Emballages toxiques : comment la grande distribution nous empoisonne

poison

42 produits qu’on a dans nos placards contiennent des hydrocarbures à des niveaux préoccupants.

En matière de sécurité alimentaire, il y a étude et étude. Celle hier évoquée, signée de scientifiques américains osant mettre sur le même plan leurs bœufs industriels et nos bonnes charolaises ou limousines, leurs jambons de synthèse et nos cochonnailles de terroir. L’autre, qui vient de sortir, nous met en garde quant à la nocivité de certains emballages de la grande distribution.
Là, c’est déjà plus sérieux et autrement plus inquiétant. Et Le Parisien d’hier de révéler : « 42 produits qu’on a dans nos placards contiennent des hydrocarbures à des niveaux préoccupants. Il s’agit d’huiles minérales, des dérivés de pétrole, présents dans les cartons d’emballage et qui se retrouvent, après un contact prolongé avec les aliments, dans nos assiettes. »

Comme on pouvait s’en douter, les produits dits « de marque de distributeurs » sont les plus touchés. De quoi s’agit-il ? De la dernière arnaque de la grande distribution.

Ainsi suffit-il qu’une marque investisse des millions d’euros dans un nouveau produit pour que les enseignes de la grande distribution le copient sans vergogne. Pour ensuite le mettre en vente, en moins cher et généralement en moins bon. Très logiquement, ces produits de quasi-contrefaçon sont immanquablement mieux placés en gondole et rayonnage que les originaux. Même des groupes tels que Nestlé peinent à lutter contre ces pratiques au bord de l’illégalité.

Comme toujours, la course au profit et aux économies sans fin. Mais il y a bien un moment où il faut payer le juste prix, chaque chose ayant un coût légitime, s’agissant de rétribuer le travail de tel ou tel, et du producteur au premier chef. À propos de ces emballages toxiques, cité par Le Parisien, Olivier Andrault, chargé du dossier à l’UFC-Que Choisir, révèle : « Nous appelons ça la migration des emballages dans les aliments. En France, nous avons tiré la sonnette d’alarme dès 2011. Depuis, c’est le silence radio. L’industrie agroalimentaire devrait passer aux huiles végétales non toxiques, mais elles coûtent plus cher… »

Toujours la même histoire et les politiques à courte vue. S’en mettre plein les fouilles en un minimum de temps possible. Il ne serait pas illicite que nos écologistes s’emparent enfin de tels problèmes – après tout, n’ont-ils pas un groupe à l’Assemblée nationale et l’autre au Sénat ? Mais qu’en font-ils, hormis se perdre dans des querelles internes dans lesquelles mêmes leurs militants historiques finissent par ne plus rien y comprendre ?

Pis : quand ils sont audibles, c’est pour relayer les revendications sociétales de lobbies ne représentant généralement qu’eux-mêmes. Les lobbies LGBT et Act Up ? Tous adhérents confondus, ces deux associations peinent à rassembler trois milliers de membres ; à côté, les Raéliens sont une organisation de masse…

En revanche, sur les pesticides, la mort programmée des abeilles, les menées souterraines de multinationales telles que Monsanto, silence radio. Alors, leur parler d’écologie humaine, mission impossible… C’en est à ce point qu’une vieille copine, conseillère régionale écologiste, en est réduite à faire discrètement front avec le… Front national. « Ce n’est pas toujours de gaieté de cœur, mais eux au moins s’intéressent à ces sujets que les Verts ont depuis longtemps abandonnés ! »

C’est dire là où on en est rendu…

Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr/nicolasgauthier/emballages-toxiques-grande-distribution-empoisonne,215538?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=ce3e2d5d84-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-ce3e2d5d84-30516017&mc_cid=ce3e2d5d84&mc_eid=79fbdee14e



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