres à venir – pour le peuple chinois lui-même et très probablement aussi pour l’ensemble du monde, le régime du PCC étant soumis à des pressions croissantes.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

Source : https://fr.theepochtimes.com/la-liberte-religieuse-en-chine-un-mythe-du-pcc-1863586.html

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