La farce de la Force

Que la farce ne vous ensorcelle pas.

[1]

Ne faites pas confiance à vos émotions sur ce coup-là.
Pendant 40 ans, l’industrie de Star Wars a encouragé une vision du monde qui ne peut tout simplement pas résister à l’examen.
Il est temps de revenir à la réalité.

David F. Coppedge (CEH – 2 janvier 2018)

Tout le monde aime une bonne histoire. Il ne fait aucun doute que les films Star Wars proposent des histoires amusantes, accompagnées d’images époustouflantes, des trames sonores incomparables de John Williams, de bons acteurs et beaucoup d’action. Tandis que The Last Jedi joue dans les cinémas IMAX, les spectateurs sont submergés par des effets spéciaux, des histoires, des sons impressionnants, des batailles épiques – et une fausse religion. Dès le premier épisode en 1977, les spectateurs s’identifient avec le jeune Skywalker alors que le maître Jedi lui disait, « Fais confiance à tes émotions, Luke. » Maintenant, le vieux Jedi désespère d’apprendre à son apprenti les tours de magie de la Force. Tout est une question d’équilibre, lui conseille-t-il. Le côté lumineux et le côté obscur de cette Force inexplicable doivent être maintenus en équilibre. La Force peut lancer des objets (et des acteurs) dans l’air et manipuler les esprits. Le cinéphile, cependant, à la fin de l’aventure, quittera la salle de cinéma avec les pieds sur terre, incapable de faire même voler ses clés jusqu’à sa voiture. Et s’il avait vu les producteurs et les acteurs au travail, il les aurait aussi vus collés à la réalité de la gravité. Ce ne sont pas les humanoïdes que vous recherchez…,

«Tes mains m’ont créé, elles m’ont formé; donne-moi l’intelligence, pour que j’apprenne tes commandements. Psaume 119: 73 Si une vie non examinée ne vaut pas la peine d’être vécue, comme l’a enseigné Socrate, la religion (ou la vision du monde) non examinée ne vaut pas la peine d’être vécue. Examinons cette « religion » de la Force issue de l’imagination de George Lucas en posant quelques questions pertinentes à ce sujet. Mon but n’est pas d’être cynique ou de gâcher une bonne réalisation cinématographique, intelligemment conçue. Au contraire, j’ai énormément confiance, par expérience personnelle, que s’échapper à la réalité et vivre dans la lumière est en réalité beaucoup plus satisfaisant – même revigorant – que de s’appuyer sur des mythes sombres sur des fantasmes non examinés.

Pensez à cet enseignement touchant l’équilibre entre les côtés sombres et lumineux de la Force. Même Luke, dans son vieil âge, semble en comprendre le désespoir. Le meilleur des mondes possibles, dans cette fausse religion, est de souhaiter « l’équilibre ». Ce que cela implique, c’est que le bien et le mal doivent toujours coexister… Vous ne voulez pas être trop bon, car vous allez perturber l’équilibre. Équilibre: bien. Déséquilibre: mal.

Mais puisque le côté obscur ne peut jamais détruire complètement le côté lumineux, le côté lumineux a donc besoin du côté obscur pour garder l’équilibre – ce qui implique que le mal est en fait une bonne chose! Quel sens cela a-t-il? C’est comme dire que la vérité a besoin de mensonges pour garder un équilibre. Comment cela motive-t-il la Rébellion à poursuivre le combat? Comment cela inspire-t-il les jeunes dans les scènes finales du film, qui seront vraisemblablement les prochains combattants de la liberté dans l’épisode IX, à suivre l’exemple de Maître Luke, leur héros beau comme un dieu?

Une autre conséquence de cette doctrine est que vous ne pouvez pas vraiment dire quel côté est lumineux et quel côté est sombre. L’empereur maléfique croit qu’il est du bon côté de l’histoire. Les rebelles sont méchants et doivent être écrasés. Luke et les « gentils » que l’industrie de Star Wars tente de rendre sympathiques aux cinéphiles pourraient être des démons; comment savoir? Tout dépend de quel côté vous êtes. Le seul argument que Luke, Leia, Yoda et tous les rebelles pourraient faire valoir serait de faire appel à un Dieu indépendant, immuable et moralisateur.

Crédit: Lucasfilm

Vous pouvez être sûr que le côté obscur se moque bien de l’idée d’équilibre. Il aspire à un contrôle totalitaire total et complet. Il est comme le Komintern, dont le but était d’éliminer le capitalisme et d’établir le communisme mondial. Malgré le désir d’équilibre de Luke, il se retrouve dans la position de l’homme qui gèle qui négocie avec un ours affamé pour un manteau de fourrure. Pensez au compromis auquel ils arrivent.

Probablement le pire aspect de la farce de la Force est son caractère impersonnel. Peut-être que George Lucas a voulu éviter la controverse en refusant d’identifier une figure divine avec un nom dans ses histoires. (Il a le complexe Yoda ultime.) Mais cette solution était pire que le problème qu’il envisageait. Une force aveugle (qu’aucun des films ne parvient à identifier avec une quelconque clarté scientifique ou philosophique) est amorale à moins d’être empreinte d’un standard moral établi par un Être personnel qui peut non seulement définir le bien et le mal, mais demander aux êtres conscients d’en rendre des comptes.

Dans le christianisme, nous avons un pouvoir comme la prière que Dieu entend et à laquelle Il peut répondre en accord avec Sa volonté souveraine. Mais ce n’est pas une « force ». C’est une communication entre personnes, pas une manipulation de quelque chose d’aveugle. Vous ne voyez pas Luke prier la Force afin d’être miséricordieux et gracieux. Luke n’a pas de comptes à rendre envers la Force; c’est la Force qui doit lui rendre des comptes. Il est le « dieu » dans cette mythologie. Un dieu, qui a probablement évolué comme les autres créatures marionnettes dans les faux mondes sur l’écran d’argent, mais qui vieillit et meurt.

Si le scénario de Star Wars est bon pour la magie du cinéma, sur le plan philosophique il est bête. Pensez à cette analogie: des tapis volants. Ils ont un côté supérieur et un côté inférieur. Les tapis volants peuvent être manipulés par ceux qui les dirigent. Certains choisiront de voler sur le côté supérieur, d’autres sur le côté inférieur. Des batailles épiques s’ensuivent; imaginez les effets spéciaux et la musique dramatique qui pourraient faire de cette mythologie une superproduction! Tout ça pour quoi? Rien. Le côté droit du tapis dépend uniquement du contexte environnemental et des préférences de l’utilisateur. Dans Star Wars, qui peut dire que les chasseurs-tie, du côté obscur, sont moins justes que les chasseurs  X-wing, du côté lumineux? Les deux se font exploser avec passion. C’est comme le football; la bonne équipe dépend de qui vous avez encouragé entre la Géorgie ou l’Oklahoma hier [au football américain]. Tout ça n’a rien de moral.

Peut-être que George Lucas a inventé sa religion bidon pour une galaxie lointaine, très lointaine, mais pas pour la nôtre. Est-ce que cela en fait une force locale? Chaque galaxie a-t-elle ses propres lois de la nature? Si c’est le cas, alors on nage dans la futilité et le désespoir. Rien de moral ici non plus. Une religion ou une vision du monde satisfaisante doit englober toute la réalité. Cela doit être vrai pour l’Univers, pas seulement pour un lieu ou un moment dans le temps. La farce de la Force ressemble en fait à de la sorcellerie. Les sorcières et sorciers gagnaient en habileté, méditant sur les anciens textes d’incantations, pour contrôler les forces de la nature avec leurs esprits. C’est aussi vieux que le diable. Ne laissez pas la farce de la Force vous ensorceler.

Et rappelez-vous: il n’y a aucune preuve de l’existence d’extraterrestres dans l’Univers. Pour autant que nous le sachions, cette galaxie lointaine, très lointaine, comporte beaucoup d’hydrogène, mais pas grand-chose d’autre.

Puisqu’il est question d’extraterrestres, nous voulons vous rappeler d’acheter vos billets pour l’excellent documentaire de CMI, Alien Intrusion: Unmasking a Deception. Il arrive dans les cinémas des États-Unis pour une nuit seulement, le jeudi 11 janvier 2018. Visitez AlienIntrusion.com pour trouver une salle près de chez vous et achetez vos billets à l’avance. Emmenez une foule si vous le pouvez. La moitié des êtres humains croient aux extraterrestres de l’espace (voir 12/10/17). C’est un film « réalité » utile pour faire la lumière sur le côté obscur des visions du monde non examinées.


Commentaire du webmestre

Comme le souligne Coppedge, la « philosophie/vision du monde Star Wars » présuppose un manichéisme superficiel qui ne tient pas la route s’il est examiné de plus près. D’autre part, ce dernier épisode de la série Star Wars (maintenant sous la griffe de la multinationale, et très politiquement correct, Disney) comporte un sexisme méprisant à l’égard des hommes où certaines répliques de personnages féminins, touchant les hommes, qui me semblent d’un sexisme condescendant, tout à fait du même ordre que l’on pouvait rencontrer des années 1950 où deux hommes examinent, dans une revue, une pub pour vendre une automobile avec une femme plantureuse allongée (comme une décoration) sur le capot d’une voiture neuve. Et l’un des hommes, après une bouffée de sa cigarette, sourit et observe « Ah, on le sait, elles ne sont bonnes qu’à ça… »  Évidemment si un tel mépris de la femme fut exprimé de la sorte aujourd’hui, alors on se mettrait à hurler sur tous les toits, mais lorsque des préjugés comparables sont exprimés par une femme et visent le mâle, alors tout ça est bien naturel, pas de souci…

Et bien, dans The Last Jedi, on entend des répliques de femmes où l’attitude envers le mâle est tout à fait du même ordre. En somme, dans cette logique le mâle n’a de valeur qu’en tant que figurant dans un fantasme féminin[2]. Et en tant que détenteur de quelque forme d’autorité, il n’a droit, dans notre culture postmoderne, qu’au mépris. Et non, le sexisme (et le mépris) dans la bouche d’une femme reste du sexisme… Et pour vous sauver le prix du billet (de toute manière, les lunettes 3D c’est du bidon, et ne sert qu’à gonfler le prix du billet), tous les rôles majeurs (et toutes les interventions significatives ou altruistes) dans cet épisode sont joués que par des personnages féminins. Chose certaine, toute la sagesse, toute la raison et toute altruisme ne réside qu’en ELLES. Même Luke Skywalker, pour ne pas trop encombrer l‘écran, se fait assez rapidement un hara-kiri plus ou moins honorable… Le message est clair, le mâle qui joue un rôle de leadership véritable est de trop…

Au Québec, selon la salade postmoderne que l’on rencontre dans les mass medias (télé-romans, films, etc.), l’homme nous est présenté comme un imbécile et/ou un clown, un incompétent, un exploiteur et abuseur sexuel en série à la Harvey Weinstein. Cette culture exprime donc un profond mépris du mâle. Mais souvent la femme s’illusionne dans ses rapports aux hommes avec un genre de complexe du messie. Et, à la fin, son comportement démontre qu’elle pense que le bad-boy, le truant (avec une belle gueule), ELLE saura l’apprivoiser et le sauver de sa bêtise par la baguette magique de sa sexualité féminine, et en faire un homme vertueux, responsable, travaillant, civilisé, etc. On sait comment finit cette histoire. Combien de filles-mères sont le résultat de jeunes femmes ayant bouffé de tels petits mensonges ? Le seul rôle positif (et éphémère) qu’accordent nos médias postmodernes aux hommes est celui de trophée. Évidemment le trophée c’est le sucess-story, le conquérant, le super-héros, le gars riche à craquer (ou en d’autres termes, l’homme qui a fait des exploits athlétiques, artistiques, intellectuels, financiers, militaires, etc…), celui que la société met sur un piédestal. Dès lors, il devient objet (et oui, OBJET) de convoitise féminin… Et son rôle, ultime ? Mettre tout ça aux pieds d’une femme afin de flatter son ego féminin et faire trotter ses pensées inexprimées : « Ah, si un tel homme se propose à moi, c’est certain que MOI je suis une femme de grande valeur ! » Mais elles n’avoueront jamais…


 [1] – Traduction Fabrice Bect.

[2] – Particulièrement s’il chante, haut et fort, les louanges de la divinité féminine, la mettant ainsi sur un piédestal où tous peuvent l’admirer. Les Julio Iglesias de la planète feront toujours de très bonnes affaires… De l’autre côté, pour étouffer toute remise en question sérieuse de la part d’un mâle, de comportements ou d’attitudes féminins, un tel mâle imprudent sera automatiquement jugé d’un crime de lèse-majesté, c’est-à-dire coupable de misogynie. Et ce verdict sera évidemment sans appel.

Source : https://crev.info/2018/01/may-farce-not-bewitch/

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