La foi chrétienne est bonne pour la santé

La religion est bonne pour votre santé.

Nancy Pearcey

Un autre exemple des plus inspirants est celui du regretté David Larson, qui à lui seul ou presque a inversé la tendance dans le milieu médical en matière de religion et de santé. Larson, docteur en psychiatrie, fut invité à quitter la profession. Le stéréotype de l’institution voulait alors que la croyance religieuse soit associée à la maladie mentale. Depuis les déclarations de Freud qui assimilait la croyance en Dieu à « une névrose obsessionnelle universelle, »[1] la définition était devenue un dogme : la religion est nuisible à la santé mentale; c’est même une pathologie.

Larson n’abandonna pas, et au fil du temps ses recherches lui démontrèrent que le stéréotype appliqué à la religion ne correspondait pas à la réalité. La conclusion allait même dans le sens inverse : les sujets pratiquant une religion appartenaient plutôt aux groupes en bonne santé. Larson commença ses propres recherches et fonda l’Institut National de Recherche sur la Santé (NIHR, National Institute for Healthcare Research), dont les très nombreuses études confirment que la croyance religieuse (ce qui signifie en gros le christianisme en Amérique) a une réelle corrélation avec un meilleur état de santé mentale. Il est maintenant largement admis que les gens qui adhèrent à une croyance religieuse sont moins sujets à la dépression, au suicide, aux addictions à la drogue et à l’alcool, sans parler d’autres pathologies sociales.

D’où vient que les scientifiques ont si longtemps négligé la religion comme facteur de bien-être mental ? Comment ont-ils pu aller jusqu’à l’assimiler à une forme de déséquilibre mental ? Si l’étude de la santé mentale est une science, comme ses praticiens aiment à le proclamer, ce n’était pas « une négligence mineure, » écrit Patrick Glynn dans God : The Evidence. « Cela montre les abus auxquels le terme de ‘science’ a pu conduire les penseurs de la modernité pour dissimuler ce qui équivaut peu ou prou à un préjugé préalable contre la notion même de Dieu. »[2]

Plus surprenant encore, la croyance religieuse est aussi en corrélation avec une meilleure condition physique – les taux étant inférieurs pour pratiquement toutes les maladies, depuis le cancer jusqu’à l’hypertension et les maladies cardiovasculaires. Les gens religieux qui tombent malades se rétablissent plus vite. Le taux de mortalité est même plus bas – ils vivent plus longtemps – ce qui, pour les professionnels de la santé, constitue l’indicateur de base (les démographes modernes considèrent l’espérance de vie comme le meilleur indice de la qualité de vie). En résumé, tous ceux qui vont à l’église régulièrement sont plus heureux, en meilleure santé et vivent même plus longtemps.

Glynn dénonce l’étonnante ironie de la situation. Les prophètes de la modernité « avaient affirmé que la spiritualité révèlerait un jour son origine physique » – mais « c’est à peu près l’inverse qui s’est produit : la santé a révélé son origine spirituelle. »[3]

Voici quinze ans à peine, les recherches sur les liens entre la religion et la santé ne pouvaient pas même être publiées. Larson fit observer un jour que « ce type de recherche pourrait presque être décrit comme une activité faisant obstacle à la titularisation. » « La recherche sur la religion était presque inconnue et mes collègues estimaient qu’elle mettait en danger la carrière académique. »[4] Les choses ont changé. Les chercheurs non chrétiens admettent peu à peu les corrélations. Herbert Benson (de l’Université de Harvard), qui ne se déclare pas croyant, est célèbre pour sa saisissante formule selon laquelle nous sommes tous « branchés sur Dieu. »[5] Nos corps, dit-il, fonctionnent tout simplement mieux quand nous avons foi en Dieu.

Guenter Lewy, auteur du livre Why America Needs Religion, fut un autre incroyant persuadé, lui aussi, par des preuves accablantes, imparables. Il avait commencé par rédiger un livre sur le thème opposé – pourquoi l’Amérique n’a pas besoin de la religion. De nombreux hommes politiques conservateurs ont affirmé le rôle fondamental de lareligion pour la morale et l’équilibre social, et Lewy avait l’intention de leur montrer leur erreur. Son livre se voulait selon ses propres termes « une défense de l’humanisme séculier et du relativisme éthique. »[6]

Mais l’examen des preuves amena Lewy à revoir complètement sa position. Il finit par rédiger un ouvrage dans lequel il avance que la religion, en particulier le christianisme, est corrélée à des taux très bas de pathologies sociales comme la délinquance, la drogue, la natalité chez les adolescentes, et les foyers en crise. Pour le dire en termes positifs, le christianisme motive des attitudes qui signalent une société en bonne santé, tels la responsabilité, l’honnêteté, la compassion et l’altruisme. « Il conclut ainsi : ‘Contrairement aux attentes des « Lumières, » « la libération des chaînes de la religion traditionnelle ne conduit pas au progrès moral des individus. » Tout au contraire, les faits démontrent maintenant qu’ »aucune société n’est encore parvenue à enseigner la morale sans la religion. »[7]

Les faits vont aujourd’hui dans le même sens : La science elle-même confirme en effet l’action pertinente des principes bibliques dans le monde – ce qui est un fort indice de leur véridicité. La Bible décrit les modes de fonctionnement des êtres humains créés par Dieu, et ses prescriptions nous rendent plus heureux et plus sains dans la mesure où nous les suivons. Il n’y a pas de meilleure grille de lecture des données positives de la création que des vies (les nôtres) en phase avec la structure objective de la réalité.

Référence : Nancy Pearcey, Vérité totaleLe christianisme libéré de sa captivité culturelle, Les Éditions La Lumière, décembre 2015, 610 pages.

Notes :

[1] Sigmund Freud. The Future of an Illusion, traduit et édité par James Strachey (New York: Norton, 1961), 43.

[2] Patrick Glynn, God, The Evidence: The Reconciliation of Faith and Reason in a Post-secular World (Rocklin, Californie: Prima, 1997), 62.

[3] Glynn, God, The Evidence, 20. J’ai écrit bien davantage au sujet des preuves médicales soutenant une relation positive entre foi et santé dans “Don’t Worry, Be Religious,” chapitre 32 dans How Now? Voir aussi Dale A. Matthews, Michael E. McCullough, David B. Larson, Harold G. Koenig, James P. Swyers et Mary Greenwold Milano, “Religious Commitment and Health Status: A Review of the Research and Implications for Family Medicine,” dans Archives of Family Medicine 7, n°2 (mars/avril 1998), disponible à l’adresse .

[4] Cité dans un communiqué de presse du Centre International pour l’Intégration de la Santé et de la Spiritualité, “Scientists, Doctors Gather to Define and Measure Spirituality,” 15 janvier 1997, disponible à l’adresse http://www.nihr.org/programs/archivedreleases.cfm.

[5] Voir, par exemple, l’interview avec Benson par John Koch dans The Boston Globe Magazine, 9 novembre 1997, disponible à l’adresse .

[6] Guenter Lewy, Why America Needs Religion (Grand Rapids, Michigan: Eerdmans, 1996), x.

[7] Ibid., 132-133.



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